Charte

24-02 at 8:27 (Heurs et malheurs, Lectures, Pensées détachées, Philosophie, Télégrammes) (, , )

« Il y a une question pratique qui pour moi reste insoluble, c’est celle des professeurs. Que (pour les raisons que vous exposez si bien) la doctrine de saint Thomas soit la plus sûre, c’est assez pour que l’Eglise la recommande ou même la prescrive à ses maîtres -et c’est même à ce titre seulement qu’elle peut le faire, puisqu’aucune théologie n’est affaire de foi théologale. Mais le philosophe ou le théologien lui-même qui est chargé d’enseigner, c’est la vérité qu’il doit chercher, et non pas seulement la sécurité (on sait assez que, pour la vérité, il faut courir « de beaux dangers »). Alors il faudrait que tous ils voient la vérité du thomisme, que tous aient les intuitions fondamentales sur lesquelles il vit ? A mon avis une seule chose est absolument essentielle : c’est qu’il y ait, à chaque génération, un petit nombre d’esprit qui voient, et qui soient capables de passer le flambeau. Le seul fait qu’il y aura ainsi continuité et accroisement de génération en génération ne donnera-t-il pas au thomisme, si peu nombreux que soient ceux qui l’enseignent vraiment, une force incomparable (parce que toutes les autres chandelles s’éteignent d’une génération à l’autre) ? »

Jacques Maritain, dans une lettre privée destinée à Etienne Gilson, du 23 novembre 1965.

Publicités

Permalien Laisser un commentaire

Contra spem in spe

3-01 at 1:45 (Année liturgique, Pensées détachées, Télégrammes)

Meilleurs voeux à ceux qui supportent de me lire, régulièrement ou à l’occasion, aux premiers venus comme aux derniers arrivés, aux chrétiens en particulier, aux impies aussi. A l’occasion de cette nouvelle année, je souhaite à chacun d’entre nous de répondre à la grâce de Dieu, afin de progresser sur le chemin de la sainteté. Le reste est secondaire, comme vous le savez.

Permalien 8 commentaires

Crime et châtiment

12-08 at 3:20 (Télégrammes)

Il m’a été très difficile de trouver un créneau horaire pour reprendre ce blog en main, à mon grand regret. Mais le café syrien devrait reprendre du service pour quelques semaines, d’autant que pour une fois, j’ai des choses à dire.

Je fais amende honorable et œuvre de toutes mes faibles forces pour vous livrer à nouveau de quoi lire.

Permalien Laisser un commentaire

Evasion

23-06 at 5:08 (Télégrammes)

Si tout se passe bien, je devrais pouvoir m’envoler avant la fin de la semaine pour Loindici.

7 kg de bagages -dont quelques bouquins, le tout dans un bon sac, des espadrilles aux pieds (très très important les espadrilles), un passeport français (pardon, de l’Union Européenne, c’est fou ce qu’on oublie vite) qui vous permet de circuler avec beaucoup de facilité (l’essayer, c’est l’adopter), voilà qui permet de quitter quelque temps ces terres désolantes qui sont les nôtres.

Je ne dis pas ça pour le plaisir mitigé de raconter ma vie passionnante, mais juste pour prévenir que mes activités sur ce blog (et sur d’autres) risquent de s’espacer quelque peu…

Permalien 8 commentaires

Suggestions

12-06 at 4:28 (France actuelle, Futilités divertissantes, Heurs et malheurs, Philosophie, Télégrammes) (, , , , )

1 -La philosophie n’est actuellement enseignée que durant l’année de Terminale. Et le professeur se trouve ainsi en quelque sorte, en porte à faux vis à vis de ses élèves lorsqu’il tente de leur faire saisir que la philosophie est une matière beaucoup plus grande que la géographie moderne enseignée depuis le primaire, ou l’algèbre abstrait qui importune les élèves des sections littéraires jusqu’à leur baccalauréat. Pourquoi ne pas l’enseigner dès la seconde, afin de lui rendre la place qu’elle devrait naturellement occuper ? (Ou alors, avouer que l’école républicaine méprise la philosophie point final, au moins, ce serait clair)

2 -Une philosophie, c’est un système. Logiquement, on devrait donc dans l’Education Nationale, considérer que le travail des professeurs de philosophie est de faire connaître aux élèves les rouages des différents systèmes philosophiques, ou du moins, des principaux. Pourquoi la façon d’enseigner qui prévaut actuellement, est elle radicalement opposée à ce principe ? Les professeurs de philosophie soit qu’ils enseignent leur matière par grands thèmes (Amour, Politique, Vérité, etc…), soit qu’ils enseignent par auteur, en sont toujours réduits à présenter la philosophie comme un vulgaire agglomérat plus ou moins réussi de pensées éparses se recoupant parfois, et parfois pas. C’est tout bonnement lamentable. Le résultat est que les élèves savent vous exprimer en fin d’année un pauvre aspect de la pensée de Nietzsche sur le travail, et sont incapables de la replacer dans le contexte plus vaste de l’ensemble de la pensée Nietzschéenne. Il faut noter l’ignorance de ces élèves malgré leurs cours, car s’ils connaissent la pensée de Nietzsche sur le travail, ils ne connaissent que ça, ils ne connaissent pas Nietzsche, et ils ne savent même pas que la philosophie est un système. Bref ils ne savent rien. Plus fondamentalement, et lié aussi à cette mauvaise façon d’enseigner, on peut dire que les élèves n’apprennent pas à résonner. Résultat déplorable, car l’enseignement de la philosophie doit viser ce but. Tant qu’on ne voudra pas faire voir aux élèves les ressorts de la pensée des auteurs qu’on leur donne partiellement à lire, ils ne comprendront rien à la philosophie. On pourrait me répliquer que les plus intelligents d’entre eux surmonteront cet obstacle. Oui, mais le fait est que le but de l’enseignement n’est pas d’être un obstacle que les élèves doivent surmonter, mais une aide, que les intelligences doivent dépasser. Le plus souvent, pour ne pas dire toujours, parce que leur capacité déductive n’est pas exploitée, la capacité inductive des élèves ne progresse pas. Bref, les élèves sont incapables de penser, ce dans le cadre d’un dispositif pédagogique qui considère que l’élève possède le savoir comme le maître. C’est attristant, d’où ma suggestion de remplacer le plan pédagogique que ces idéologues universitaires ont conçu par un objectif affiché de faire connaître aux élèves les tenants et les aboutissants des différents systèmes philosophiques, et ce en quoi ils se contredisent. (Mais sinon, on peut aussi avouer tout bêtement que le but de l’école républicaine n’est pas de permettre aux intelligences de se développer, mais de former de bons citoyens bien dociles et parfaitement conditionnés par les idéologies régnantes)

3 -On pourrait coupler l’étude de la philosophie avec une autre matière, enseignée en parallèle, l’Histoire de la Philosophie. (C’est dur, je sais, parce que l’éducation nationale n’aime pas beaucoup plus l’histoire que la philosophie)

4 -Enfin, plus concrètement, on pourrait se baser sur une pensée de Simone Weil dans un de ses Cahiers, je cite : Identité du réel et du bien. Nécessité comme critérium du réel. Distance entre le nécessaire et le bien. Débrouiller cela. C’est de toute première importance. Là est la racine du grand secret, pour en faire un sujet de dissertation correct, ce qui n’a pas eu lieu depuis il y a fort longtemps. (J’ai trouvé ça hier en feuilletant le deuxième Cahier. De quoi mettre à son avantage la puissance métaphysique de l’attente des résultats du baccalauréat chez les lycéens)

Voilà. Si quelqu’un a dans son carnet d’adresses, celle de monsieur Darcos, je le remercie chaleureusement de bien vouloir lui toucher un mot de mes petites suggestions.

Permalien 2 commentaires

Fin des temps

3-05 at 4:45 (France actuelle, Heurs et malheurs, Hispanophilie, Télégrammes)

« S’il est une vérité certaine en politique, c’est qu’un peuple corrompu, et profondément corrompu, n’est pas fait pour la liberté, et n’y parviendra jamais. »

Joseph de Maistre, Fragments sur la France.

Permalien 2 commentaires

Moneim Adwan

29-04 at 3:39 (Arabisme, Beauté, Musique, Télégrammes)

Suite et fin de ma page consacrée à la musique arabe.

Après l’initiation, avec des morceaux occidentalisés (qu’on appele Mahmoud Ahmadinejad !), voici à présent des chansons modernes qui, ô joie , n’ont pas grand chose à voir avec le genre de cochonnerie que l’on produit aujourd’hui en Occident ! Voici Il était une fois en Palestine, de Moneim Adwan, donc.

Extraits :

Sept étoiles :

Amour ensorcelant :

***

[Vous me direz que je n’ai pas fait le moindre effort pour trouver des photos convenables qui défilent, ou des extraits vidéos, ou que sais-je encore. Laissez moi me justifier, chers lecteurs : Non, je ne suis pas paresseux (ou si peu !), mais je refuse de toutes mes forces que se généralise cette pratique, pour une simple raison. La musique doit pouvoir se suffire à elle-même, lorsque vous l’écoutez. Qu’est-ce que c’est que cette génération de chanteurs qui éprouvent le besoin de se dandiner sur scène, de mettre en scène des petites histoires idiotes pour accompagner la musique -(les anglophiles appellent ça, un clip) ? Et qui sont ces gens qui acceptent de rabaisser la musique au point qu’ils refusent de la considérer seule, sans s’encombrer de ce fatras d’images d’ailleurs toujours vulgaires) ? Si omnes, ego non : quand j’écoute de la musique, je ne la considère pas comme un bruit de plus dans mes oreilles, et vous invite, si ce n’est pas déjà le cas, à en faire autant.]

Permalien 3 commentaires

Aromates (2)

28-04 at 5:58 (Arabisme, Beauté, Hispanophilie, Histoire, Musique, Télégrammes)

Deuxième vague d’airs andalous pour ma page Musique arabe. Des muwash-sha, toujours.

Extraits :

Rayon de Lune :

Les lames de ton regard :

Je ne peux aimer que toi :

Permalien Laisser un commentaire

Logomachie

26-04 at 5:54 (Heurs et malheurs, Lectures, Philosophie, Télégrammes)

On lui fit accepter le mot, il finit par accepter le concept.

J’ai repensé à cette phrase. Il me semble que nous péchons souvent par ce biais-là : nous acceptons le mot, nous reprenons les formules de l’adversaire, et peu à peu l’esprit adverse se glisse dans nos rangs.

Ne jamais sous-estimer le pouvoir des mots, donc.

Permalien 2 commentaires

Aromates (1)

24-04 at 6:18 (Arabisme, Beauté, Hispanophilie, Histoire, Musique, Télégrammes)

Parce que vous rêvez de vous initier à la musique arabe, je vous livre ici deux petits extraits de ma nouvelle page musicale, consacrée à cette discipline. Première série : Mélodies andalouses du Moyen Orient. Le second extrait présente une variation de tempo facilement perceptible, créée à fin de rapprocher une muwash-sha d’une habanera cubana.

Il s’agit de l’ensemble Aromates, dirigé par Michèle Claude. L’album s’appelle Jardin de myrtes.

Permalien Laisser un commentaire

France réelle

21-04 at 5:41 (France actuelle, Heurs et malheurs, Lectures, Télégrammes)

Vous lirez (pour ceux d’entres vous qui ne l’ont pas encore lu, parce que quand même, c’est paru il y a un petit moment maintenant), je disais donc, vous lirez avec attention cet extrait de Dialogue de vaincus.

J’aime particulièrement.

Permalien 8 commentaires