قلعة سمعان

25-11 at 5:23 (Arabisme, Beauté, Heurs et malheurs, Histoire) (, , , , , )

saint-simeon

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22-11 at 7:03 (Lectures, Philosophie, Théologie) (, , , , , , , , , , , , )

Non est sapientia, non est prudentia, non est consilium contra Dominum. 

(Pv XXI, 30)

*** 

Qu’il me soit permis de partager avec vous ces quelques réflexions à propos d’extraits choisi d’une lettre de Simone Weil (elle-même extraite du recueil de Pensées sans ordre concernant l’amour de Dieu.) En italique, c’est elle qui parle :

Tout ce qui dans le christianisme est inspiré de l’ancien testament, est mauvais, et d’abord la conception de la sainteté de l’Eglise, modelée sur celle de la sainteté d’Israël.

Premièrement, il est faux de dire que l’Eglise se considère comme une sainte, comme Israël était un peuple saint (si tant est d’aileurs que l’Ecriture laisse penser un seul instant que le peuple d’Israël était saint). Dans le vocabulaire thomiste, on appellerait ce rapport entre la sainteté d’Israël et la sainteté de l’Eglise, une analogie, c’est à dire que ce terme saint ne signifie pas la même chose dans les deux être comparés. Deuxième point : il est faux de dire que c’est l’idée de la sainteté d’Israël qui a donné en substance le dogme de la sainteté de l’Eglise. L’Eglise est sainte et se dit sainte parce qu’elle est le corps mystique du Christ, et que le Christ est saint. Encore faut-il bien préciser que cette sainteté concerne l’Eglise en tant qu’institution divine, et ne signifie pas que tous ses membres soient saints, même si cela semble évident.

Après les premiers siècles, dont on ne sait presque rien, la chrétienté -tout au moins en Occident- a abandonné l’enseignement du Christ, pour revenir à l’erreur d’Israël sur un point jugé par le Christ comme le plus important de tous.

Saint Augustin dit que si un infidèle habille ceux qui sont nus, refuse de porter un faux témoignage même sous la torture, etc. il n’agit pas bien, quoique Dieu à travers lui, opère de bonnes oeuvres. Il dit aussi que celui qui est hors de l’Eglise, infidèle ou hérétique, et qui vit bien, et comme un bon coureur sur une mauvaise route, plus il court bien, plus il s’éloigne de la bonne route.

C’est là l’idolâtrie sociale ayant pour objet l’Eglise. (Si j’avais le choix entre être saint Augustin ou un « idolâtre » qui habille ceux qui sont nus, etc. et admire quiconque en fait autant, je n’hésiterais pas à choisir la seconde destinée).

Le Christ a enseigné exactement le contraire de saint Augustin. Il a dit qu’au dernier jour, Il diviserait les hommes en bénis et réprouvés, selon qu’ils ont ou non habillé ceux qui sont nus, etc. ; et les justes à qui il dit : »J’étais nu et vous m’avez habillé », répondent : « quand donc, Seigneur ? » Ils ne le savaient pas. D’autre part, les Samaritains étaient par rapport à Israël l’exact équivalent des hérétiques par rapport à l’Eglise, et le prochain du malheureux évanoui dans le fossé, ce n’est pas le prêtre ou le lévite, c’est le samaritain. Enfin et surtout, le Christ n’a pas dit qu’on reconnaît le fruit à l’arbre (saint Augustin raisonne comme s’il l’avait dit), mais qu’on reconnaît l’arbre à ses fruits.

Il faut noter en premier lieu, l’erreur classique qui consiste à affirmer que les dogmes de l’Eglise primitives ne sont pas les mêmes que ceux de l’Eglise actuelle. Comme si la Tradition Apostolique était un vain mot. Dans le cas particulier qu’expose Simone Weil, on pourrait lui objecter saint Paul pour cette phrase : le juste vit de la foi, ou encore celle-ci: tout ce qui ne vient pas de la foi est péché (Rom, XIV, 23). Impossible donc, d’être sauvé si l’on a pas la foi dans la doctrine de l’Eglise.

Passons sur les exégèses douteuses de Simone Weil, passons sur le fait qu’elle rejette dans ce texte, de façon implicite, la valeur de l’enseignement de l’Eglise, et concluons : il est regrettable que Simone Weil n’ait jamais étudié plus en profondeur la doctrine catholique, car elle aurait trouvé sans peine la réponse à ses questions.

***

La controverse janséniste a été l’occasion pour l’Eglise de préciser en détail sa doctrine sur la nature et la grâce. Ainsi il n’est plus possible désormais d’affirmer que la nature humaine déchue par le péché originel n’a plus la possibilité théorique de faire le bien. Ceci dit, saint Augustin n’a pas tort de signaler que c’est Dieu qui agit en bien par la personne des infidèles, car il n’est pas sûr que les infidèles agissent bien en fait par leur nature seule, sans l’aide de la grâce. S’appuyant sur saint Augustin précisément, on pourrait conclure que la nature a gardé après le péché originel la capacité de faire des actes naturellement bons, mais qu’en pratique, la grâce agissante fait de ces actes naturels des actes surnaturellement bons, et qu’il n’y a en fait pas beaucoup d’actes purement naturels chez les infidèles. De plus, parce que comme le définit Clément XI, la foi n’est pas la grâce première, il  y a donc du surnaturel avant la foi.

Quant à savoir si ces actes surnaturels que font les infidèles sont méritoires, s’ils permettent de gagner le Ciel, c’est une autre question. Ici, ce n’est plus l’Eglise qui parle, ce sont les différents théologiens, dont la parole n’est pas confirmée du sceau d’un acte du magistère. Il faut pour être sauvé, la foi et les oeuvres. Saint Thomas d’Aquin dans sa Somme Théologique développe une série de réponses sur l’infidélité qui ne contredisent en rien les précisions dogmatiques qui suivirent la lutte contre le jansénisme. Il distingue donc la foi explicite, celle des fidèles, de la foi implicite, celle de certains infidèles, qui usant de leur raison naturelle aidée de la grâce connaissent Dieu imparfaitement. Ceux-là sont appelés infidèles négatifs, en opposition aux infidèles positifs, qui eux refusent la foi en la connaissant, ou qui refusent de suivre les inspirations de la raison et de la grâce. La question est de savoir si les actes surnaturels des infidèles négatifs -car en cet état seul, les infidèles peuvent être sauvés- sont méritoires. Pour Suarez, un acte surnaturel n’est méritoire qu’à condition qu’il l’intention qui l’a commandé soit elle aussi surnaturelle. Jéronimo de Ripalda, un jésuite espagnol, pense le contraire. La doctrine de Suarez est opposé à celle de saint Thomas d’Aquin, parce qu’elle suppose qu’une multitude d’êtres humains privés de la possibilité de se sauver, alors que saint Thomas s’exprime en sens contraire, voyant dans tous les cas une possibilité de salut pour chacune des créatures. Pour saint Thomas, Dieu accorde sa grâce y compris aux infidèles, car sa volonté salvifique est universelle, et il est évident que ces grâces peuvent servir au salut, car les dons de Dieu sont pour notre bien, et non pas une seule action formaliste.

Ainsi, le dogme de la sainteté de l’Eglise n’empêche en aucun cas que le salut soit accordé par Dieu en dehors de l’Eglise. L’Eglise en tant qu’institution divine, est le principal vecteur de la grâce divine, par les sacrements notamment, mais la grâce peut aussi descendre sur l’homme sans l’intermédiaire des institutions de l’Eglise. Comprenons nous bien. Il ne s’agit pas de d’ôter à l’Eglise son prestige en déniant à l’Eglise son rôle. Mais l’Eglise n’est pas seulement une institution soumise au temps, elle est plus. Je cite le cardinal Journet : « Il n’est pas difficile de répondre à l’objection de Rousseau dans La profession de foi du vicaire savoyard. Il la croyait sans doute insoluble : ou bien le christianisme est nécessaire pour le salut, et vous êtes obligé de damner tous les millions d’hommes qui sont venus au monde avant le Christ ; ou bien vous direz qu’ils pouvaient être sauvés, mais alors le christianisme n’est pas nécessaire au salut, et les religions païennes  valaient autant ! La réplique est toute simple : le christianisme est nécessaire au salut ; ceux qui ont été sauvés avant le Christ l’ont été par lui ; ils constituaient par anticipation son corps mystique, son Eglise. Car déjà la grâce était christique. » Le cardinal continue son exposé, distinguant entre la grâce par anticipation, celle qui toucha les hommes avant la mort du Christ et la fondation de l’Eglise, et la grâce par dérivation, celle qui touche les hommes principalement par les institutions de l’Eglise depuis sa fondation.

L’Eglise est le corps mystique du Christ. Et de même que le Christ prééxistait à son Incarnation, l’Eglise d’une certaine manière préexistait à sa fondation par Notre Seigneur. En effet, il n’y a jamais eu qu’une seule religion véritable, celle révélée par Dieu, d’Abraham à nos jours. On peut donc dire que les Patriarches et les Prophètes, en ce qu’ils étaient fidèles à cette religion, était membre du corps mystique du Christ, de l’Eglise ainsi entendue. De la même façon pour ceux qui sont infidèles, soit qu’ils n’aient pas été fils d’Israël avant la Nouvelle Alliance, soit qu’ils n’aient pas été évangélisés pendant le temps où avait déjà pris effet la Nouvelle Alliance. On dira alors que ces hommes qui ayant la foi implicite et vivant selon la loi de la nature sont membres de l’Eglise en ce sens qu’ils font partie de l’âme de l’Eglise. C’est ce qu’il faut comprendre lorsque l’on affirme qu’hors de l’Eglise, il n’y a point de salut.

 

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Deus caritas est

12-11 at 6:13 (Heurs et malheurs, Lectures, Théologie) (, , , , )

« L’évangile nous enseigne que Dieu est amour –Deus caritas est. Dieu a aimé les hommes ; nous imiterons Dieu en aimant nos frères en Dieu. Le premier et le plus grand des commandements, dit Jésus Christ, c’est d’aimer Dieu par dessus toutes choses, le second qui est semblable au premier, c’est d’aimer son prochain comme soi-même. C’est en nous conformant à cette invitation, qui est aussi un ordre, que nous deviendrons parfaits comme notre Père céleste est parfait. Et nous aimerons non seulement nos amis et ceux qui nous font du bien, mais aussi nos ennemis et ceux qui nous font du mal, imitant en cela notre Père céleste qui fait luire son soleil et pleuvoir sa pluie sur les méchants comme sur les bons. Rien de plus clair que ce langage, et tout le Nouveau Testament en est un commentaire vivant.

Avec Platon, nous sommes transportés dans un tout autre monde ; et ce n’est pas étonnant puisqu’il ne se plaçait que sur le terrain de la raison et qu’il ignorait le principe surnaturel. Il voit surtout en Dieu la suprême intelligence se contemplant elle-même. Il en conclut que l’homme ressemblera à Dieu en s’adonnant à la contemplation. Voir, aimer, goûter la vérité, les choses éternelles, s’abstraire totalement des choses périssables, abdiquer les intérêts mondains, voilà le devoir de l’homme ici-bas. Dans une existence antérieure, il a vaguement communiqué avec Dieu, en le suivant dans les mondes en formation. Enchaîné au corps de la vie actuelle, il faut qu’il s’attache aux réminiscences qu’il conserve de sa vie antérieure, et qu’il s’élève par un travail incessant, à reconstituer par la pensée la vérité totale et la beauté souveraine qu’il a jadis entrevues.

Platon nous semble ici confondre l’état présent de la nature humaine avec l’état auquel elle est appelée dans l’avenir. Il est vrai qu’une des fins de notre être sera de contempler l’essence divine durant l’éternité. Mais la fin n’est pas le moyen ; elle implique le moyen ; elle est inséparable de lui-même, mais distincte. La fin de l’homme est bien la contemplation divine, mais pour se livrer sans réserve à cette contemplation, il faut qu’il s’enr ende capable par cet effort vers Dieu que nous appelons vertu. Ainsi, autre est notre destinée finale dans l’autre vie, qui est la félicité résultant de la vue de Dieu ; autre notre loi d’ici-bas, qui est le travail, la vertu. Platon ne soupçonne pas cette distinction.

Remarquons en passant, combien le christianisme se montre plus intelligent de la vraie nature humaine que la philosophie platonicienne. L’Evangile admet la haute valeur de la contemplation ; il en proclame la supériorité sur l’action proprement dite ; supériorité qui ressort d’ailleurs de la nature même des choses, puisque la contemplation est la possession et la jouissance de l’objet dont l’action est la recherche. Et non seulement le christianisme proclame cela en principe, mais il l’applique en pratique, et l’histoire de l’Eglise n’est que l’histoire des Saints que le christianisme prépare pour la vision céleste, en les exerçant, secundum mensuram donationis Christi, à la contemplation terrestre. Mais encore l’Eglise exige t’elle l’action, et lui donne t’elle, dans la vie chrétienne, une palce incomparablement plus grande. La vie de l’Eglise est remplie bien plus encore par l’action que par la contemplation. »

Jean-Baptiste Aubry, Mélanges de philosophie catholique.

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Paulinisme appliqué

6-11 at 8:05 (Apologétique, Arabisme, Histoire, Islam, Théologie) (, , , , , , , )

A l’origine, ce billet se voulait une réfutation des principales assertions de l’apologétique islamique sunnite (précision d’importance) dans sa forme adressée aux « chrétiens ». Y travaillant, je n’ai pas pu m’empêcher d’en tirer certaines conclusions méthodiques, et c’est ainsi que l’idée m’est venue de proposer un patron d’essai apologétique catholique à l’adresse des musulmans.

Sur le terrain des polémiques apologétiques le chrétien à un tour d’avance sur le musulman. Il suffit au chrétien de discuter l’authenticité de la Bible et la Vérité de son message pour convaincre le musulman, tandis que le musulman doit, avant d’établir l’authenticité du Coran et la vérité de sa doctrine, prouver que la doctrine qu’explicite la Bible est fausse et oeuvre tardive d’auteurs inconnus, sans réelle valeur historique. Le Coran entre dans l’histoire après que le christianisme ait été prêché, et la doctrine du Coran s’oriente frontalement contre les dogmes du christianisme, ceci expliquant cela ; dans l’ordre théologique comme dans celui de l’histoire, l’affirmation précède la négation. L’axe central de divergence entre les chrétiens et les musulmans concerne le Christ, pas le Coran et Mohammed. C’est là un axe on ne peut plus chrétien. En conséquence, le chrétien doit conclure avec saint Jean Damascène, que l’islam est une hérésie chrétienne, et ses doctrinaires, des hérésiarques chrétiens. Et je ne suis pas convaincu que l’apologétique catholique ait beaucoup à gagner d’ajouter à l’exposition de la Révélation qui est son objet, quantités de pages philosophiques et historiques, en vue de discuter l’authenticité du texte du Coran. En conséquences, il m’a semblé bon de commencer l’essai apologétique par la réponse à ces questions que peut se poser le fidèle musulman :

1- Qu’est-ce qu’être chrétien ?

 

2- Comment connaître l’enseignement du Christ ?

3- Quel est l’enseignement du Christ ?

L’apologète catholique a un autre tour d’avance sur son confrère musulman, car l’un et l’autre n’accordent pas la même valeur aux textes sacrés. Si un historien, qu’il soit chrétien ou non, prouvait que les deux exemplaires originaux du Coran sont faux, il détruirait le fondement même de la théologie islamique. A l’inverse, si un historien de quelconque confession, prouvait que les Evangiles synoptiques sont des faux, si un musulman prouvait que l’Evangile de saint Jean n’a pas vraiment été écrit par l’Apôtre, il est certain que l’apologétique chrétienne en serait affectée, privée d’une ressource importante, mais il est non moins certain que cela ne saurait l’empêcher définitivement de prêcher. Le coup porté ne serait pas fatal, pour la simple raison que la doctrine catholique ne prétend pas se fonder sur les seules Ecritures Saintes, mais sur la tradition apostolique, qu’elle soit orale ou écrite, ce qui est un cadre bien plus large. Parlant de cela, le principal problème technique de l’apologétique islamique sunnite est que, s’adressant aux « chrétiens » dans leur ensemble qu’il s’agisse des protestants, des orthodoxes ou des catholiques, elle s’appuie néanmoins sur l’idée qu’en critiquant la valeur historique des Ecritures, on ruine les fondements de l’édifice doctrinal chrétien, bien que le postulat de l’Ecriture seule n’appartienne qu’aux multiples sectes protestantes. Catholique, j’ai lu mille petits traités d’apologétique islamique, sans jamais avoir eu l’impression que l’auteur pourrait un jour me faire changer d’avis sur la vérité de ma religion. J’ai simplement pensé qu’il y avait plus de points communs entre un pasteur évangélique et un musulman sunnite que chacun des deux ne voudrait le croire de prime abord.

Ainsi donc, il nous faut établir que le chrétien est un disciple du Christ, membre de l’Eglise qu’Il a fondé, croyant en la doctrine qu’Il nous a révélé, et appliquant les commandements moraux qui en découlent (question n°1). L’apologétique islamique trace souvent un historique de ce mot dont la foule baptisa les premiers chrétiens. Il ne semble pas mal venu de faire de même. Puis il faut préciser que l’enseignement du Christ nous est transmis par la Tradition Apostolique (question n°2). L’Eglise en effet, a été instituée avant que les écrits qui composent ce que nous nommons le Nouveau Testament ne soient composés. L’Eglise est garante de la tradition orale et écrite que nous ont transmis les Apôtres. Joseph de Maistre a raison de dire que l’attachement des protestants à l’écrit est idiot, et que l’enseignement des Apôtres était oral. On le voit bien à travers les Epîtres de Saint Paul, qui sont adressées à des fidèles déjà instruits des vérités de la Révélation. Mais de Maistre va trop loin lorsqu’il oppose l’oral à l’écrit. D’abord parce que l’oral et l’écrit sont complémentaires, ensuite parce que la distinction fondamentale n’est pas là. L’oral et l’écrit sont tous deux nécessaires, et il convient bien mieux d’opposer le dépôt de la Tradition Apostolique à ce qui n’est pas de la Tradition Apostolique, ou se dresse contre elle. Là il faut parler du lien qui unit le nouveau testament à l’ancien. Le musulman considère Jésus comme le Messie qu’espéraient les Patriarches. Il faut donc aussi discuter de l’authenticité des évangiles et des Ecritures judaïques, et prouver la fausseté des apocryphes, en particulier de l’évangile de Barnabé. Puis montrer les preuves de la messianité du Christ. C’est avec la question n°3, nous entrons dans le vif du sujet, qui discute des questions doctrinales et morales. Bien entendu, la réponse aux questions doctrinales implique des arguments éxégétiques tirés du nouveau et de l’ancien testament. Le dogme de la Trinité, la divinité du Christ, sa mort sur la croix en rémission de nos péchés, tout cela est étayé par l’éxégèse.

Sans entrer dans les détails qu’implique l’exposition de la doctrine chrétienne, il est facile de se rendre compte du rôle important que jouera dans cet édifice, la théologie de saint Paul. Si la lecture de chaque théologien permet de comprendre la doctrine chrétienne, nul nous semble t’il, n’est plus à même de faire comprendre aux musulmans leur égarement que l’Apôtre des Gentils. (Et de faire revenir à la véritable Tradition les fils d’Israël qui n’ont pas abandonné la synagogue, ajouterais-je). Ce n’est pas un hasard si l’apologétique islamique cadre ses tirs sur la doctrine de saint Paul. En effet, son enseignement traite tous les points sur lesquels butent les musulmans, de la divinité du Christ à l’abrogation de la Loi mosaïque. L’axe principal de divergence entre les chrétiens et les musulmans est la personne du Christ et ses attributs, avons nous affirmé plus haut. Or les épitres de saint Paul, sont résolument centrées autour de la personne du Christ. Et, autre point qu’il est important de noter, ces mêmes épitres sont les plus anciennes pages doctrinales de la tradition chrétienne.

Un travail de qualité n’omettra pas de traiter des points secondaires de litiges entre l’islam et l’Eglise, comme par exemple, ce qui concerne Abraham, Ismaël et Isaac, et leur rôle dans ce que l’Eglise appelle l’Histoire du Salut.

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