Gethsémani

31-05 at 6:26 (Crise de l'Eglise, France actuelle, Heurs et malheurs, Philosophie, Théologie) (, , , )

Avant de mourir, le Christ prit avec lui quelques uns de ses disciples au Jardin des Oliviers, afin qu’ils l’accompagnent en cette heure la plus douloureuse de sa vie. L’heure tardive leur fermait les paupières, malgré leur bonne volonté. Le Seigneur leur commanda : Veillez et priez. Il aurait pu dire Réfléchissez et philosophez, ou plus directement Agissez, mais il a dit Veillez et priez.

C’est une grande leçon pour les catholiques de tout temps, et spécialement pour nous autres qui vivons une époque troublée, qui voit agoniser le Corps Mystique de Notre Seigneur Jésus Christ. Jésus exprime là l’ordre dans lequel les devoirs du chrétien doivent s’exécuter, et place la prière en premier lieu. Se rappeler ce commandement peut être un remède au volontarisme chrétien qui fait rage aujourd’hui. En effet, le premier acte de volontarisme chrétien est celui de saint Pierre, qui peu après la Sueur de Sang, lorsque les gardes juifs s’apprêtent à mettre la main sur Jésus, tranche l’oreille de Malchus, pensant ainsi sauver son maître. Il y a dans cet acte de saint Pierre un manque de foi : Jésus est Dieu, et dès lors, c’est folie humaine que de vouloir sauver Celui qui peut tout. Mais surtout, c’est un manque d’espérance, un instinct charnel, un espoir humain, un refus de considérer l’importance, que dis-je, la nécessité de la mort naturelle du Christ. Le catholique qui n’a pas pris au jeu du volontarisme sait que la mort est un prélude à la vie. Il sait que le Christ devait mourir pour ressusciter. L’Evangile nous dit que saint Pierre renie son Dieu peu de temps après cet acte passionné : la Foi et l’Espérance sont intimement liées.

Parallèlement à la conduite de saint Pierre, l’Evangile nous relate plus discrètement, celle de saint Jean, qui a suivi le Christ dans le silence (avec la Vierge Marie) jusqu’au calvaire. Lui n’a pas cherché à tuer les soldats romains qui narguaient leur victime au pied de la croix pour sauver son Maître, mais a mis en pratique son commandement : il a veillé et prié jusqu’à ce que tout soit consommé. Et sa foi n’a pas défailli.

Le premier devoir du chrétien est la sanctification personnelle, qui passe par l’oraison. Ses activités doivent se plier à cette visée spirituelle, et c’est ainsi qu’elles peuvent grandir véritablement celui qui s’y livre et le monde dans lequel il vit.

[En relisant mon article sur le volontarisme, je l’ai trouvé affreusement insuffisant, j’espère que ce complément pourra réparer mes manquements]

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