Badinons

12-05 at 6:27 (Beauté, Musique) (, , , , )

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14 commentaires

  1. Lapinos said,

    Tant qu’on relègue la musique au rang du badinage ou du libertinage, on ne tombe pas dans l’islam, le luthéranisme ou la science unitarienne. Comme saint Thomas d’Aquin est le Platon du christianisme, le grégorien est le sommet de la musique.

    L’assimilation de la beauté à la musique ou à la symétrie (c’est la même chose), oblige à intégrer la laideur à la beauté. C’est la clef de la peinture grotesque de Goya ; celle de Vélasquez auparavant.

    Marin Marais : je ne peux pas m’empêcher d’observer comme le diable est transparent tant la filiation avec la secte démoniaque de Pythagore ou Thalès de Milet est indiquée ici.
    L’accord que vous posez entre l’Ancien et le Nouveau Testament est un accord musical ou algébrique. Une harmonie qui vous empêche de voir qu’une arme a été donnée aux chrétiens pour sortir de la citadelle juive et vaincre Satan. Le tropisme de la foi et de la loi, est comme celui de la musique l’arme du diable, le meilleur moyen de sidérer les chrétiens, de les transformer en statues de sel pour mieux les dissoudre. La dialectique de Marx a le saint mérite de révéler l’affrontement entre le phénix et la colombe sous-jacent à l’histoire. Le prpgrès selon Hegel/Darwin est un progrès « sui generis ».

  2. La voix dans le desert said,

    Puisque vous n’aimez pas les mathématiques, je comprends sans peine que vous n’aimiez pas non plus la musique. En revanche, je ne vois pas le rapport avec la science unitarienne, ni avec l’islam. Et par ailleurs, si vous aviez un minimum des connaissances historiques que vous devriez posséder pour parler légitimement des sujets que vous traites, vous sauriez que la musique a été au coeur de grandes polémiques juridiques au Maghreb, certains comiques voulant en interdire la production au nom de la loi du Coran. Voilà qui casse l’accord musicalo-algébrique entre l’Islam et la musique que vous posez, non ?

  3. Xabi said,

    Comment en partant de la musique de Marin Marais, on peut finir par écrire sur Marx, Hegel et Darwin?

  4. Sébastien said,

    Vous n’êtes pas sensible à la petite musique du lapin, c’est pour ça que ses commentaires vous laissent froid. Lapinos se sert des noms de Marx, Hegel, Darwin, Bacon, Thomas d’Aquin, Aristote… comme un musicien se sert des notes de la gamme chromatique pour composer ses oeuvres. Et il en use en virtuose.

    Néanmoins, il a tort de dire que le grégorien est le sommet de la musique. Son truc à lui, ce serait plutôt la musique dodécaphonique, qui postule que toutes les notes sont égales. Il n’est pas communiste pour rien. De là, parfois, certains accords discordants dans ses gloses. Mais le lapin se fiche de l’harmonie, c’est son côté anar.

  5. Lapinos said,

    Le rapport est entre la musique, instrumentale notamment, et la « géométrie algébrique » pour précis, le « néo-pythagorisme » qui ressurgit à la même époque (XVIIe), regardée comme une époque obscurantiste par les communistes et certains catholiques comme moi adeptes de la théologie de la Libération.

    Descartes, par exemple, a rédigé aussi bien des théories balistiques (algébriques) que musicales (on ne peut pas non plus dissocier la musique et l’algèbre de l’aspect militaire, balistique).

    La théologie de la Renaissance, concentrée sur l’apocalypse, et plus aristotélicienne que platonicienne en ce qui concerne ses meilleurs représentants, fait un rapprochement entre la « Bête de la mer » de l’Apocalypse et Poséidon dans le mythe grec, les forces démoniaques qu’il dirige (contre Ulysse).
    C’est ce que Simone Weil appelle les « origines pré-chrétiennes », l’universalisme avant le christianisme, sans lequel même saint Thomas d’Aquin n’existerait pas. Pour justifier ses études « païennes », Thomas d’Aquin a bien été contraint de passer par un raisonnement similaire à celui de Simone Weil, ce qui vaut mieux que l’hypocrisie de saint Augustin vis-à-vis de Manès.

    De fait la démonologie grecque est d’un raffinement bouleversant (Et il est complètement fantaisiste de croire qu’Aristote ou Platon n’ont pas lu et assimilé les mythes grecs.)

    Marx situe le maximum scientifique des Romains environ à Démocrite, Epicure ou la science stoïcienne. Si la théorie de Brague était un minimum sérieuse, il faudrait exclure la Renaissance de l’histoire européenne et tout ce qui s’y rattache ensuite (Corneille et Molière, Voltaire, par ex.), ce qui est parfaitement grotesque.
    De fait les démocrates-chrétiens lèche-cul du capitalisme sont prêts à renoncer à la Renaissance et « à s’arrêter à saint Thomas d’Aquin » et, d’autre part, l’Université laïque est disposée à exclure la théologie chrétienne de la Renaissance de façon synallagmatique ; mais on est là dans le domaine du pacte ou de la propagande, pas dans celui de l’histoire et de la science. Dans ce cas l’Eglise se trouve mal placée pour reprocher aux médiats des mensonges qu’elle entérine de son côté.

    Concernant l’islam je suis le premier à dire qu’il y en a plusieurs et que l’idée d’un islam unique est du niveau d’un théologien comme Maurice Dantec. Rien d’étonnant à ce que les musulmans se disputent comme les chrétiens ! Et un musulman « avérroïste » (je crois qu’il n’en reste plus beaucoup) a pas mal d’arguments en tant que péripatéticien pour vouloir circonscrire au maximum la musique et l’algèbre.

    En tant qu’elle est empirique et algébrique, la science de la secte unitarienne antitrinitaire hérite directement de la géométrie algébrique réinventée au XVIIe siècle.
    (Je crois l’avoir dit assez souvent pour que vous le sachiez : je tiens Blaise Pascal ou Jean Guitton pour des possédés idolatres.)

    L’idéologie de Newton est bel et bien animée par une intention théologique antitrinitaire. Un membre de la secte unitarienne qui admet Newton sait ce qu’il fait. Un catholique qui admet Newton n’est qu’un abruti au plan théologique, à moins de considérer que la science n’a jamais eu aucune conséquence effective, ce qu’aucun catholique sérieux n’a jamais pensé.

    (Si je citais l’exemple du grégorien, c’est parce qu’il n’est pas instrumental, qu’il n’y a pas de notes aiguës, qu’il joue aussi peu que possible sur la passion et les sentiments agités, cherchant à procurer un sentiment d’éternité, et, paradoxalement, de requiem ou d’éternité silencieuse.
    Mais c’est à cause de ce paradoxe que je crois aussi qu’on peut se passer du grégorien, le dépasser comme la Renaissance « assèche » Thomas d’Aquin. Le paradoxe et l’ironie sont les marques du diable, elles signalent l’hiatus.)

  6. Lapinos said,

    – A propos de science « binaire » ou « trinitaire », j’admets que ce point soit plus difficile à comprendre que l’opposition entre la passion (musique) et la logique (science, art).
    Brièvement je résumerais le problème en disant que le néo-pythagorisme du XVIIe siècle s’accompagne de préjugés théologiques très particuliers, comme savent apparemment les membres de la secte unitarienne antitrinitaire (Darwin comme Newton sont proches de l’Eglise unitarienne, et c’est encore un dominicain, Jacques Arnould, comme par hasard, qui fait la promo de Darwin, après la promo du léviathan yanki par le dominicain sarkozyste Philippe Verdin).

    – Le discours scientifique des deux derniers papes catholiques, au moins, est totalement fallacieux et mensonger, en dehors même de la question de savoir s’il est permis aux autorités romaines de tenir un autre discours que ce discours de carpettes. Je veux parler du propos qui consiste à dire que la théologie et la science sont deux choses séparées, alors qu’il est évident que, depuis que la science et la théologie existent, c’est-à-dire depuis l’aube de l’humanité, elles n’ont cessé d’avoir l’une sur l’autre des conséquences extrêmement importantes.

    Le cas de Galilée met parfaitement en exergue le mensonge éhonté de l’Eglise, puisqu’on est dans le cas avec Galilée d’un savant qui a certes été condamné par l’Eglise en dernière instance, mais qui sans l’appui de cette même Eglise n’aurait pas pu produire auparavant ses démonstrations charlatanesques, où, par un artifice similaire à celui de Zénon d’Elée, Galilée face à des contradicteurs qu’il « anime » lui-même, invalide .les preuves expérimentales de Tycho Brahé ou François Bacon que la terre est au centre du monde.

    Les déclarations de Jean-Paul II ou Benoît XVI relèvent donc du crime contre l’humanité dans la mesure où elles permettent parallèlement à la science « unitarienne » de se développer et de croître à l’intérieur de l’Eglise même, devenue « antitrinitaire » de fait depuis pas mal de temps.
    Quand ce ne sont pas carrément de soi-disant catholiques (Jean-Marc Bastière de « Famille Chrétienne », gazette qui vise les familles !) qui sont carrément incités à croire en Darwin, sans justification d’aucune sorte, théologiques ou scientifiques, c’est-à-dire conviés à l’idolatrie.

    Je signale le travail courageux publié par l’abbé Heullant de Louviers en 1905, qui compense un peu les tonnes de conneries répandues par le clergé catholique depuis un siècle et demi :
    http://pagesperso-orange.fr/sedlouviers/histoire/dossiers/copernic.htm

  7. La voix dans le desert said,

    Xabi,
    La Grâce idéologique permet bien des prodiges…

    Lapinos,

    « La théologie de la Renaissance, concentrée sur l’apocalypse, et plus aristotélicienne que platonicienne en ce qui concerne ses meilleurs représentants, fait un rapprochement entre la “Bête de la mer” de l’Apocalypse et Poséidon dans le mythe grec, les forces démoniaques qu’il dirige (contre Ulysse). »
    J’attends avec grande hête de connaître le nom de cette école théologique de la renaissance, aristotélicienne et centrée sur l’apocalyspe. Je ne vous en voudrai pas si au lieu d’une école, vous n’avez qu’un nom individuel, certes, cela ne justifierai pas l’expression « la théologie de la Renaissance », mais ce serait au moins un élément. En revanche, je ne tolérerai pas qu’on me réponde Bacon, ni Shakespeare, ni Bacon-Shakespeare, ou autres fadaises. Car les plaisanteries les pluscourtes sont les meilleures.

    « C’est ce que Simone Weil appelle les “origines pré-chrétiennes”, l’universalisme avant le christianisme, sans lequel même saint Thomas d’Aquin n’existerait pas. Pour justifier ses études “païennes”, Thomas d’Aquin a bien été contraint de passer par un raisonnement similaire à celui de Simone Weil, ce qui vaut mieux que l’hypocrisie de saint Augustin vis-à-vis de Manès. »

    Simone Weil confond les mythes paîens et l’Evangile, et c’est précisément ce qui l’empêche d’être chrétienne. De même que vous confondez la science -et même, l’idée que vous vous faites de la science- avec la foi. Or
    Le christianisme est universel, un mythe est universel, mais pas de la même façon, voici un point philosophique. D’autre part, l’universalisme chrétien ne doit rien à l’universalisme des mythes grecs, mais alors rien du tout, et c’est d’une telle évidence, que même de votre part, on est surpris qu’elle ne soit pas perçue.
    On peut dire sans crainte d’éxagération que la méthode de saint Thomas et son appropriation de la philosophie grecque pour servir la foi est l’exact contrepoint de celle de Simone Weil – qui n’est pas originale sur ce point d’ailleurs. Weil brille bien plus par sa critique du marxisme que vous refusez d’entendre- qui s’appuie sur un refus implicite de la Révélation.

    « L’idéologie de Newton est bel et bien animée par une intention théologique antitrinitaire. Un membre de la secte unitarienne qui admet Newton sait ce qu’il fait. Un catholique qui admet Newton n’est qu’un abruti au plan théologique, à moins de considérer que la science n’a jamais eu aucune conséquence effective, ce qu’aucun catholique sérieux n’a jamais pensé. »

    Le point historique, savoir les intentions de Newton, je vous l’accorde, non par conviction, mais par ignorance.
    Ceci dit je m’inscrit en faux contre le reste de vos assertions. La science n’a aucune conséquence effective sur la foi proprement dite. Aucune, parce que la foi est d’un ordre supérieur. Vous ne dites pas « la foi », mais « la théologie », mais je me dois de préciser, vu que vous ne faites pas la différence entre les actes du magistère et telle ou telle théologie. La science a des répercussions sur l’intellection de la foi, parce qu’elle a des répercussions sur la philosophie. Mais pas de même ampleur que les répercussions que la philosophie et la théologie ont sur la science. Il y a une harmonie entre les sciences, que votre scientisme vous empêche de constater, cette harmonie n’est possible que parce qu’il y a une hiérachie ce que les scolastiques ont fort bien perçu.
    Au reste, nous sommes tous plus ou moins atteints par ce virus scientiste, et nous avons tendance à donner trop d’importance aux résultats de la science. Le darwinisme, par exemple, ne s’oppose pas au créationnisme, sauf selon je ne sais quelle secte protestante américaine, qui se pique de science physique et de théologie et qui ne pratiquevéritablement ni l’une ni l’autre de ces deux matières.

    « Le discours scientifique des deux derniers papes catholiques, au moins, est totalement fallacieux et mensonger, en dehors même de la question de savoir s’il est permis aux autorités romaines de tenir un autre discours que ce discours de carpettes. Je veux parler du propos qui consiste à dire que la théologie et la science sont deux choses séparées, alors qu’il est évident que, depuis que la science et la théologie existent, c’est-à-dire depuis l’aube de l’humanité, elles n’ont cessé d’avoir l’une sur l’autre des conséquences extrêmement importantes. »
    Les papes n’ont jamais tenus de discours scientifiques. JAMAIS. (Ca rentre peut être mieux, si c’est écrit en capitales, je ne sais pas). Le problème vient de vous, qui ne voyez pas que pratiquer une science et en discuter les résultats du point de vue de la foi n’est pas du même ordre. D’autre part, outre cet erreur de jugement, vottre raisonnement s’appui sur un mensonge innceptable. En effet, jamais, pardon JAMAIS, pape n’a dit que les sciences étaient séparées. S’ils discutent de Darwin, précisément, c’est bien parce que ces résultats scientifiques (ou pseudo scientifique, peu importe pour des non-scientifiques comme nous) ont quelque rapport avec la théologie d’une part, et que la théologie a droit de juger des sciences d’autre part.

    « Quand ce ne sont pas carrément de soi-disant catholiques (Jean-Marc Bastière de “Famille Chrétienne”, gazette qui vise les familles !) qui sont carrément incités à croire en Darwin, sans justification d’aucune sorte, théologiques ou scientifiques, c’est-à-dire conviés à l’idolatrie. »
    Ah, ce merveilleux sens de la nuance, signe des grandes intelligences ! Comme si accepter avec humilité les conclusions de scientifiques censés en savoir plus long que nous relevait véritablement de l’idolâtrie. Dans le fond, le discours dominant en Occident, parmi les catholiques, qui vise simplement à rappeler que les résultats de la science ne sauraient en aucun cas malmener notre foi vous choque parce qu’il prétend faire servir Dieu plutôt que votre idéologie scientiste, et seulement pour cela.
    Vous êtes attristant, au sens religieux du terme.

  8. La voix dans le desert said,

  9. Lapinos said,

    Eh bien je vais pouvoir facilement vous démontrer en quoi l’humanisme de la Renaissance surpasse le moyen âge, grâce à votre exemple.

    Un humaniste de la Renaissance serait capable de voir en quoi Darwin ou Newton sont totalement anti-aristotéliciens, bien que Darwin ait volé à Lamarck son observation sur la girafe, reliquat de science baconienne ou aristotélicienne, puisque Bacon comme Aristote prêtent une grande attention aux formes en général et aux monstruosités en particulier.
    Ce qui n’est pas aristotélicien ou baconien de la part de Lamarck, c’est sa généralisation brutale et rapide d’une observation limitée à toutes les espèces animales qui sont visiblement d’une extrême diversité (inutile de préciser que si Lamarck est très peu aristotélicien, les néo-darwiniens sont totalement burlesques aux yeux d’un péripatéticien ; proposer cinq sortes de déterminismes différents voire opposés et les amalgamer en invoquant le « hasard », on est plus près du vaudou que de la science. Même Bernanos, qui n’a pas fait d’études scientifiques est capable de voir ce que le « hasard » a de complètement frauduleux et imbécile, puisqu’il revient à prêter à la Nature une propriété qui appartient à la méthode, à l’outil scientifique (une progression hasardeuse en l’occurrence ; c’est très « kantien » ou « humien », puisque Kant et Hume font déjà plus ou moins la même chose, à savoir qu’ils inversent le rapport entre la Nature et l’homme par l’intermédiaire d’une théorie de l’âme.)

    Un humaniste aurait pigé également en quoi Bergson, Spencer, Darwin, les créationnistes et les évolutionnistes yankis ne diffèrent que sur le plan des étiquettes. Que vous appeliez le « liant » qui permet de souder les hypothèses néo-darwiniennes entre elles « hasard » ou « Dieu », ça revient au même au plan scientifique.

    Le créationnisme d’Aristote est scien-ti-fique et n’a rien à voir avec celui des branleurs yankis créationnistes ou des prêcheurs laïcs comme Pascal Picq ou Yves Coppens.
    Dire : « c’est Dieu le moteur de l’évolution » est juste plus raisonnable parce que la croyance en Dieu est multimillénaire ; tandis que décréter que « c’est le hasard », qui n’est qu’une propriété inhérente à un outil scientifique très particulier (et dont Aristote comme Bacon soulignent avec insistance les risques que son usage comporte !!), outil qui n’est tenu pour fiable que depuis un siècle (A. Comte est peut-être « positiviste » ou « scientiste », il n’empêche qu’il a dénoncé le crétinisme profond des mathématiciens polytechniciens), ce vocabulaire, le hasard substitué à Dieu, traduit un orgueil et une arrogance extrême.
    Comme vous comprendrez peut-être, ça revient à dire que la Nature ressemble aux savants laïcs, à leur outil préféré qui est l’algèbre. Est-ce que l’humanité a jamais produit une thèse aussi stupide ?

    Donc vous voyez bien que cela requiert de la part de Thomas d’Aquin des connaissances scientifiques, ne serait-ce que pour être capable de faire la différence entre Epicure, Cicéron, Aristote, et opter pour la science de ce dernier plutôt que les deux autres. Ce qui est intéressant dans le « De Unitate » contre Averroès, mais fait aussi qu’il ne présente plus qu’un intérêt documentaire, c’est que ce sont manifestement des raisons théologiques (contestables) qui dressent Thomas d’Aquin contre les averroïstes et non des raisons scientifiques comme il prétend. De manière caractéristique, Thomas d’Aquin a recours à Platon fréquemment pour renforcer ses arguments, alors que sur de nombreux points décisifs, Aristote a renversé Platon.

    Même Augustin, malgré son mépris affiché de la science, a fait un choix entre plusieurs science qui a des conséquences sur sa théologie et le préservent, par exemple, de se vautrer dans le satanisme comme Jean Guitton, qui se prosterne devant des théories dont il ne comprend pas un traître mot et assimile l’éternité au temps (!), phénomène diabolique comme Shakespeare a eu la vigilance prophétique de l’illustrer.
    En révélant l’absurdité de la thermodynamique algébrique de Max Planck (que la science d’Aristote invalide plus de deux mille ans à l’avance !), Simone Weil décode aussi Satan comme Shakespeare. Donc il y a bien un rénégat : Jean Guitton, et une sainte : Simone Weil. Et ne me ressortez pas votre procédure canonique si vous ne voulez pas que je vous traite de pharisien ou que je refourgue votre propre argument sur Dieu qui seul sonde les coeurs.

    « Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier est plongé dans le mal. » (Jean, 1, V,19) Qu’est-ce le science unitarienne antitrinitaire occulte, en même temps que l’Esprit saint ? Satan. Cette science est basée sur une phénoménologie, une cinématique qui dans la science trinitaire d’Aristote est le processus de pourriture. Qu’est-ce qu’une science trinitaire ? C’est une science qui comme celle d’Aristote ou de François Bacon (alias Shakespeare) préserve la distinction entre le temps et l’éternité. C’est aussi parce que la dialectique de Marx préserve cette différence que son progrès n’est pas indexé sur le temps contrairement à celui de Hegel, que la vision historique de Marx est apocalyptique.

    Contrairement à de petites dindes comme Hannah Arendt ou Edith Stein, Simone Weil a l’intelligence de ne pas se focaliser sur le seul Hitler et de voir que le cancer est beaucoup plus général, que ceux-là même qui invectivent le cadavre d’Hitler et se complaisent dans la repentance sont comme ces créationnistes yankis qui s’opposent à l’évolutionnisme darwinien, assis sur les mêmes principes.
    Simone Weil sait parfaitement que tant qu’on n’a pas prouvé qu’on n’est pas soi-même un nazi, il n’y a que pharisaïsme, branlement et propagande cinématographique qui sont le meilleur moyen de rejoindre Staline ou Hitler.

  10. Ren' said,

    S’il est sage de reconnaître par exemple que l’islam n’est pas unique mais « qu’il y en a plusieurs », il le serait encore plus d’éviter de parler « DU » sommet de la musique. La musique est liée à notre nature humaine, elle est liée à la vie, et le propre de ce don du Créateur est la diversité. Il n’y a pas « LE » sommet de la musique, il y a « DES » sommets, reflétant la diversité et l’infinie richesse de la création. Vouloir ramener la musique à un langage unique, c’est faire l’erreur des hommes de Babel. Et quel sommet !

  11. La voix dans le desert said,

    Lapinos,

    « Un humaniste de la Renaissance serait capable de voir en quoi Darwin ou Newton sont totalement anti-aristotéliciens, bien que Darwin ait volé à Lamarck son observation sur la girafe, reliquat de science baconienne ou aristotélicienne, puisque Bacon comme Aristote prêtent une grande attention aux formes en général et aux monstruosités en particulier. »

    Ce paragraphe est censé montrer la supériorité de l’humanisme de la Renaissance sur le Moyen-Age ? Sans commentaire. Un péripatéticien, ou même simplement, un augustinien instruit du péripatétisme, aurait été tout aussi capable de se rendre compte que la science de Darwin n’use pas des principes aristotéliciens qu’un humaniste de la Renaissance. En revanche, je note que vous n’êtes toujours pas capable de faire la différence entre les principes aristotéliciens de la science et ceux de Bacon, ce qui est plutôt inquiétant, même si l’on se prétend héritier de la Renaissance.

    « Même Bernanos, qui n’a pas fait d’études scientifiques est capable de voir ce que le “hasard” a de complètement frauduleux et imbécile »

    On reparlera de Bernanos quand vous aurez compris les rudiments de la philosophie d’Aristote, et sa définition du hasard.

    « Donc vous voyez bien que cela requiert de la part de Thomas d’Aquin des connaissances scientifiques, ne serait-ce que pour être capable de faire la différence entre Epicure, Cicéron, Aristote, et opter pour la science de ce dernier plutôt que les deux autres. »

    Saint Thomas n’a pas choisi Aristote pour sa science au sens positiviste du terme. Il l’a choisi pour sa philosophie, une science plus noble. Ce choix n’a pas été une répétition de l’aristotélisme comme l’est l’oeuvre d’Averroès, mais a amené saint Thomas a purifier quelque peu le péripatétisme de ces erreurs scientifiques, comme je vous le faisais remarquer plus loin. Quand ça vous arrange, saint Thomas est scientifique, quitte à vous contredire quelques phrases plus loin. Du reste, j’emploie ici le mot contredire mal à propos, puisqu’il n’y a pas grande logique dans vos propos, qui appartiennent à la réthorique seule.

    « Ce qui est intéressant dans le “De Unitate” contre Averroès, mais fait aussi qu’il ne présente plus qu’un intérêt documentaire, c’est que ce sont manifestement des raisons théologiques (contestables) qui dressent Thomas d’Aquin contre les averroïstes et non des raisons scientifiques comme il prétend. »

    Saint Thomas n’a jamais prétendu, une fois de plus opposer des raisons scientifiques au sens que ce mot semble avoir dans votre vocabulaire, mais des arguments philosophiques. Il y a aussi des raisons théologiques qui sont intervenaient, il est vrai. De fait, cet écrit se place dans un contexte bien particulier, l’averoïsme, etc… la nécessité pour les théologiens de réfuter une hérésie pour les théologiens catholiques. Pour saint Thomas, qui outre son catholicisme, est péripatéticien, cette hérésie est non seulement une erreur théologico-philosophique, mais également un manquement à l’esprit aristotélicien. C’est pourquoi il écrit le De Unitate, synthèse de sa pensée sur la question, après quelques escarmouches déjà livrées à Averroès sur ce terrain, dans le Contra Gentiles (II, 78, par exemple, où le souci d’interprétation d’Aristote est manifeste). Outre ses faussetés manifestes (en effet, chacun peut vérifier aisément, que le dit traité est un condensé philosophique, et non une simple condamnation théologique comme les condamnation de Tempier), votre paragraphe est un exemple de suffisance, particulièrement insupportable. On croit rêver, on écarquille les yeux, quand on vous lit ; et si j’avais encore besoin d’une preuve que vous ne lisez pas les oeuvres dont vous n’avez de cesse de parler avec l’outrecuidance des crétins ignorants dans votre genre, assurément, j’en tiendrais là une belle ! Je n’aime pas abuser des citations, et plus encore avec vous, qui n’attendez qu’une chose, que l’on verse de l’eau à votre moulin, mais au cas où des yeux non avisés lisent vos accusations délirantes, je vais faire parler l’accusé, saint Thomas.
    Le dernier paragraphe (CCXX) du De Unitate, donc : « Hec igitur sunt que in destructionem predicti erroris conscripsimus, non per documenta fidei,SED PER IPSORUM PHILOSOPHORUM RATIONES ET DICTA. »

    « De manière caractéristique, Thomas d’Aquin a recours à Platon fréquemment pour renforcer ses arguments, alors que sur de nombreux points décisifs, Aristote a renversé Platon. »

    Vu que ces phrases suivaient celles précédemment citées, j’en déduis que vous voulez parler du De Unitate. Si tel est bien le cas, rien n’est plus faux que ce paragraphe, car Saint Thomas ne tente pas de ranger Platon derrière lui, mais au contraire, il montre (§CCV) que l’erreur averroïste est un retour en quelque sorte au Platonisme !!! (Si par hasard, vous vouliez dire que saint Thomas est généralement aussi platonicien qu’aristotélicien, ou que son péripatétisme est mâtiné de platonisme, au motif que l’on trouve des citations de Platon dans son oeuvre, c’est un argument irrecevable, parce qu’on est en philosophie et pas en littérature, et que citer un auteur ne signifie pas que l’on ait fait siens les fondamentaux de sa pensée.)

  12. La voix dans le desert said,

    Ah oui, commentaire quasi exclusivement injurieux supprimé, Lapinos. Vous vous permettrez de critiquer La Question ou Restif quand vous aurez ne serait-ce qu’un quart des connaissances qu’ont ces personnes-là. D’ici ce jour qui n’est pas prêt d’arriver, la moindre des choses est de vous faire aussi petit que vous êtes.

  13. Lapinos said,

    Vous craignez de ne plus être invité à boire le thé chez la Charbinière, c’est ça ?

  14. La voix dans le desert said,

    Question d’éthique, le thé est synonyme d’hospitalité, et par conséquent, ne se refuse pas. Mais s’il faut tout dire, je préfère le café.

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