Anacleto Gonzales Flores

27-08 at 2:59 (Hispanophilie)

anacleto1.jpg 

 Plaçons cette rubrique sous le visage du martyr mexicain (hispanophile), que fut Anacleto Gonzales Flores.

Publicités

Permalien Laisser un commentaire

Charbel Makhlouf

20-08 at 5:05 (Heurs et malheurs)

charbel_makhlouf.jpg

Que Youssef « Charbel » Makhlouf protège le Liban !

Permalien Un commentaire

Blanc et Rouge

17-08 at 2:15 (Encyclopédie, France actuelle, Lectures)

Demi tour à gauche… droite !

Le XIX ème et le XX ème siècles ont vécu sur l’hypothèse gauche-droite. Pendant un siècle et demi en tout cas, on a cru savoir ce qu’on disait quand on utilisait ces termes, et pas seulement en France. En Angleterre, les Thories étaient à droite et les Whigs à gauche, jusqu’au moment où ils se sont laissés déborder par les Travaillistes.

Pour simplifier : la droite était conservatrice : le sabre et le goupillon ; la gauche, révolutionnaire : paix aux chaumières, guerre aux palais.

Dans ce sens, le slogan de la III ème république française  » Toujours plus à gauche, mais jamais au delà » avait un sens : la gauche voulait modifier les choses, mais pas trop. En fait elle voulait discréditer la droite pour prendre sa place : Ote-toi de là pour que je m’y mette. Elle a réussi. Dès qu’on a des palais, on se garde de leur faire la guerre.

D’où un glissement perpétuel, qui fait que les véritables partis de droite sont des espèces disparues et que ce qui passe pour à droite maintenant aurait été stigmatisé comme une dangereuse faction d’extrême-gauche il y a cinquante ans.

Cet aperçu de la situation se complique, du moins en France, du fait que la gauche au pouvoir gouverne un tant soit peu à droite, et que la droite au pouvoir gouverne à bride abattue à gauche, et, partout dans le monde, du fait que, par un merveilleux tour de passe-passe, la désinformation comuniste a réussi à faire passer le monstrueux national-socialisme pour un parti de droite, ce que la droite elle-même a gobé. Détails.

Au point où nous en sommes arrivés maintenant, j’entends au début des années 90, les mots « gauche » et « droite » ont perdu toute signification. La surenchère sur la notion de « gauche » a triomphé lorsque Boris Elstine, partisan d’une économie de marché, donc de la constitution d’une bourgeoisie, au demeurant nationaliste russe, et favorable à l’Eglise orthodoxe, a dénoncé le putsch communiste d’août 1991 comme une manoeuvre… de droite ! Le Monde, d’ailleurs a sanctionné cette terminologie. Elstine est donc à gauche avec Mitterrand, les putchistes d’août 1991 à droite, sans doute avec Reagan. On se demande où est le communisme réformateur de Gorbatchev dans ce musée Grévin de la politique ?

Pour ajouter à la confusion, il ne faut pas oublier que le mot « libéral » en français est maintenant l’antonyme absolu du mot « libéral » en américain, puisque les « libéraux » français sont, plus ou moins, à droite, tandis que les « liberals » américains sont résolument à gauche.

Faut-il, pour clarifier les idées, parler d’une « sensibilité de gauche », ou « de droite », la première étant plus portée aux réformes, la seconde à la défense de l’ordre établi ? Je l’ai longtemps cru, et je pensais que la distinction se cristallisait heureusement autour de ces deux citations : « Je préfère une injustice à un désordre » (Goethe) – « Tu ne supportes pas l’injustice : pour toi, c’est le seul désordre » (Eluard). Mais lorsqu’on sait qu’Eluard parlait aussi du « coeur d’amour » de Staline, on s’aperçoit qu’appliquée à la politique, la notion même de sensibilité ne signifie pas grand chose. D’ailleurs il suffit qu’un régime « de gauche » s’instaure où que ce soit pour qu’il devienne ennemi de toute réforme, les siennes une fois faites, si bien qu’on en arrive à cette définition ubuesque : tout parti au pouvoir est de droite, tout parti de l’opposition est de gauche. Le caméléonisme politique va peut-être jusque là, mais ca ne clarifie en rien le vocabulaire.

Peut-être ce carroussel de la gauche et de la droite, l’une venant à chaque instant remplacer l’autre, signifie t’il simplement qu’il est temps de renoncer à ces notions transitoires, qui ont pu avoir leur utilité dans le monde de la révolution industrielle, mais qui ne correspondent plus à rien, à une époque où il n’y a plus, politiquement, ni d’aristocratie féodale, ni de prolétariat révolutionnaire, mais, en Occident, tout un camaïeu de bourgeois nantis-appauvris, et, à l’échelle du monde, deux catégories qui s’appellent en jargon moderne les « have » et les « have nots ».

Dans cette perspective, y aurait-il quelque utilité à revenir sur une autre distinction, peut-être plus ontologiquement juste – je ne fais ici que jeter cette idée en l’air- les Blancs et les Rouges ?

Les Blancs sont du côté de l’Etre, les Rouges du côté de l’existence.

Les Blancs sont pour ce qui précède le choix, les Rouges pour le choix.

Les Blancs sont pour le Dieu-Homme, les Rouges pour l’homme-dieu.

Les Blancs croient en un Ordre et une Justice, d’ailleurs inséparables, les rouges veulent imposer leur ordre et leur justice.

Les Blancs sont des constructeurs, les Rouges des destructeurs.

Les Blancs sont pour l’éternité, les rouges pour l’occasion.

Le Blancs cèdent leur place dans le métro, les Rouges le couvrent de graffiti…

On pourrait continuer.

J’ai toujours récusé l’étiquette « homme de droite » : je sentais qu’une veste qui la porterait me gênerait aux entournures.

Je ne récuserais pas la griffe  » Blanc ».

Vladimir Volkoff.

Permalien 2 commentaires

Au pays des Droits de l’Homme

14-08 at 4:58 (France actuelle)

En naviguant sur la plus grande toile du monde, il arrive souvent que l’on trouve matière à dégainer la plume pour tenter de calmer sa colère. Aujourd’hui, la raison de mon ire est le site de l’association “Voltaire intégral”. Sur la page de présentation on peut lire les phrases suivantes (à condition au préalable, de s’être assis, de préférence confortablement- c’est mon cas):

“Voltaire, non édité en France depuis plus d’un siècle, notre auteur symbole du combat pour la tolérance, la justice et contre tous les fanatismes, reste inaccessible aux Français. Il est relégué dans les bibliothèques universitaires. Les spécialistes distillent avec modération pour le public quelques Extraits ou Morceaux choisis par eux.”

Certes, on peut dire que le français moyen ne connaît pas Voltaire. Il a vaguement lu Zadig ou Candide, souvent l’un des deux, plus rarement les deux, et l’essentiel de l’Oeuvre de Voltaire lui échappe. Il y a aussi le problème de son immense correspondance, qui n’est pas facile à trouver. Ceci est à la décharge de l’analyse de l’association.

Ceci dit, on peut se demander si l’ignorance des Français n’est pas due au système éducatif en général qui sévit en France, plus qu’à une volonté floue de faire disparaître Voltaire des consciences. Et je ne veux pas seulement incriminer l’Education Nationale. Cette dernière est peut être la principale responsable, mais certainement pas l’unique, bien évidemment. Le paradoxe de la situation, c’est que le Français moyen respire Voltaire sans réellement le connaître.

Mais apparemment, les membres de l’association  “Voltaire intégral” s’ils ont vraisemblablement lu davantage leur ironiste favori que beaucoup, ne le connaissent guère mieux : l’auteur “symbole du combat pour la tolérance, la justice et contre tous les fanatismes” a trop souvent des saillies racistes. (Voir sa haine du peuple Juif qui est exprimée dans de nombreuses pages, en des termes franchement grossiers, par exemple)  Si les spécialistes ” distillent avec modération pour le public quelques Extraits ou Morceaux choisis par eux”, c’est d’une part que le public n’a rien à fiche des oeuvres intégrales de Voltaire, à l’époque de l’Education Nationale, de la Télévision, du Football, et peut être aussi parce que certaines phrases pourraient choquer le dit public.

D’ailleurs, il n’y a pas que des extraits qui soient proposés au public. Il n’est pas vrai non plus de dire que Voltaire n’est pas réédité. Même de Maistre a été récemment réédité. Alors dans un pays déchristianisé, il serait bien improbable que Voltaire ne le soit pas. En parlant d’édition, Marc Dem remarque avec à propos que ce qui a favorisé l’essor du mouvement des Lumières, c’est l’impossibilité pour les auteurs qui allaient à l’encontre de ce courant de pensée, de se faire éditer, de percer dans les milieux mondains, etc. De Fréron, il ne reste plus dans l’inconscient collectif que le souvenir de la méchante épitaphe que lui composât Voltaire. ( Faut-il rappeler d’ailleurs que le mot composer est ici mal placé, puisque le patriarche de Ferney n’a fait que recopier en la modifiant quelque peu ce quatrain de l’Anthologie grecque ?)

On  ne peut pas dire non plus que Voltaire est ” relégué dans les bibliothèques universitaires”. Qui se souvient un peu de la bibliothèque de son lycée laïque, a vu que l’on avait le plus souvent accès à une bonne dizaine de titres de cet auteur : les contes  philosophiques, les lettres philosophiques, le dictionnaire philosophique sont à la portée du moindre décervelé de seize ans environ. En revanche, qui se souvient avoir vu  Bossuet, ou  Cortes, ou de Maistre ? Un peu d’honnêteté ne fait pas de mal de temps en temps, même et surtout si l’on est un disciple de Voltaire.

Pour terminer, pourquoi pas profiter de l’occasion pour faire un peu de publicité à Xavier Martin, auteur du remarquable ” Voltaire méconnu” ?  Le sous titre de l’ouvrage est : « aspect caché de l’humanisme des Lumières ». Tout un programme. 

Permalien Laisser un commentaire

Un peu de sociologie…

14-08 at 2:39 (France actuelle)

Dans « Diagnostics », Gustave Thibon se lance dans ce qu’on appelle désormais la Sociologie. Plusieurs points sont abordés, qui font l’objet chacun d’un article, tous écrits entre 1936 et 1939.

Parmi ceux-ci, il en est un qui retient mon attention en ce moment ; il s’agit de « Travail et loisirs ».

Après avoir dénoncé le « travail inorganique, inhumain » du prolétaire, le philosophe paysan se lance à l’assaut du matérialisme désolant des socialistes de tout poil (des rouges vifs aux plus décolorés), qui n’ont rien d’autre qu’une solution financière à proposer pour combler la souffrance des ouvriers :

« Les socialistes proposent, comme remède à la crise ouvrière, une plus juste répartition des gains, de plus hauts salaires… Comme si le problème ouvrier s’arrêtait là ! Il s’agit plutôt d’une refonte totale des conditions premières du travail industriel, il s’agit de supprimer le travail inhumain, le travail sans forme et sans âme : la « grande usine », le travail « à la chaîne », la spécialisation outrée, etc., toutes choses que l’étatisme socialiste ne peut que porter à leur suprême et mortelle expression. »

Comme toujours, un exemple suit, qui précise la pensée de l’auteur :

« L’artisan de village qui fabrique des objets complets et traite avec une clientèle vivante est infiniment plus heureux et satisfait que l’ouvrier d’usine, avec un standard de vie bien inférieur à celui de ce dernier. »

Puis, partant du principe suivant : « Travail et loisir sont les deux phases d’un même rythme : la perturbation d’une de ces phases entraîne fatalement chez l’autre une perturbation correspondante. », il est normal d’en arriver à des déductions comme celles-ci :

« L’homme voué à un travail malsain, est voué aussi au loisir malsain. […] On ne remédie pas aux mots issus d’un travail inhumain en augmentant le bien être économique du travailleur, on risque au contraire d’aggraver son ennui et sa déchéance. […] Un travail sans âme : ce mélange abrutissant de tension et de monotonie qui le caractérise rejaillit sur le loisir, -il prédispose à la débauche, c’est-à-dire à des plaisirs inhumains et artificiels comme lui. Les joies qui peuplent le repos des travailleurs deviennent ainsi quelque chose de tendu et de factice- une sorte de travail de seconde zone qui, loin de détendre l’âme et le corps, augmente leur fatigue et leur intoxication. […]

Suit un remarquable aphorisme, un de ces aphorismes que Gabriel Marcel appréciait tant chez Gustave Thibon : 

« Celui qui, en effet, ne trouve pas de joie dans son travail, trouvera du travail dans sa joie. Le travail forcé à pour corollaire le plaisir forcé. »

Bref, il s’agit donc comme remède à l’infirmité dénoncée, « d’humaniser le travail », mais pas de n’importe quelle façon :

« Quand je dis humaniser le travail, je ne veux pas dire le rendre nécessairement plus facile et mieux rémunéré, je veux dire avant tout le rendre plus sain. Il y a une vie dure et difficile qui est humaine : celle du paysan, du pasteur, du soldat, de l’ancien artisan villageois… ; il y a aussi une vie molle et facile, qui est inhumaine et qui engendre la corruption, la tristesse et l’éternelle révolte de l’être qui ne joue aucun rôle vivant dans la cité : celle par exemple de l’ouvrier standard au temps des hauts salaires, du bureaucrate amorphe et bien payé, etc. 

Voilà, me semble-t’il, un article qui à lui seul suffit à justifier ces phrases élogieuses de Marcel De Corte à propos de la sociologie de Gustave Thibon (qui bien sur ne se résume pas à cet article, ni même au livre dont il est extrait) :

« Il est difficile de ramasser en quelques pages la pensée sociale de Gustave Thibon. Ce n’est pas un chèque qui se révèle sans provision, comme chez tant d’utopistes. Ce n’est pas non plus un billet commode et maniable, établi sur une certaine encaisse-or, mais qui résiste mal au souffle orageux de l’inflation, comme chez tant de penseurs » abstraits » . Ce n’est pas même un trésor immobile et lourd. C’est la terre et le ciel, la nature et le surnaturel, les réalités humaines et divines de la vie quotidienne, l’impalpable présence de l’air que nous respirons, la communion directe avec l’univers et avec Dieu, la jouissance immédiate de biens réels, qui symboliseraient le mieux, cette pensée.Gustave Thibon n’est pas un sociologue qui pense par éléments interposés: livres, calculs, statistiques, idéologies, doctrines, spéculations, etc… Il vit une expérience sociale jusqu’à sa racine même ; et il en fait éclore, avec un prodigieux talent de psychologue et de poète, les fleurs capables de se nouer en fruits. Quiconque a lu Gustave Thibon éprouve un sentiment profond de délivrance et de nourriture substantielle. Enfin, voilà un auteur qui nous met en relation avec des hommes vivants, en chair et en os – pour autant qu’il en subsiste encore –, et non avec des créatures désincarnées, surgies du rêve ou de «l’idéal » Voilà un sociologue d’une espèce rarissime et peut-être unique qui, par son seul rayonnement, réveille en nous une authentique expérience sociale engourdie et capable à son tour de donner ses fruits. »

Permalien 3 commentaires