France réelle

21-04 at 5:41 (France actuelle, Heurs et malheurs, Lectures, Télégrammes)

Vous lirez (pour ceux d’entres vous qui ne l’ont pas encore lu, parce que quand même, c’est paru il y a un petit moment maintenant), je disais donc, vous lirez avec attention cet extrait de Dialogue de vaincus.

J’aime particulièrement.

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8 commentaires

  1. Antoine said,

    Un peu facile ! ça rime avec débile, d’ailleurs ! Non que PAC et Rebatet ne soient des grands esprits et que leur analyse n’affleure la vérité, mais c’est simpliste ! On dirait des vieillards qui constatent l’inanité de leurs combats au soir de leur vie et qui, en se retournant, ne voient rien, car ils oublient de regarder en haut…
    Oui, Courtoisie est un truc de vieux nostalgiques ou d’ados enflammés ! Mais les vieux nostalgiques aident les ados à s’enflammer et nous avons besoin d’ados plein d’illusions (et de boutons…) car nous l’avons été, cela nous rappelle notre avant-guerre et permet à qq idées sans nuance de vivre au long des siècles.
    Ce qui nous manque, c’est une génération intermédaire d’hommes et de femmes dans l’action, d’hommes et de femmes qui fassent le pays réel ou qui donnent à notre pays une réalité correspondant à nos illusions ou à nos idées ! Et c’est bien là que le bas blesse ! Dès que nous avons compris que nos idées d’ados généreuses sont aussi irréelles (et irréalistes) que le monde virtuel des playstations dans lequel s’évadent d’autres ados contemporains, nous nous dirigeons, à l’âge de la maturité, dans deux directions : la normalisation et la dillution dans le monde contemporain, tout en restant dans « son » milieu qui est forcément meilleur que celui des autres, ou l’enfermement dans ses idéaux de jeunesse, en réinventant une vie de chantier de jeunesse ou de boyscout avec les aumôniers tout aussi puériles de quelconques fraternités cultivant compulsivement les idées réactionnaires et les liturgies qui vont avec… Dans le second cas, on forme des enfants dont on imagine qu’il prendront le pouvoir qu’on a laissé échapper et dériver… Alors que ces derniers ne feront que reproduire les schémas exemplaires qu’on leur aura légués… Car on aura, comme toujours, oublié de leur inculquer les clés de l’action…

    Ce que je propose ? Rien ! Car les théories ne servent à rien et je n’ai donc pas de théorie à soumettre !

    Ma seule théorie, c’est celle de la pratique car j’aime le paradoxe et l’oxymore. Pour cela, il faudrait que je raconte mon parcours et mon métier actuel : après des idées d’intellectualisme, de participation au débat d’idées, à l’échafaudage de théories toutes plus sublimes les unes que les autres, j’ai laissé tomber le discours, ou plutôt, tombé à terre, je l’ai laissé s’enraciner dans cette terre qui redonne vie à Antée, je l’ai incarné, car après tout, quel est le mystère le plus essentiel pour nous, si ce n’est l’incarnation !

    Nous avons oublié l’incarnation, nous nous réfugions dans les discours en oubliant de concrétiser, de donner chair et vie à nos bla-bla, et donc de leur donner un sens, le sens que le Christ a pourtant apporté à nos vies !

    Et la multiplication des blogs réacs ne me semble pas aller dans le bon sens… on se satisfait de voir ses idées partagées, reproduites, débordant éventuellement notre cercle habituel, mais dont la seule efficacité est, outre le réconfort intellectuel de ceux qui les partagent, l’énervement des autres qui éventuellement tombent dessus… C’est fort peu utile, pour un effet concret ! Ces idées ne sont pas EFFICIENTES… Et on a même oublié que le prière pouvait être le moyen d’action par excellence…

  2. La voix dans le desert said,

    Que l’idée dépend du réel, que notre action est encore un retour au réel, que la prière est le meilleur moyen d’action, personne ne vous le contestera, ou en tout cas pas moi.
    Je vois dans ce dialogue une bonne critique, de la dichotomie idéologique de Maurras , séparant d’un côté un pseudo pays réel innocent, et de l’autre un vrai pays légal qui porteraient toutes les fautes politiques de la nation.

    « Ma seule théorie, c’est celle de la pratique car j’aime le paradoxe et l’oxymore. » Mais expliquez-moi, comment vous pouvez agir sans principes ! Je ne dis pas qu’il faut exclusivement s’évader dans les doctrines les plus théoriques, mais que toute action doit trouver sa source là.
    Il est évident que chacun devrait vivre son idéal (vous trouveriez de bons mots de Thibon là-dessus), et cela commence par une vie de chrétien. Mais il y a plusieurs façons de vivre en chrétien, il n’y a pas de modèle unique et imposable.

    Quant à la multiplication des blogs, cela ne me gêne pas plus que cela. L’énervement des autres qui tombe dessus me laisse froid. Ces blogs de toute façon nous servent plus à nous qu’à eux. Nous nous réconfortons et nous progressons, c’est là la seule efficience, en effet.

  3. Antoine said,

    Oui, j’ai même été étonné d’autant de lucidité chez ces deux personnages qui critiquent directement leur père spi en qq sorte !
    Ce que j’ai aussi voulu souligner, c’est cette capacité de nos amis à théoriser à l’infini les principes qui ne leur servent que de rampart intellectuel voire idéologique et aucunement de guide pour l’action…
    Pour les blogs, croyez-vous que nous progressions ? Quand on voit les inepties que se multiplient, les hoax et les buzz qui circulent, on peut en douter, non ?

  4. La voix dans le desert said,

    Bon, c’est sûr, il se dit beaucoup de bêtises, et mon blog ne fait pas exception, je ne suis pas parfait. Mais raison de plus de faire preuve d’esprit critique, et d’agrandir ses connaissances personnelles…

  5. Mickaelus said,

    Je vais donner brièvement mon point de vue de royaliste, parce qu’il faut bien avouer que cette distinction entre France légale et France réelle est surtout un problème de démocrate ; en royauté les principes de la France sont incarnés par le Roi et ne dépendent pas des sujets…

    Déjà, ce qui m’amuse c’est qu’en république il n’y a plus de France : la France réelle, j’entends la civilisation française, cela s’arrête en 1830 avec le départ du dernier roi légitime, Charles X, et du drapeau blanc. L’autre problème, c’est que savoir ce que c’est que la France ne dépend pas de la concordance ou non entre les gouvernés et les gouvernants – ou les représentants pour les députés : cela dépend des fondamentaux de la civilisation française telle qu’elle a existé de Clovis à Louis XVI, et encore un peu sous la Restauration. Et une civilisation est obligatoirement définie théoriquement – les lois fondamentales du royaume de France, l’union du trône et de l’autel, etc. – ou bien on ne voit pas bien comment être fidèle à quoi que ce soit, même si, pour les contre-révolutionnaires, cela a un aspect rétrospectif. En fait, ce n’est même pas une définition théorique, c’est une fidélité à la tradition de sa patrie. La France réelle ne peut s’incarner dans une vision idyllique du peuple mais dans la tradition et l’héritage.

    Bref, les deux personnes du texte oublient de poser le problème principal : ce que c’est que la France et quel a toujours été son régime naturel. La république et la démocratie s’auto-alimentent pour former une vaste médiocratie, rien de vraiment étonnant…

  6. Antoine said,

    Cher Mickaelus, il est dommage que votre point de vue s’arrête en 1830… on aurait aimé une analyse plus contemporaine !
    Ils sont très beaux, vos principes, rétrospectivement ! Mais de ce type de discours, la Royauté est morte, la tête coupée… Comme si le roi n’avait pas réussi à rester solidaire (au sens de formant un tout) avec son peuple… Et c’est bien cela qui a tué la royauté… Donc on peut faire de très bea

  7. Antoine said,

    Pardon, mauvaise manip… la suite :

    Donc on peut faire de très beaux discours, appuyés sur des principes non moins éblouissants… Et c’est bien ce que constatent Rebatet et PA Cousteau : dans ce type d’attitude, on se coupe de la réalité et c’est ce qui est arrivé au monarchiste étalon Maurras !

    Donc vivez dans le réel, Mickaelus, ne faites pas d’archéologie et de rétropspectives ! Et méditez Bernanos : l’avenir n’est pas comme un train qu’on attend, il se fait !

  8. La voix dans le desert said,

    Mickaëlus,
    Personne n’est parfait, et surtout pas les maurassiens. Et la théorie pays légal/pays réel que Maurras avait établi à l’époque de l’Action Française, c’est à dire en des temps républicains et démocrates n’est pas fondée. Et aujourd’hui, à plus forte raison, on ne peut indéfiniment soutenir cette dichotomie, et au contraire, il faut signaler la responsabilité du pays réel dans tout ce qui se fait. Se considérer comme responsable, cesser de rejeter la faute sur le dos des gouvernants. Sarkozy n’est président que parce que le pays réel l’a élu.
    Il y en a qui considèrent le pays réel comme la résistance à la modernité, à la république, à la démocratie etc… à ceux-là je dirais que leur appellation n’est pas fondée. Le pays réel, c’est le peuple démocrate, républicain, qui a suivi sa scolarité depuis la maternelle dans les écoles de la République laïque et qui passe deux ou trois bonnes heures devant sa télévision chaque jour que Dieu fait.
    Vous touchez du doigt le grand problème de Maurras, qui n’est pas un monarchiste fidèle, mais un monarchiste de raison seule. En fait, celui qui comprend véritablement l’essence de la monarchie ne peut adhérer à ce genre de doctrine rationaliste. (Le pacte entre le trône et l’autel, par exemple, ou tout aspect mystique de la royauté, Maurras n’en a que faire)

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