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24-02 at 8:27 (Heurs et malheurs, Lectures, Pensées détachées, Philosophie, Télégrammes) (, , )

« Il y a une question pratique qui pour moi reste insoluble, c’est celle des professeurs. Que (pour les raisons que vous exposez si bien) la doctrine de saint Thomas soit la plus sûre, c’est assez pour que l’Eglise la recommande ou même la prescrive à ses maîtres -et c’est même à ce titre seulement qu’elle peut le faire, puisqu’aucune théologie n’est affaire de foi théologale. Mais le philosophe ou le théologien lui-même qui est chargé d’enseigner, c’est la vérité qu’il doit chercher, et non pas seulement la sécurité (on sait assez que, pour la vérité, il faut courir « de beaux dangers »). Alors il faudrait que tous ils voient la vérité du thomisme, que tous aient les intuitions fondamentales sur lesquelles il vit ? A mon avis une seule chose est absolument essentielle : c’est qu’il y ait, à chaque génération, un petit nombre d’esprit qui voient, et qui soient capables de passer le flambeau. Le seul fait qu’il y aura ainsi continuité et accroisement de génération en génération ne donnera-t-il pas au thomisme, si peu nombreux que soient ceux qui l’enseignent vraiment, une force incomparable (parce que toutes les autres chandelles s’éteignent d’une génération à l’autre) ? »

Jacques Maritain, dans une lettre privée destinée à Etienne Gilson, du 23 novembre 1965.

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