Suggestions

12-06 at 4:28 (France actuelle, Futilités divertissantes, Heurs et malheurs, Philosophie, Télégrammes) (, , , , )

1 -La philosophie n’est actuellement enseignée que durant l’année de Terminale. Et le professeur se trouve ainsi en quelque sorte, en porte à faux vis à vis de ses élèves lorsqu’il tente de leur faire saisir que la philosophie est une matière beaucoup plus grande que la géographie moderne enseignée depuis le primaire, ou l’algèbre abstrait qui importune les élèves des sections littéraires jusqu’à leur baccalauréat. Pourquoi ne pas l’enseigner dès la seconde, afin de lui rendre la place qu’elle devrait naturellement occuper ? (Ou alors, avouer que l’école républicaine méprise la philosophie point final, au moins, ce serait clair)

2 -Une philosophie, c’est un système. Logiquement, on devrait donc dans l’Education Nationale, considérer que le travail des professeurs de philosophie est de faire connaître aux élèves les rouages des différents systèmes philosophiques, ou du moins, des principaux. Pourquoi la façon d’enseigner qui prévaut actuellement, est elle radicalement opposée à ce principe ? Les professeurs de philosophie soit qu’ils enseignent leur matière par grands thèmes (Amour, Politique, Vérité, etc…), soit qu’ils enseignent par auteur, en sont toujours réduits à présenter la philosophie comme un vulgaire agglomérat plus ou moins réussi de pensées éparses se recoupant parfois, et parfois pas. C’est tout bonnement lamentable. Le résultat est que les élèves savent vous exprimer en fin d’année un pauvre aspect de la pensée de Nietzsche sur le travail, et sont incapables de la replacer dans le contexte plus vaste de l’ensemble de la pensée Nietzschéenne. Il faut noter l’ignorance de ces élèves malgré leurs cours, car s’ils connaissent la pensée de Nietzsche sur le travail, ils ne connaissent que ça, ils ne connaissent pas Nietzsche, et ils ne savent même pas que la philosophie est un système. Bref ils ne savent rien. Plus fondamentalement, et lié aussi à cette mauvaise façon d’enseigner, on peut dire que les élèves n’apprennent pas à résonner. Résultat déplorable, car l’enseignement de la philosophie doit viser ce but. Tant qu’on ne voudra pas faire voir aux élèves les ressorts de la pensée des auteurs qu’on leur donne partiellement à lire, ils ne comprendront rien à la philosophie. On pourrait me répliquer que les plus intelligents d’entre eux surmonteront cet obstacle. Oui, mais le fait est que le but de l’enseignement n’est pas d’être un obstacle que les élèves doivent surmonter, mais une aide, que les intelligences doivent dépasser. Le plus souvent, pour ne pas dire toujours, parce que leur capacité déductive n’est pas exploitée, la capacité inductive des élèves ne progresse pas. Bref, les élèves sont incapables de penser, ce dans le cadre d’un dispositif pédagogique qui considère que l’élève possède le savoir comme le maître. C’est attristant, d’où ma suggestion de remplacer le plan pédagogique que ces idéologues universitaires ont conçu par un objectif affiché de faire connaître aux élèves les tenants et les aboutissants des différents systèmes philosophiques, et ce en quoi ils se contredisent. (Mais sinon, on peut aussi avouer tout bêtement que le but de l’école républicaine n’est pas de permettre aux intelligences de se développer, mais de former de bons citoyens bien dociles et parfaitement conditionnés par les idéologies régnantes)

3 -On pourrait coupler l’étude de la philosophie avec une autre matière, enseignée en parallèle, l’Histoire de la Philosophie. (C’est dur, je sais, parce que l’éducation nationale n’aime pas beaucoup plus l’histoire que la philosophie)

4 -Enfin, plus concrètement, on pourrait se baser sur une pensée de Simone Weil dans un de ses Cahiers, je cite : Identité du réel et du bien. Nécessité comme critérium du réel. Distance entre le nécessaire et le bien. Débrouiller cela. C’est de toute première importance. Là est la racine du grand secret, pour en faire un sujet de dissertation correct, ce qui n’a pas eu lieu depuis il y a fort longtemps. (J’ai trouvé ça hier en feuilletant le deuxième Cahier. De quoi mettre à son avantage la puissance métaphysique de l’attente des résultats du baccalauréat chez les lycéens)

Voilà. Si quelqu’un a dans son carnet d’adresses, celle de monsieur Darcos, je le remercie chaleureusement de bien vouloir lui toucher un mot de mes petites suggestions.

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