Rationalisme et catholicisme

10-05 at 5:57 (Apologétique, Crise de l'Eglise, Heurs et malheurs, Hispanophilie, Histoire, Lectures, Philosophie, Théologie) (, , , , , , )

Omnia restaurare in Christo.

L’action du rationalisme fils légitime du cartésianisme, c’est la séparation. Il s’oppose au système catholique sur deux points essentiels : il sépare la foi de la raison d’une part, et la théologie des sciences, d’autre part.

La foi catholique

Le refus de l’induction conduit Descartes et ses suivants à affirmer l’omnipotence de la raison, et surtout, exprime un refus du mystère. Le catholique prend l’option contraire, il se sait infirme de par sa condition humaine, et accepte le mystère. C’est dans ce sens qu’il faut entendre l’affirmation de Pascal, dans les Pensées, lorsqu’il affirme que l’obscurité est un signe de véracité (Affirmation raillée par Voltaire dans la dernière de ses Lettres philosophiques, dans laquelle on pourra apercevoir à plusieurs reprise la mauvaise foi de leur auteur, parmi quelques réflexions pertinentes). C’est à dire que la vérité théologique est un mystère insondable pour l’intelligence, et dès lors, il vaut rejeter un système qui se veut la clarté absolue.

La foi est évidemment une adhésion du cœur, ce qui lui donne ce côté mystérieux que lui reconnaît tout chrétien et que raille tout infidèle, mais ce n’est pas seulement cette adhésion sentimentale qui caractérise la foi catholique. « La foi ne va pas contre de la raison », c’est à peu près la seule phrase qu’un catholique arrive à proférer face au monde contemporain qui lui crie à chaque instant que sa foi est folie. C’est une vérité qui ne doit pas faire penser à notre catholique que sa foi n’est qu’un sentiment qui ne va pas contre la raison, car non seulement la foi ne va pas contre la raison, mais la foi est raisonnable. Qui a la foi ? L’homme qui s’est rendu aux raisons de croire, Credo ut intelligam.

Il faut donc s’attacher à ne pas séparer la raison de la foi, comme le font les rationalistes. Que l’on affirme la possibilité de la raison humaine de comprendre parfaitement les vérités surnaturelles, ou que l’on affirme que la raison est parfaitement étrangère à toutes choses qui la dépassent, on ne fait que consommer le divorce entre la foi et la raison.

La foi est rationnelle car elle est, au même titre que la loi de la gravité, une adhésion de l’intelligence à ce qui est, pour reprendre la formule aristotélicienne.

L’homme qui ne croit pas est incrédule, et cet autre qui croit sans raison est crédule, on est là dans l’ordre naturel. Or, la foi est d’une autre essence que de celle qui fait la crédulité et l’incrédulité. Elle est surnaturelle. Et penser que la Raison peut tout comprendre, dans le domaine de la foi, c’est affirmer que la foi n’est doctrine naturaliste de plus. C’est lui ôter en fin de compte, son caractère surnaturel.

Les rationalistes posent un acte de foi en ce qui concerne l’omnipotence de la raison humaine, pourrait-on dire. Mais du point de vue de la théologie, cette formulation est impropre, car l’acte de foi en question est d’essence naturelle. Mieux vaut dire que les rationalistes sont des naïfs, des crédules exactement et préciser que sur ce point précis, ils dépassent en sottise le rationalisme antique qui lui au moins n’a jamais postulé une telle fable. Un Socrate a même pu exprimer le contraire, si bien que l’on peut affirmer que dans le camp des rationalistes, la contradiction règne, et que nous pourrions nous borner à regarder leurs éloquences s’entredévorer sans même avoir à rappeler la doctrine de l’Eglise, s’il ne s’agissait là que d’une lutte purement intellectuelle, si le salut des âmes n’était pas en jeu.

[Laisser aux rationalistes leur foi concernant l’omnipotence de la raison. Laisser aussi la foi en l’impuissance totale de la raison à ceux qui veulent sombrer dans la crédulité. Rester sur la corde raide de l’équilibre. Préférer encore la sagesse à la raison et aux fables. Etre, puis demeurer catholique.]

La philosophie catholique

La foi est le commencement de la vie chrétienne, et le point de départ de la philosophie catholique. Humanae salutis initium, fondamentum et radix omnis justificationis. Salut initial de l’homme, selon les Ecritures, fondement et racine de toute argumentation.

La notion d’impuissance de la raison est le postulat initial de la philosophie catholique. Ce postulat ne fait que se souvenir de ces paroles du Christ « prenez garde que votre lumière intérieure ne soit ténèbres » (Evangile selon saint Luc, XI, 35), ou de celles de Saint Paul, qui ne connait que Jésus crucifié. Résolument, le catholique affirme que tout nous crie et la raison plus fort que tout le reste, que la raison ne suffit pas. Comment pourrait-il prétendre le contraire, quand l’histoire de la philosophie toute entière prouve bien l’insuffisance et la folie de la raison humaine ?

Il faut croire Chesterton lorsqu’il affirme qu’un fou est celui qui a tout perdu sauf la raison. En vérité, rien n’est plus déraisonnable que la raison humaine, sans l’itinéraire de la foi catholique, dans le domaine théologique et sans connaissance de ses limites dans le domaine de la philosophie.

C’est à se demander avec Donoso-Cortès, si le monde se jette dans le rationalisme, par goût pour les ténèbres, par amour de l’absurde. Car une chose est certaine, l’homme ne peut sortir des obscurités du dogme catholique sans se condamner à vivre dans une obscurité encore plus profonde (Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme).

Joseph de Maistre appelle le scepticisme, dissolvant universel, et Aubry note que le refus de l’induction est tout simplement une forme de scepticisme. C’est dire la radicalité de la différence l’esprit catholique, et l’esprit cartésien, de Maistre abhorrant ce que Descartes érige comme méthode absolue de recherche de vérité. Or la philosophie catholique se sait une science subordonnée. Elle affirme ce qui se prouve par ce qui ne se prouve pas, c’est à dire qu’elle accepte l’induction, c’est déjà dire, la subordination à la théologie.

Il ne peut y avoir deux vérités, l’une théologique et l’autre philosophique qui se contredise entre elles, c’est le gros du discours de Llull face à Averroès, qui soutenait le contraire. La vérité est une, et découle dans toute son unité de la théologie, qui est donc la science mère de toutes les autres. Le surnaturel est universel.

Pourquoi enfin, peut-on dire qu’une affirmation philosophique ou théologique est vraie ? La cause première de cette véracité est dans l’autorité de l’Eglise. Parce que l’Eglise nous l’enseigne, nous pouvons garantir la véracité d’une proposition philosophique ou théologique, parce que nous sommes convaincus de la nécessité de la Révélation, parce que nous croyons que Jésus Christ est Dieu qui nous a apporté cette Révélation, parce que l’Eglise est la Sienne et que tout ce qu’affirme le magistère romain est marqué du sceau du Saint-Esprit.

Apologétique

« Je remarque toujours que les apôtres -dans les discours cités aux Actes et dans les Epîtres- pour introduire la vérité révélée dans l’esprit de leurs auditeurs, ne la font pas précéder de cette longue préface ou échelle de raisonnement humains, qui d’après beaucoup de nos écrivains et de nos prêtres, instruits mais cartésiens, doit précéder et préparer la théologie, la Révélation.

La prédication des Pères et des grands missionnaires qui ont prêché devant des infidèles et même des incrédules procède t’elle de la même façon ? Je ne le crois pas, mais il me semble qu’ils tout droit et sans préambule, par l’affirmation de Jésus crucifié et par la Rédemption. On dira que c’est absurde, et que l’incrédule niant même les faits sur lesquels on s’appuie et les premières vérités révélées, vous trouvera illogique, arbitraire, et ne vous écoutera pas. Et pourtant, c’est ainsi, il me semble, qu’ont procédé les apôtres, même Saint Paul devant l’Aréopage ; ils vous jettent tout de suite dans la révélation, sauf à revenir ensuite sur la philosophie et la préparation apologétique du christianisme, qui d’ailleurs, est toujours sous-entendue. »

Abbé Jean-Baptiste Aubry, Etudes sur le Christianisme.

C’est un travers courant (que n’a pas manqué de souligner Aubry) chez certains apologistes de partir constamment du naturel pour remonter jusqu’au surnaturel, et ils n’ont rien à envier sur ce point aux rationalistes. Une théologie qui explique le naturel à partir du surnaturel semble désormais l’œuvre de fanatiques extrémistes. Il est logique qu’un tel principe n’ait mené qu’au désarroi intellectuel, pour reprendre les mots d’Aubry, puisque tout n’y est jugé qu’à travers le prisme naturaliste, et par conséquent, est vidé de son âme. Le théologien qui explique le naturel par le surnaturel fait quelque chose de plus grand que de simplement l’expliquer, il lui donne un sens, ce qu’un pur syllogisme naturaliste ne pourra au mieux que caricaturer.

Le raisonnement cartésien, malheureusement entré dans les intelligences les plus chrétiennes, n’a jamais formé que des rationalistes, et jamais des chrétiens. Comment pourrait-on donc une fois cette première affirmation confirmée par l’expérience, justifier l’emploi abusif qui est fait de ce raisonnement absurde? Une foi solide pourra trouver à douter dans un raisonnement cartésien, même formuler dans le but pieux de confirmer les dogmes établis par l’Eglise.

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12 commentaires

  1. Sébastien said,

    Vous citez saint Augustin, Pascal. Vous ne semblez pas accorder une grande confiance en la raison, même si vous ne la rejetez pas. Vous êtes plus mystique que rationnel. J’en déduis que vous n’êtes pas un disciple de saint Thomas d’Aquin (corrigez-moi si je me trompe). Intéressant, dans la mesure où beaucoup de traditionalistes se revendiquent du docteur angélique.

  2. Antoine said,

    Aaaarrrgh !!!!!

    je voulais lire votre post, mais il commence super mal !!!!

    C’est quoi ce « Omnia restaurare in Christo » ????!!!! ça sort d’où ????!!!!! Ne me dites pas que c’est la devise de Saint Pie X et le leitmotiv de l’encyclique qui ouvre son pontificat ! C’est faux ! Saint Pie X a dit « omnia instaurare in Christo » !!!! Ce qui n’a rien à voir et vous reprenez là la mauvaise traduction française janséniste et politicienne ! Celle qui tente de faire accroire que St Pie X voulait nous lancer dans un grand retour en arrière, contre-révolutionnaire, permettant de revenir à l’ordre ancien et à l’Ancien régime ! Mais c’est faux, totalement faux ! Saint Pie X ne fait que nous inciter à tout ancrer dans le Christ, à tout construire à partir du Christ et dans une vision christologique ! C’est notre rôle de chrétien : bâtir une civilisation articulée autour du Christ et non pas revenir en arrière pour… faire de l’archéologisme !
    Bon, je relis l’encyclique de Saint Pie X (E Supremi) puis ensuite votre papier puis je vous donne mon avis !
    Mais voilà déjà un début : « D’où il suit que « omnia instaurare in Christo » et ramener les hommes à l’obéissance divine sont une seule et même chose. Et c’est pourquoi le but vers lequel doivent converger tous nos efforts, c’est de ramener le genre humain à l’empire du Christ. Cela fait, l’homme se trouvera, par là même, ramené à Dieu »…
    Amitiés

  3. La voix dans le desert said,

    Sébastien,
    Je cite Pascal parce qu’il me semble que s’il y a quelques bonnes sentences dans les Pensées, il y a aussi le germe d’un catholicisme abâtardi, qui voudrait réduire la foi a de la mystique justement (remarquez le dédain de la théologie de certains auteurs chrétiens qui adulent Pascal, comme Thibon, par exemple).
    Alors si, je suis un disciple de Saint Thomas d’Aquin et de Saint Bonaventure, ce qui bien sûr ne m’empêche pas d’apprécier Saint Augustin. Saint Thomas est d’une précision inégalée (je sais c’est de la redite aujourd’hui, mais c’est vrai), il me semble difficile de vouloir se passer de sa pensée, sans même parler du danger qu’impliquerait une telle privation .
    Je suis bien désolé d’être moins intéressant que prévu. Ah ! Une remarque pourra peut être redorer mon blason. Dites vous bien que si les traditionalistes se revendiquent du docteur commun, cela ne fait pas d’eux des génies scolastiques. Je m’explique. Il me semble que la connaissance des scolastiques en général se réduit dans les séminaires de la Tradition, à des connaissances théologiques plus que philosophiques, et plus morales que doctrinales dans la théologie. Les prêtres sont incollables sur la gravité de tel ou tel péché particulier, mais sont courts de philosophie catholique (combien de fois ai-je entendu vanter des apologistes médiocres, Pascal et ses Pensées, Maurras en philosophie politique… etc.)
    L’impuissance radicale de la raison est une proposition philosophique condamnée par l’Eglise. Mais sans une définition stricte des limites de la raison, de son champ d’investigation, on verse dans le rationalisme et on ne fera aucune philosophie qui mérite le nom de catholique.
    Encore un mot sur la mystique et la théologie. Les définitions opposées qu’en fait Thibon me déplaisent. J’ai toujours considéré que Saint Thomas était un grand mystique, en plus d’un grand théologien. Alors oui, je me veux mystique, dans ce sens qui n’écarte pas la théologie, et se revendique de son esprit.

    Antoine,
    Laissez-moi m’expliquer, et après le juge tranchera. Loin de moi de promouvoir le jansénisme et la politique sans l’ordre du Christ. D’ailleurs mon post ne parle pas de politique, mais seulement de philosophie. La philosophie catholique existe depuis l’an 30. Ses variantes et controverses sont toutes fondées sur le principe théologique catholique. N’est-ce pas une querelle de mots, dès lors, que de savoir si l’on doit restaurer ou instaurer dans le Christ ?
    Au niveau politique, si nous devons bâtir une civilisation catholique, cela ne prétexte en rien que nous devrions oublier ce qui été bâti avant que nous n’existions (et qui justement, parfois, a été catholique : cf. la France monarchique). Dans ce sens, je suis archéologue.
    La citation que vous m’offrez est dans le ton que je voulais donner à mon article.

  4. Sébastien said,

    Merci pour vos précisions. J’ai souvent remarqué que Pascal était plus souvent cité par les non-chrétiens que par les chrétiens — qui préfèrent les Pères de l’Eglise, les grands docteurs du Moyen-Âge ou les mystiques. Mais je ne dirai pas de mal de Pascal que j’aime beaucoup (je ne suis pas théologien, il est vrai.)

    « Mais sans une définition stricte des limites de la raison, de son champ d’investigation, on verse dans le rationalisme et on ne fera aucune philosophie qui mérite le nom de catholique », dites-vous de manière très juste. Et pourtant, Maistre admirait Descartes qu’il appelle « le grand restaurateur de la philosophie » (cf l’édition Bouquins de ses oeuvres). Est-ce à dire que sa philosophie n’est pas catholique, lui qui se voulait ultra-catholique ? En même temps, il attaque durement la raison humaine. Paradoxe d’un penseur plus complexe qu’il n’en a l’air.

  5. La voix dans le desert said,

    Oui, je sais que Maistre n’a pas vu la continuité entre les XVII ème et XVIII ème siècle (il admirait Bossuet aussi),et je m’en suis toujours étonné d’autant plus justement que sa philosophie à lui évite à la fois l’écueil rationaliste et les niaiseries libérales dérivées des « philosophes » prétendus.
    J’ignore sur quoi il faut mettre ce défaut. Le manque de recul peut-être. La philosophie cartésienne a été très prisée des clercs (qui croyaient trouver là un appui fondamental à la théologie chrétienne), et a constitué le gros de l’instruction des jeunes hommes du XVIII ème.

    La Foi se lisant toujours entre les lignes des ouvrages de Maistre, sa philosophie est donc catholique.

    Pour ce qui est de Pascal, il est en fait, à son corps défendant, un produit du cartésianisme. (Il n’est pas question d’attaquer l’homme, dont je respecte l’intelligence, mais de cerner les imperfections de sa pensée). La philosophie catholique s’adresse à l’âme, c’est à dire à la raison et au cœur à la fois. Et la pensée de Pascal s’adresse à des hommes coupés en deux qui considèrent que leur cœur peut être chrétien tandis que leur raison en est incapable. De fait Pascal, l’homme, est également coupé en deux. C’est une caractéristique de l’homme moderne, selon De Corte, que cette coupure de l’âme, et le philosophe belge la fait très pertinemment remonter à Descartes.

  6. Olivier said,

    Deux simples remarques :
    – Ce n’est pas l’autorité de l’Église qui est la cause première des vérités philosophiques ou théologiques, mais Dieu Lui-même (comme l’affirmait d’ailleurs Descartes avec sa théorie de la création des vérités éternelles, que l’on peut contester du reste ou taxer de volontarisme si l’on veut).
    – Averroès n’a pas vraiment défendu une théorie de la double vérité, c’est un peu plus compliqué que cela. Il défendait surtout une hiérarchisation de la société, avec une version différente de la religion, tenant compte ou pas des vérités philosophiques, accessible à chacune des strates (le commun, les théologiens, les philosophes). Mais il n’a jamais pensé que la version littérale du Coran qu’il fallait prêcher au commun était vraie…
    – Pour le reste, j’ai apprécié l’article même si je ne suis pas toujours d’accord (Descartes est un grand génie philosophique, le critiquer en critiquant le système prétendument issu de lui est déjà douteux, ensuite se limiter à de grandes affirmations sur les conséquences pernicieuses de son prétendu système ne saurait convaincre qui s’intéresse vraiment à la vérité. Il faudrait critiquer telle ou telle prise de position métaphysique, ou signaler son manque de nuances, que sais-je.)
    Croire en se rendant aux raisons qu’il y a de croire, je le classerais plutôt sous la rubrique Intelligo ut credam que l’inverse, mais enfin…

  7. La voix dans le desert said,

    Olivier,
    Très juste, la vérité est en Dieu, mais Il ne converse pas avec les fidèles tous les soirs, et il faut bien par conséquent afin que ce dernier soit sûr de ne pas errer, que l’Eglise soit la garante infaillible de la vérité théologique et de la vérité philosophique conséquente.
    Je ne suis pas un lecteur d’Averroès mais de Llull un peu, alors je reprends les affirmations de ce dernier. Ce que vous m’expliquez cadre bien avec ce que j’avais cru comrendre, puisqu’il y a séparation : une vérité philosophique d’un côté et de l’autre une vérité théologique. (Se méfier cependant des affirmations des auteurs coranistes, qui de toutes façons, exécutent systématiquement tout ce qui ne pense pas comme eux. Pas un musulman ne soutiendra Averroès)
    Si Descartes a été génial ou non, je ne le discute pas. Mais son système est bien nocif à l’esprit chrétien. (C’est un grand leitmotiv chez les soutiens de Descartes, de dire qu’il n’a rien inventé, que ce sont les autres qui, derrière lui mais sans aucune espèce de responsabilité de la part de Descartes (comprenne qui pourra), ont versé dans le rationalisme)
    Je ne rentre pas dans les détails, puisque je n’ai pas vraiment envie de tenir ici un cours de philosophie anticartésien. Voyez cependant les « mystiques » modernes qui n’ont de chrétien que le coeur, et qui adulent Descartes : n’ont ils jamais lu les « Méditations métaphysiques ». Coupés en deux, dis-je.
    Intelligo ut credam, ca colle mieux avec ma phrase, mais dans le sens Credo ut intelligam, cela marque d’avantage le fait que la soumission théologique prime l’exercice de la raison. Donc, je préfère le garder ainsi, surtout si on se comprend comme ça…

  8. L’homme de la Renaissance « La voix dans le désert said,

    […] de corte, machiavel, renaissance) Afin de clarifier à nouveau ce que j’abordais ici et là, voici un petit extrait d’un auteur déjà cité sur ce blog, Marcel de […]

  9. Polydamas said,

    Vous ne trouvez pas que si notre civilisation est fille abatardie du christianisme, que cette confiance dans la raison, progressivement pervertie, a été initié par le catholicisme lui-même ? Vous dites que l’impuissance de la raison est le point de départ du christianisme. Je dirais, plutôt à ma modeste échelle (je ne suis ni philosophe, ni théologien) que c’est l’inverse, que la raison va permettre de découvrir la vérité de la foi dans les Ecritures, celle-ci n’étant que des témoignages (le Christ n’ayant laissé aucun texte), il faut les interpréter et reinterpréter à la lumière de la foi, de la Tradition. Ce qui ne veut pas dire que la raison suffit, bien sûr. Mais si la raison permet de lever un (petit) coin du voile, il y a une confiance dans celle-ci qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

    J’ajoute que je tire mes arguments de ce bouquin, qui évoque le triomphe de la raison, via le christianisme, sur lequel j’aimerais bien avoir votre avis.

    Au fait, vous êtes inscrit sur le Forum Catholique ?

  10. La voix dans le desert said,

    Polydamas,
    Il faut bien me comprendre. Affirmer que la raison est impuissante à tout saisir et à saisir parfaitement une chose, c’est bien le point de départ de la philosophie catholique, qui passe ainsi le relai à la théologie. Mais la raison n’est pas releguée au placard par cette constatation de bon sens. Elle est remise à sa place, et c’est chose très raisonnable.

    Vous aviez parlé de ce livre il y a un petit moment sur votre blog, je me souviens. Je me rapelle aussi que cela m’avait intrigué, et que je m’étais dit que j’allais l’acheter et l’analyser, et aujourd’hui 21 mai 2008, la chose reste à faire. Bref.
    Le rationalisme est un trait du paganisme. Les manichéens raillaient l’Eglise car ses fidèles ne jugeaient pas chacun individuellement de par leur raison de ce qu’il convient ou non de croire.
    Pas si sûr que ce rationalisme moderne soit si typique de la dégénérescence de la civilisation chrétienne, donc. Mais c’est sûr que le christianisme devait pouvoir favoriser cela, par rapport à des religions comme l’islam, ou le bouddhisme. (C’est décidé, j’achète votre livre bientôt)

    A part ça, non, je ne suis pas inscrit sur le Forum Catholique…

  11. Polydamas said,

    Faites attention, tout n’est pas à prendre dans le livre, notamment quand Starck explique que le monopole pour une religion installée n’est pas sain parce qu’il n’encourage pas le dynamisme des fidèles. D’un côté, il a raison, en se disant qu’au moins il n’y a que les volontaires qui sont convertis et qui travaillent pour leur foi (c’est l’effet citadelle assiégée, on se bat d’autant mieux et plus que ses idées sont en minorité), de l’autre non, car on ne peut pas non plus abandonner la notion d’état catholique, lorsque celui-ci est possible. Sur ce point, je penche pour la deuxième option.

    Concernant le forum, vous devriez, Antoine aussi y est…

  12. La voix dans le desert said,

    Oui, je me doute bien qu’il doit y avoir dans ce livre au moins des détails qui clochent. Le cartésianisme a pénétré les productions les plus chrétiennes au 17ème siècle, et aujourd’hui, l’esprit du siècle s’appuie sur les faiblesses philosophiques des gardiens de la foi et s’immisce dans tous les recoins de ce qui s’écrit de mieux intentionné.

    Les dogmes catholiques se sont définis d’après la Révélation, mais il a fallu les hérésies diverses pour les expliciter de manière plus parfaite. Si c’est ce type de phénomènes que veut souligner Starck, il a raison. Mais pour autant le monopole d’une religion n’empêche pas la controverse théologique, cf saint Thomas contre les disciples d’Averroès, en période d’état chrétien.

    Pour le forum, euh, comment dire ? Ça me casse un peu les pieds les forums, voilà. Plus sérieusement, deux choses m’exaspèrent sur le FC, en plus de son appartenance à l’espèce des foraumidés : d’une part le manque cruel de connaissances théologiques de certains membres (qui rend non avenues certaines discussions), et d’autre part, le fait d’être amené à parler de personnes vivantes sans les connaître forcément.
    Bref, je le lis de temps en temps, mais mon inscription n’est pas encore à l’ordre du jour.

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