Les saints et les anges

12-05 at 5:30 (Apologétique, Crise de l'Eglise, Heurs et malheurs, Hispanophilie, Histoire, Lectures, Théologie)

Ding, dong, ding ! [Harmonieux sons de cloches couronnant la fidélité des paroissiens à leur sortie de la messe dominicale]

- Ah ! Quel admirable sermon, que nous a offert monsieur le curé !

- Quel enthousiasme ! Bonjour madame !

- Oui, bonjour, pardonnez-moi, je suis encore un peu émue. Vous avez bien entendu le sermon ?

- Hélas, madame.

- Ah, ne me dites pas que vous êtes de méchante humeur ! Et par ce beau temps, encore !

- Le refrain de monsieur le curé, qui voudrait que les fidèles se nourrissent de la lecture de la Bible me laisse un peu pantois, je vous l’avoue.

- Encore un peu, et vous allez comme d’ordinaire, me répéter que monsieur le curé est protestant !

- Tout juste, madame. La tendance actuelle attache à la lecture de la Bible une si grande importance est sans doute plus conforme aux mœurs protestantes qu’à l’esprit catholique.

- Oh, que vous êtes rabat-joie ! Vous êtes d’ailleurs mauvais prédicateur, et vous n’avez pas de références.

- J’en ai au moins une. Dans Les soirées de Saint Pétersbourg, Joseph de Maistre a eu un mot qui selon moi compte parmi ses meilleurs. « Ce n’est point la lecture, mais l’enseignement de l’Ecriture Sainte qui est utile ». Mais ni vous ni surtout monsieur le curé, ne lisez de Maistre.

- Non. Il est surement aussi rabat-joie que vous. Ne le prenez pas mal, je suis trop vive, je sais bien… de Maistre dites-vous… Si, j’ai lu les Considérations sur la France, je crois.

- Permettez que je revienne à notre sujet, car j’ai eu tout le loisir de réfléchir à la question durant l’Offertoire, que Dieu me pardonne !

Joseph de Maistre a écrit dans le même paragraphe que la phrase que je vous citais à l’instant, cet axiome fondamental : « Lue sans notes et sans explications, l’Ecriture Sainte est un poison ».

- Oh !

- Ne vous méprenez pas sur les intentions de ce véritable génie du christianisme. (Pardonnez-moi cette pique envers Chateaubriand, que vous adulez, je sais). L’Ecriture Sainte est évidemment la parole de Dieu, comme l’a rappelé monsieur le curé, et comme telle, le catholicisme en a fait la base de sa doctrine.

- Tout de même.

- Bien sûr. L’esprit catholique est éminemment attaché à l’Ecriture. Il s’attache donc, comme le dit de Maistre, à l’enseignement des Evangiles.

- Vous voyez bien.

- Rendez vous compte, madame, du problème que je vais vous exposez immédiatement. Où trouvez vous la garantie de ce que le fidèle qui lira la Bible avec les meilleures intentions, sera capable de tirer de sa lecture la même doctrine que celle des Pères ? Il faudrait supposer notre lecteur à la fois théologien et philosophe, linguiste et historien. Ce qui demeure possible, bien entendu, mais vous conviendrez qu’un homme doué de telles capacités et d’un tel savoir, ne se rencontre pas tous les jours. L’Eglise au Moyen Age, n’avait donc pas tort d’interdire la lecture de la Bible au vulgaire.

- Linguiste ?

- Oui. Sans parler de la bible retraduite par les apôtres de l’église d’œcuméniste, la TOB *, ou autres falsifications honteuses, reconnaissez qu’un texte passé de l’hébreu au grec, du grec au latin, et du latin au français, a sans doute perdu de sa saveur. Il me semble d’ailleurs que ce n’est pas un hasard si les juifs convertis au catholicisme par la grâce de Dieu, ont fait d’admirables exégètes.

- Si je comprends bien votre pensée, seule incomberait aux prêtres instruits de théologie et de quelques autres disciplines complémentaires la lecture de la Bible ?

- Non. Notez que c’est une tendance récente de vouloir réserver l’enseignement de la théologie aux seuls prêtres. La méthode scolastique d’enseignement le dispensait également aux laïcs. Cela avait le mérite de faire des hommes instruits de leur religion, et d’éviter un cléricalisme aussi stupide que désastreux.

Lorsque je parle d’hommes instruits, je ne pense pas seulement au clergé. J’ai pu lire des exégètes fameux qui n’avaient pas fait de séminaire.

- Mais que dites-vous à la fin de ces quelques histoires édifiantes, où des forçats, des infidèles quelconques trouvent Dieu par la lecture d’un récit évangélique. Monsieur le curé a rappelé aujourd’hui cette histoire de la vie de saint Vincent de Paul !

- Vous abordez en une phrase, plusieurs points que je me dois de relever. Je ne crois pas que l’Eglise ait jamais modéré la lecture des Evangiles. Et de fait, il est plus simple de tirer une leçon de morale des Evangiles, que de l’Ancien Testament. La lecture de l’évangile est propice à toucher les cœurs. Ce galérien est un bon exemple en faveur de cette dernière affirmation.

Mais je crois que l’on en peut ériger ce cas particulier en idéal applicable à tous. Comme on dit joliment en Espagne, Catolico ignorante, seguro protestante. C’est dire que l’assise de notre foi est bien d’essence intellectuelle, et non sentimentale, même si chronologiquement, le cœur a prédominance sur la raison dans ce qui nous donne la Foi.

- Vous êtes confus. Où voulez-vous en venir ?

- A ceci : la lecture des Evangiles est assurément une chose saine, mais il ne faut pas non plus s’imaginer que c’est une méthode massive de conversion que de faire lire ces pages admirables aux infidèles.

- Je vous entends. Mais nous nous sommes un peu écartés de notre sujet, il me semble.

- Ma proposition est celle-ci : qu’un catholique absolument ignorant de théologie ferait mieux de lire La Chaîne d’Or, de saint Thomas que les Ecritures sans commentaires. Un catholique doit préférer le jugement orthodoxe des Pères de l’Eglise avec tout leur savoir, que le sien propre.

- Avec un tel raisonnement, jamais on ne remet en cause le jugement des Pères. Où est le progrès ?

- L’histoire de l’Eglise vous montrera facilement que les exégètes ou théologiens ont souvent disputé certaines questions importantes qui divisaient l’Eglise. Les divergences doctrinales et d’interprétation de l’Ecriture Sainte ont alors fait l’objet d’études serrées de la part de l’Eglise. Si un Père se trompe, sa proposition est écartée, et les dogmes catholiques sont approfondis : voilà le progrès appliqué aux choses divines. Ce progrès qui consiste à mettre en lumière la Vérité, afin qu’elle ne reste pas sous le boisseau, et à approfondir les questions théologiques. Et non pas à remettre en question toute proposition pour le plaisir, pensant que la vérité est sujette à changement, ou qu’elle n’est pas conservée par le magistère romain. Catholicisme et progressisme ne vivent pas en ménage.

C’est pour le coup que nous nous sommes écartés de notre sujet, et celui dans lequel nous versons à présent est vaste…

Ding, dong, ding ! [Harmonieux sons de cloches couvrant les voix des paroissiens]

* Traduction Œcuménique de la Bible. Authentique, malheureusement.

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Rationalisme et catholicisme

10-05 at 5:57 (Apologétique, Crise de l'Eglise, Heurs et malheurs, Hispanophilie, Histoire, Lectures, Philosophie, Théologie)

Omnia restaurare in Christo.

L’action du rationalisme fils légitime du cartésianisme, c’est la séparation. Il s’oppose au système catholique sur deux points essentiels : il sépare la foi de la raison d’une part, et la théologie des sciences, d’autre part.

La foi catholique

Le refus de l’induction conduit Descartes et ses suivants à affirmer l’omnipotence de la raison, et surtout, exprime un refus du mystère. Le catholique prend l’option contraire, il se sait infirme de par sa condition humaine, et accepte le mystère. C’est dans ce sens qu’il faut entendre l’affirmation de Pascal, dans les Pensées, lorsqu’il affirme que l’obscurité est un signe de véracité (Affirmation raillé par Voltaire dans la dernière de ses Lettres philosophiques, dans laquelle on pourra apercevoir à plusieurs reprise la mauvaise foi de leur auteur, parmi quelques réflexions pertinentes). C’est à dire que la vérité théologique est un mystère insondable pour l’intelligence, et dès lors, il vaut rejeter un système qui se veut la clarté absolue.

La foi est évidemment une adhésion du cœur, ce qui lui donne ce côté mystérieux que lui reconnaît tout chrétien et que raille tout infidèle, mais ce n’est pas seulement cette adhésion sentimentale qui caractérise la foi catholique. “La foi ne va pas contre de la raison”, c’est à peu près la seule phrase qu’un catholique arrive à proférer face au monde contemporain qui lui crie à chaque instant que sa foi est folie. C’est une vérité qui ne doit pas faire penser à notre catholique que sa foi n’est qu’un sentiment qui ne va pas contre la raison, car non seulement la foi ne va pas contre la raison, mais la foi est raisonnable. Qui a la foi ? L’homme qui s’est rendu aux raisons de croire, Credo ut intelligam.

Il faut donc s’attacher à ne pas séparer la raison de la foi, comme le font les rationalistes. Que l’on affirme la possibilité de la raison humaine de comprendre parfaitement les vérités surnaturelles, ou que l’on affirme que la raison est parfaitement étrangère à toutes choses qui la dépassent, on ne fait que consommer le divorce entre la foi et la raison.

La foi est rationnelle car elle est, au même titre que la loi de la gravité, une adhésion de l’intelligence à ce qui est, pour reprendre la formule aristotélicienne.

L’homme qui ne croit pas est incrédule, et cet autre qui croit sans raison est crédule, on est là dans l’ordre naturel. Or, la foi est d’une autre essence que de celle qui fait la crédulité et l’incrédulité. Elle est surnaturelle. Et penser que la Raison peut tout comprendre, dans le domaine de la foi, c’est affirmer que la foi n’est doctrine naturaliste de plus. C’est lui ôter en fin de compte, son caractère surnaturel.

Les rationalistes posent un acte de foi en ce qui concerne l’omnipotence de la raison humaine, pourrait-on dire. Mais du point de vue de la théologie, cette formulation est impropre, car l’acte de foi en question est d’essence naturelle. Mieux vaut dire que les rationalistes sont des naïfs, des crédules exactement et préciser que sur ce point précis, ils dépassent en sottise le rationalisme antique qui lui au moins n’a jamais postulé une telle fable. Un Socrate a même pu exprimer le contraire, si bien que l’on peut affirmer que dans le camp des rationalistes, la contradiction règne, et que nous pourrions nous borner à regarder leurs éloquences s’entredévorer sans même avoir à rappeler la doctrine de l’Eglise, s’il ne s’agissait là que d’une lutte purement intellectuelle, si le salut des âmes n’était pas en jeu.

[Laisser aux rationalistes leur foi concernant l'omnipotence de la raison. Laisser aussi la foi en l'impuissance totale de la raison à ceux qui veulent sombrer dans la crédulité. Rester sur la corde raide de l'équilibre. Préférer encore la sagesse à la raison et aux fables. Etre puis demeurer catholique.]

La philosophie catholique

La foi est le commencement de la vie chrétienne, et le point de départ de la philosophie catholique. Humanae salutis initium, fondamentum et radix omnis justificationis. Salut initial de l’homme, selon les Ecritures, fondement et racine de toute argumentation.

La notion d’impuissance de la raison est le postulat initial de la philosophie catholique. Ce postulat ne fait que se souvenir de ces paroles du Christ “prenez garde que votre lumière intérieure ne soit ténèbres” (Evangile selon saint Luc, XI, 35), ou de celles de Saint Paul, qui ne connait que Jésus crucifié. Résolument, le catholique affirme que tout nous crie et la raison plus fort que tout le reste, que la raison ne suffit pas. Comment pourrait-il prétendre le contraire, quand l’histoire de la philosophie toute entière prouve bien l’insuffisance et la folie de la raison humaine.

Il faut croire Chesterton lorsqu’il affirme qu’un fou est celui qui a tout perdu sauf la raison. En vérité, rien n’est plus déraisonnable que la raison humaine, sans l’itinéraire de la foi catholique, dans le domaine théologique et sans connaissance de ses limites dans le domaine de la philosophie.

C’est à se demander avec Donoso-Cortès, si le monde se jette dans le rationalisme, par goût pour les ténèbres, par amour de l’absurde. Car une chose est certaine, l’homme ne peut sortir des obscurités du dogme catholique sans se condamner à vivre dans une obscurité encore plus profonde (Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme).

Joseph de Maistre appelle le scepticisme, dissolvant universel, et Aubry note que le refus de l’induction est tout simplement une forme de scepticisme. C’est dire la radicalité de la différence l’esprit catholique, et l’esprit cartésien, de Maistre abhorrant ce que Descartes érige comme méthode absolue de recherche de vérité. Or la philosophie catholique se sait une science subordonnée. Elle affirme ce qui se prouve par ce qui ne se prouve pas, c’est à dire qu’elle accepte l’induction, c’est déjà dire, la subordination à la théologie.

Il ne peut y avoir deux vérités, l’une théologique et l’autre philosophique qui se contredise entre elles, c’est le gros du discours de Llull face à Averroès, qui soutenait le contraire. La vérité est une, et découle dans toute son unité de la théologie, qui est donc la science mère de toutes les autres. Le surnaturel est universel.

Pourquoi enfin, peut-on dire qu’une affirmation philosophique ou théologique est vraie ? La cause première de cette véracité est dans l’autorité de l’Eglise. Parce que l’Eglise nous l’enseigne, nous pouvons garantir la véracité d’une proposition philosophique ou théologique, parce que nous sommes convaincus de la nécessité de la Révélation, parce que nous croyons que Jésus Christ est Dieu qui nous a apporté cette Révélation, parce que l’Eglise est la Sienne et que tout ce qu’affirme le magistère romain est marqué du sceau du Saint-Esprit.

Apologétique

“Je remarque toujours que les apôtres -dans les discours cités aux Actes et dans les Epîtres- pour introduire la vérité révélée dans l’esprit de leurs auditeurs, ne la font pas précéder de cette longue préface ou échelle de raisonnement humains, qui d’après beaucoup de nos écrivains et de nos prêtres, instruits mais cartésiens, doit précéder et préparer la théologie, la Révélation.

La prédication des Pères et des grands missionnaires qui ont prêché devant des infidèles et même des incrédules procède t’elle de la même façon ? Je ne le crois pas, mais il me semble qu’ils tout droit et sans préambule, par l’affirmation de Jésus crucifié et par la Rédemption. On dira que c’est absurde, et que l’incrédule niant même les faits sur lesquels on s’appuie et les premières vérités révélées, vous trouvera illogique, arbitraire, et ne vous écoutera pas. Et pourtant, c’est ainsi, il me semble, qu’ont procédé les apôtres, même Saint Paul devant l’Aréopage ; ils vous jettent tout de suite dans la révélation, sauf à revenir ensuite sur la philosophie et la préparation apologétique du christianisme, qui d’ailleurs, est toujours sous-entendue.”

Abbé Jean-Baptiste Aubry, Etudes sur le Christianisme.

C’est un travers courant (que n’a pas manqué de souligner Aubry) chez certains apologistes de partir constamment du naturel pour remonter jusqu’au surnaturel, et ils n’ont rien à envier sur ce point aux rationalistes. Une théologie qui explique le naturel à partir du surnaturel semble désormais l’œuvre de fanatiques extrémistes. Il est logique qu’un tel principe n’ait mené qu’au désarroi intellectuel, pour reprendre les mots d’Aubry, puisque tout n’y est jugé qu’à travers le prisme naturaliste, et par conséquent, est vidé de son âme. Le théologien qui explique le naturel par le surnaturel fait quelque chose de plus grand que de simplement l’expliquer, il lui donne un sens, ce qu’un pur syllogisme naturaliste ne pourra au mieux que caricaturer.

Le raisonnement cartésien, malheureusement entré dans les intelligences les plus chrétiennes, n’a jamais formé que des rationalistes, et jamais des chrétiens. Comment pourrait-on donc une fois cette première affirmation confirmée par l’expérience, justifier l’emploi abusif qui est fait de ce raisonnement absurde? Une foi solide pourra trouver à douter dans un raisonnement cartésien, même formuler dans le but pieux de confirmer les dogmes établis par l’Eglise.

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Cartésianisme et rationalisme

8-05 at 6:32 (Apologétique, Crise de l'Eglise, Heurs et malheurs, Lectures, Philosophie, Théologie)

Avant de rappeler le louable travail des néo-scolastiques de prouver la pertinence de la philosophie catholique face au cartésianisme, il faut bien signifier à quel point le cartésianisme est une philosophie subversive, dans son essence. C’est en effet un esprit négatif qui anime Descartes, que ce soit lorsqu’il s’assoit dans son fauteuil et décide qu’avant lui l’esprit humain a toujours été égaré, s’est toujours trompé, ou lorsqu’il entreprend aimablement de faire don de son intelligence au genre humain stupide et trompé, et de lui livrer un système philosophique qu’il juge infaillible.

Ce qu’a dit de plus vrai la philosophie cartésienne avait de toute façon déjà été dit avant par les scolastiques ou par les anciens, c’est-à-dire que même si le système a pu produire parfois de belles pages, jamais il n’a été novateur, ni plus pertinent que la scolastique ou les anciens grecs. La différence notable d’avec la scolastique restant de toute façon que les chantres cartésiens ou rationalistes prouvent par l’absurde ce que la scolastique avait brillamment démontré par la logique. Oui, le raisonnement cartésien est un raisonnement par l’absurde. Non pas que cela ne soit jamais d’aucune utilité, mais que l’idée est pernicieuse de vouloir bâtir un système philosophique sur un tel principe.

Parce qu’il refuse l’induction, Descartes est pyrrhonien. J’émets toutefois une petite réserve à ce jugement. Certes, Descartes refuse d’affirmer ce qui se prouve par ce qui ne se prouve pas, dans l’ordre général, mais justement, pour éviter l’induction, il faut qu’il cède à un principe infondé, celui de toute puissance de la raison. La grande différence, c’est que l’induction est hors de l’homme, tandis que le pyrrhonisme cartésien est exclusivement fondé sur l’homme.

Et quant aux fruits pratiques du cartésianisme, les voici : le désordre et le désarroi. Le désordre dans les matières objets d’études, le désarroi dans les esprits étudiants. Le grand effort de synthèse des scolastiques est balayé, les siècles de philosophie chrétienne sont passés à la trappe, la classification est abolie. Car tout est désormais soumis à l’arbitraire humain. Voici un penseur rationaliste sagace qui écrit des lignes pertinentes : il ne fait que répéter ce que d’autres ont dit avant lui. En voilà un autre à l’esprit moins avantagé : il passe à côté de l’essentiel, et il n’est même pas sûr qu’il pourra s’en rendre compte. Le désarroi guette donc les âmes de toutes qualités, au vu de l’immensité de l’effort à fournir pour réinventer chaque jour la philosophie, constatant l’ampleur du projet sans pouvoir jamais parvenir à la conviction de son utilité d’une part, et de sa réussite, d’autre part.

***

Lorsque l’on dit le XIIème siècle cartésien, c’est signifier que les productions intellectuelles de cette époque sont entachées du cartésianisme, non pas seulement en ce qu’elles sont toutes ses filles légitimes, mais que même les réactions au cartésianisme n’arrivent pas à se détacher du système de pensée cartésien, même si elles vont à l’encontre de certains points secondaires de la doctrine en question. J’appellerais bien ces productions filles illégitimes du cartésianisme.

A cette époque, certains hommes d’Eglise ont pu être séduits par la méthode cartésienne (Malebranche, par exemple), et il semble que l’Eglise ne se soit pas rendu immédiatement compte de l’assaut particulièrement bien cadré que cette doctrine livrait à la philosophie et à la théologie catholique. On trouve l’influence des écrits de Descartes jusque chez Bossuet, pourtant animé d’une grande foi, même si le prédicateur a pu se rendre compte du problème comme on peut le constater dans sa correspondance (Cité dans les Etudes philosophiques, d’Auguste Nicolas). Le XVII ème siècle voit donc pléthore de grands esprits imbus des idées de Descartes. Mais d’autres ont vécu à la même époque, qui ne partageaient pas le même enthousiasme. Pascal est de cette dernière catégorie, et s’est attaché à bien signifier l’impuissance de la Raison dans la philosophie. Il ne faisait là que suivre à la fois la sagesse des Anciens (Socrate), que chaque page de philosophie ne fait qu’élargir l’ignorance de l’homme, et l’enseignement de notre mère l’Eglise, qui affirme la nécessité de la Révélation. Maintenant je pose la question : Pascal n’a-t-il pas exagéré cette impuissance relative, en l’érigeant en impuissance totale ? Je ne prendrais qu’un exemple connu, celui du fameux pari, pour appuyer ma proposition. En effet, gager que Dieu existe, c’est-à-dire s’en remettre au hasard, c’est bien affirmer que la raison est incapable d’arriver à la conclusion de l’existence de Dieu, ou bien c’est une dernière tentative volontariste de convaincre un incrédule (bien maladroite).

***

On attribue avec raison la paternité du rationalisme moderne à René Descartes (Le titre de père de la philosophie moderne lui a été decerné par Locke, je crois). Le doute méthodique, qu’il postule dans son célèbre Discours sur la méthode est à l’origine de la philosophie moderne. Lorsque les modernes usent de ce que Aubry appelle la théorie de l’isolement, à savoir qu’ils croient exprimer une philosophie parfaite en l’isolant parfaitement de la théologie, ils ne font autre chose que d’imiter Descartes dissolvant la Révélation dans le doute universel. Aubry dit bien que le postulat rationaliste implique que la philosophie soit sans cesse à repenser, et là encore, chaque penseur qui se livrera à cet exercice constant ne fera qu’imiter Descartes doutant de tout ce qui a été discuté avant lui.

Je remarque toutefois une légère différence entre les cartésiens purs et durs, et les rationalistes modernes, une différence qui n’est pas fondamentale d’ailleurs, qui tient plus à l’influence de l’époque et aux différences des caractères individuels. Descartes était de foi catholique, ce qui explique sans doute en bonne partie son côté positif, affirmatif, et sa foi a été un rempart (exactement comme chez Malebranche) à toutes les dérives possibles du système qu’il avait jeté sur papier. Descartes prêche donc l’omnipotence de la raison, son Credo est celui-ci : il n’y a rien qui ne puisse être démontré. Les rationalistes modernes eux (un Jean Paul Sartre, notamment), sont plus négatifs. La foi naïve en la raison humaine des cartésiens au fond les révulse presque autant que la foi catholique, sans qu’ils se l’avouent toujours (et pour cause, ils doivent toutes leurs pages à cette naïveté). On touche là au caractère très nihiliste de la philosophie contemporaine, qui ne vit que de négation, et qui n’aura même pas de postérité.

Le rationalisme moderne a un précédent dans le rationalisme antique. De sorte qu’il est marqué du double sceau du paganisme et de la régression. Les rationalistes ruinent l’édifice catholique et surestiment par là les écrits des anciens païens, qui ne sont plus considérés comme l’exercice impuissant de la raison naturelle. Si le naturalisme antique est une norme pour les rationalistes, notons outre le mépris de la Révélation, le caractère rétrograde des constructions intellectuelles qu’un tel état d’esprit a engendré et continue d’engendrer depuis Descartes. Le rationalisme païen s’asseyait sur la révélation primitive, et le rationalisme moderne, sur la Révélation et l’enseignement de l’Eglise.

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Bribes de philosophie catholique

26-04 at 5:59 (Apologétique, Arabisme, Crise de l'Eglise, France actuelle, Heurs et malheurs, Hispanophilie, Histoire, Lectures, Philosophie) (, , , , , , )

Le catholicisme, le rationalisme et la philosophie politique.

Nemo sapiens nisi fidelis.

Le rationalisme c’est la frénésie de la séparation. Le rationalisme sépare la foi de la raison, la théologie de la philosophie. Loin de considérer que la théologie est mère de la philosophie, il affirme que l’on ne peut véritablement philosopher qu’une fois mise de côté la théologie. La philosophie politique dans le système rationaliste, n’est plus une déduction pratique dans le domaine philosophique de vérités théologiques, mais la découverte par l’exercice de la raison humaine ramenée au naturalisme de principes politiques généraux en adéquation ou non avec les vérités théologiques. Selon ce que notre rationaliste est catholique ou non, selon ce qu’il a un penchant conservateur ou non, les résultats, on le devine, sont en adéquation ou non avec la vérité théologique. Le subjectivisme est la norme de ce système.

Mettons que Descartes soit le premier rationaliste moderne. Il est de toute façon “le père de la philosophie moderne”, selon la formule de Locke, et cela en dit assez long il me semble.

Ramon Llull, qui condamnait l’averroïsme en faisant parler dame philosophie : “que d’erreurs Averroès me fait dire, lui qui prétend que je peux déterminer une vérité qui soit fausse théologiquement, quand je ne suis que la servante de dame théologie !”, ne faisait rien d’autre que d’attaquer le rationalisme, car pour en arriver à dire que la vérité théologique et la vérité philosophiques peuvent être doubles, c’est à dire que ce qui est vrai pour l’une peut être faux pour l’autre, il faut avoir irrémédiablement séparé les deux matières au préalable. A l’inverse du rationalisme, le système catholique est un système hiérarchisé et ordonné. Non seulement les sciences ne peuvent aller à l’encontre de la théologie, mais encore, elle découlent directement de la théologie.

La philosophie est la science complémentaire de la théologie, et la philosophie politique , une branche de cette vaste science.

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L’anti-thèse du rationalisme, c’est le catholicisme. Et c’est parce que la scolastique est une philosophie catholique qu’elle est un adversaire du rationalisme. Mais il n’y a pas que chez Saint Thomas que l’on trouvera une réfutation du rationalisme païen antique ou païen moderne : dans De utilitate credendi, Saint Augustin ne laisse pas pierre sur pierre de leur système, en attaquant l’hérésie manichéenne.

Quant aux néo-scolastiques, du XIXème siècle, ils méritent leur nom puisqu’ils sont véritablement les héritiers de la scolastique du Moyen Age, mais leurs pages incorporent aussi une solide réfutation des erreurs modernes. Par conséquent, il faut bien considérer que leurs écrits ajoutent à la synthèse catholique, et ne se contentent pas de suivre un lointain exemple.

Il faut parler de philosophie catholique, et ne pas tenir la philosophie scolastique comme seule philosophie catholique. Beaucoup des Pères de l’Eglise ont vécu avant le Moyen Age, et on peut parfaitement imaginer plus tard un courant nouveau qui surgira des entrailles de l’Eglise, qui ne s’appellera pas scolastique ni néo-scolastique, tout en étant aussi orthodoxe. La philosophie scolastique est particulièrement honorable, vu qu’elle a su se maintenir contre vents et marées, c’est à dire qu’elle demeure d’un grand secours contre toutes les bêtises actuelles.

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Le rationalisme moderne a un précédent dans le rationalisme antique. De sorte qu’il est marqué du double sceau du paganisme et de la régression. Les rationalistes ruinent l’édifice catholique et surestiment par là les écrits des anciens païens, qui ne sont plus considérés comme l’exercice impuissant de la raison naturelle. Si le naturalisme antique est une norme pour les rationalistes, notons outre le mépris de la Révélation, le caractère rétrograde des constructions intellectuelles qu’un tel état d’esprit a engendré et continue d’engendrer depuis Descartes.

Aubry note à juste titre dans ses Etudes sur la foi :”Le rationalisme est une racine de paganisme, car c’est l’homme déchu en révolte contre le principe surnaturel de la foi et refusant au nom de la raison, d’accepter la parole de Dieu révélée.”

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Dans un texte bien moins connu que L’avenir de l’intelligence ou Mes idées politiques, Maurras nous parle de son admiration pour la philosophie positiviste, sous le titre sobre d’Auguste Comte. Et c’est de lui-même qui parle lorsqu’il évoque la personnalité de Charles Jundzill, cet homme qui a perdu la foi de ses pères, et qui rêve comme Comte de réorganiser la société : “Il ne croyait plus, et de là venait son souci. On emploierait un langage bien inexact si l’on disait que Dieu lui manquait. Non seulement Dieu ne manquait pas à son esprit, mais son esprit sentait, si l’on peut s’exprimer ainsi, un besoin rigoureux de manquer de Dieu : aucune interprétation théologique du monde et de l’homme lui était supportable”. Autrement dit, le positivisme est un rationalisme.

Le chrétien se demande donc immédiatement, en lisant les idées de Jundzill, de Comte ou les lignes admiratrices de Maurras, de quel ordre peut-il bien s’agir lorsque ces braves gens parlent de réorganiser la cité, puisqu’il sait bien qu’il ne peut y avoir d’ordre hors de Dieu. De même lorsqu’ils s’inquiètent du maintien de la morale. La morale sans Dieu mérite t’elle cette appellation ou conformisme ne serait-il pas plus adapté ? (Et de noter la contradiction de la part des positivistes de vouloir à la fois se séparer des kantiens démocrates, et de retomber dans leur pattes, ne sachant rien proposer d’autre que la morale kantienne. Mais comment le pourraient-ils, ayant évacué la théologie ?) Le projet de Comte, de réorganiser sans Dieu ni roi (lisez : roi de droit divin, et ne cherchez plus pourquoi Maurras a pris parti pour les d’Orléans.) n’a en commun avec le programme chrétien de tout restaurer dans le Christ que certains points matériels de finalité. Le chrétien souhaite tout comme le positiviste que la société se tienne, et que la morale soit respectée, mais les convergences s’arrêtent-là. Les divergences sont celles du système, des principes, des points autrement plus importants.

La bêtise de Comte ira jusqu’à recréer un Dieu, un Dieu impersonnel, le Grand-Etre, qui n’est rien de plus que l’Humanité. Une chaîne horizontale. Une caricature de Dieu. La boucle est bouclée.

Le mal que Maurras ou ses semblables ont fait à la philosophie politique est aussi grand que celui d’un Jean Jacques Rousseau. Le suisse a perturbé les cœurs, quand Maurras lui, a désaxé les intelligences. L’habitude a été prise durablement de considérer la philosophie politique comme indépendante de la théologie, à tel point que le réactionnaire vulgaire ne cherche plus l’avis de notre mère l’Église sur tel et tel point mais ne se fie qu’à sa raison pour le servir en syllogismes qui répondront à ses questions. Il ne se souvient qu’il est catholique qu’une fois l’essentiel de sa recherche terminée. Alors, il compare ses déductions avec celles de la Sainte Église. Oui, seul son cœur est catholique. Son intelligence, elle, est naturaliste, elle fonctionne sans Dieu et sa Parole, tout comme celle de Jundzill. Décrivant le disciple de Comte, Maurras décrit fort bien ces âmes qui, constatant les ravages pratiques exercés par les pages de Rousseau et Kant, ne trouvent à leur opposer qu’un petit cœur sensible, qui ont le bon goût, celui de l’ordre, de la morale, de la société remise sur pied, mais n’ont que cela, ou même parfois, n’ont que le dégoût de l’inverse.

***

Nemo major, nisi christianus.

Il faut lire Donoso-Cortès. Résolument, car c’est un auteur catholique, qui n’hésite pas à consacrer un tiers de son chef d’oeuvre Ensayo sobre el catolicismo, el liberalismo y el socialismo, à exposer la grandeur du catholicisme, quand tout le livre place la doctrine catholique comme le nœud théologique duquel découle toute philosophie politique.

Dans l’Ensayo, donc, il y a un passage d’anthologie, qui reprend le livre de Guizot, Histoire générale de la civilisation en Europe. L’espagnol déplore que le protestant place le christianisme non pas caractère principal des civilisations mais la traite comme un des autres caractères communs de nos civilisations, comme le sont les institutions politiques ou les mœurs, et il condamne ce naturalisme. Et Guizot se défendant d’une telle accusation, voit Nicolas arriver à la rescousse de Donoso-Cortès dans Du protestantisme et de toutes les hérésies. (Nicolas expose longuement sa critique des lignes de Guizot, dont l’expression d’une curieuse intention, celle de créer un front uni de protestants et de catholiques contre le socialisme menaçant).

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Nemo christianus, nisi qui ad finem usque persevaverit. (Tertullien)

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Idéologie du complot

14-04 at 5:01 (Crise de l'Eglise, France actuelle, Heurs et malheurs, Histoire, Lectures)

J’ai été un lecteur de Barruel, et aucune étude récente n’a jamais pu me démontrer l’inanité des écrits du jésuite. La franc-maçonnerie a été un des moteurs de la révolution française, et le principal. Considérer cela, c’est parler du côté technique de la révolution, si l’on veut. Lorsque les prétendus historiens modernes vous affirment avec un aplomb qui n’a d’égal que leur insolence que la franc-maçonnerie n’est pour rien ou presque dans la révolution française, ils passent par dessus des faits avérés. Au nom de leur principe imbécile qui ne prend aucune source en compte, exception de la plus récente, ils en arriveraient à vous affirmer que Rome et sa civilisation est une légende. Passons.

Quoiqu’il en soit, noter l’influence des loges et que s’en tenir là est tout aussi absurde, car la révolution elle ne se définit ni ne s’arrête là. Malheureusement, s’appuyant sur des démonstrations vaguement ordonnées (passons sur le nombre de détails qui clochent, ou les invraisemblances notoires d’ailleurs sans intérêt. Je n’écris pas ces quelques lignes pour démontrer l’authenticité des protocoles des sages de Sion ou au contraire vous livrer la preuve de leur fausseté), on voit de plus en plus de réactionnaires oublier toute autre type d’analyse des faits et des idées. Comme si tout s’expliquait par là : “le complot, voyons , la franc-maçonnerie, les juifs !” . Leur combat aussi, est devenu une traque : savoir qui en est. Certains iront même jusqu’à se dire qu’une fois que le triomphe réside dans la disparition du Grand Orient de France. Je ne doute pas que si l’on étudiait en détail l’histoire de la contre révolution on se rendrait bien vite compte de ce que le nombre d’analystes politiques, de philosophes a baissé sensiblement dans le même temps qui voyait croître les spécialisations d’auteurs autour de la franc-maçonnerie et du sionisme. Les Juan Donoso-Cortès, et les Joseph de Maistre, sont résolument d’un autre siècle.

C’est un peu paradoxal à première vue, car d’un autre côté, je sais bien que l’oubli fortuit ou moins fortuit du rôle des sociétés secrètes dans la révolution, de l’acharnement des loges à mettre en place une politique anti-catholique (ce qui a commencé par l’avènement de la république) qui s’est sans relâche poursuivi depuis ce temps fait le jeu des rationalistes politiques. En effet, ceux qui via le positivisme ou même sans avoir eu l’idée de se rattacher à un système philosophique à peu près cohérent, considèrent la philosophie comme séparée de la théologie trouveront là une aide. La négation pure et simple de tout rôle des loges maçonniques fournit un bonne occasion de plus de penser qu’il n’y a que des erreurs politiques pures, tandis que le réactionnaire authentique sait bien que les erreurs politiques ne sont que la transposition dans le domaine de la théorie et de l’exercice du pouvoir, d’erreurs théologiques, c’est à dire d’hérésies. Elle donne l’illusion aux rationalistes pratiques de penser que le combat se réduit à convaincre tout un chacun de la véracité d’assertions d’essence naturaliste.

Aussi paradoxal le fait que j’ai trouvé la voie dans la pensée d’un agnostique positiviste. Maurras relate dans une petite conversation ses divergences d’opinion, avec un certain monsieur de Lur-Saluces. Deux conceptions différentes du complot :

“Eh bien oui, ma foi, je doute du “plan séculaire” au singulier !… J’aimerais mieux admettre des plans… successifs, concordants, discordants, des plans que les idées, les intérêts et les sentiments préexistants tendraient à faire converger, qui se rejoindraient sur quelques points, mais se contrarieraient sur d’autres comme il arrive. [...] J’ai peine à me représenter un plan directeur assez souple pour prévoir ou suivre un ensemble de situations changeant à l’infini, un plan qui serait capable de correspondre à toutes, comme on l’a tant dit et tant écrit !… Les constructeurs conscients et organisés de cette anticipation, de cette suite d’anticipations gigantesques, qui aurait agencé des siècles comme on agence une maison, qui non contents de concevoir l’application des grandes lois, auraient dû tenir compte aussi des contingences, qui auraient prévu, deviné la naissance de Napoléon, de Bismarck, de Disraëli, ces cervelles magnifiques, architectes infaillibles de l’avenir, mais où sont-elles donc ? [...] Mieux vaut voir les choses telles quelles sont… telles qu’elles vont ! Jeu, action, réaction de causes nombreuses, souvent rivales, tantôt unies à la poursuite du même objet, et tantôt qui s’entre-détruisent. Mais lier tout par le vaste réseau d’une unique conspiration, née de la volonté d’un seul, ou d’un petit nombre ? Je ne pourrai me résigner à supposer cette perfection dans l’artifice humain qu’autant que le plan incliné des passions et des intérêts n’y pourrait suffire. [...]

J’ai une concession, ou mieux, une transaction toute prête ! L’accepterez-vous ? C’est peu de chose pour des yeux d’incroyant, mais comment un croyant s’y déroberait-il ? Votre postulat de “grand plan séculaire” est infirmé selon moi par l’immense puissance de l’esprit du Mal. Mais nous n’avons qu’à donner un nom à cet esprit, passez-moi le mot, à le baptiser ! Disons que c’est le Diable ! Pour doubler mon explication de tout ce qui lui manque à vos yeux, il suffit de supposer le diable présent dans les Loges !”

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De l’herméneutique

3-04 at 5:13 (Crise de l'Eglise, Heurs et malheurs, Lectures, Philosophie)

Herméneutique - “Ne pas s’attacher à la lettre, mais à l’esprit”: Les différentes doctrines protestantes sont toutes arrivées à tuer l’esprit au nom de la lettre, résultat inévitable du principe du libre examen, de la lecture sans retenue des Ecritures, sans se préoccuper des commentaires instruits des pères de l’Eglise, ou de la philosophie de l’Eglise qui en découle, et permet d’expliciter chaque passage avec sagesse.

Il y a en fait deux mauvaises façons de lire les écritures saintes, la première consistant à occulter l’esprit au nom de la lettre, caractéristique des doctrines réformées, quand la seconde prétend défendre un esprit présumé contre la lettre. Cette dernière oeuvre est la base de l’hérméneutique, que nous servent et resservent les théologiens modernes. Je n’ai manifestement pas cet esprit puisque bêtement, je continue de penser que la lettre détermine l’esprit.

Les Ecritures Saintes ne sont plus considérées comme le roc inébranlable sur lesquelles se fondent les dogmes de l’Eglise (“Mes paroles ne passeront point”), mais comme une construction humaine, le sable sur lequel s’est appuyé depuis tant de temps des lois considérées par là comme chimériques. La tentation moderniste trouve là un bel appui, sous couvert d’un voile scientifique, car si l’on doit relativiser et réinterpréter les inspirations divines des évangélistes ou des psalmistes, il paraît logique de soumettre les dogmes en découlant aux variations d’interprétation.

L’herméneutique est en quelque sorte l’appui scientifique du libre examen. Marie Carré note dans J’ai choisi l’unité, le livre qui raconte sa démarche intellectuelle, son retour à l’Eglise catholique :

“Après vingt siècles de christianisme, nous en sommes encore à chercher à comprendre ce que Jésus a bien voulu dire. Cela s’appelle un progrès, cela s’appelle la lumière. “Prenez donc garde, disait notre Seigneur Jésus Christ, que la lumière qui est en vous ne soit ténèbres…” (Lc XI, 35)”

Le nouveau théologien, comme les réformateurs en leur temps prépare le terrain à des constatations de ce genre. L’objectivité de la parole de Dieu disparue, il ne reste plus que l’opinion subjéctive du commentateur humain et le voile hypocrite de l’historicisme dont il se couvre et qui, s’il suffit à donner une certaine légitimité intellectuelle aux yeux du lectorat d’une époque, ne saurait remplacer durablement le seul postulat légitime à partir duquel s’interprètent les Saintes Ecritures.

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Le mal et la tolérance

3-04 at 4:29 (Apologétique, Crise de l'Eglise, Heurs et malheurs, Lectures, Philosophie)

“Avant Jésus-Christ, sous tous rapport, dans l’ordre intellectuel, dans l’ordre moral, le mal régnait. Faites attention au sens du mot régner. Le mal avait conquis le monde et n’avait plus à lutter pour s’y maintenir ; “on ne connaissait pas alors l’intolérance, dit monsieur Nicolas, parce qu’on ne connaissait pas la vérité” ; et c’est parce que le mal n’était pas combattu que je dis : il régnait. Car le combattre, d’une manière ou d’une autre, c’est de l’intolérance, et la tolérance, consistant à permettre le règne du mal, est le premier crime du monde.”

Abbé Jean Baptiste Aubry, Mélanges de philosophie catholique.

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Colombia querida

5-03 at 3:48 (Crise de l'Eglise, Heurs et malheurs, Hispanophilie)

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Les relations se précisent entre les gouvernants du Vénézuela et d’Equateur d’une part, et les Forces armées révolutionnaires de Colombie. On apprend que Chavez a reçu de l’argent des FARC pendant sa captivité après son coup d’état manqué (c’était avant qu’il comprenne que la démocratie est une façon bien plus subtile de faire la révolution). Dans un pays miné par les cartels de traficants de drogue, par les 3 groupes armés de guérilla, et des difficultés économiques relativement fortes, Alvaro uribe s’en tire comme un chef, recueillant peu de suffrages ( la majorité se fout de la Démmmmocratie, et préfère la pêche dans les Caraïbes ou le travail de la terre dans les Andes), mais assuré du soutien du peuple, las des massacres nocturnes, ou de l’endoctrinement.

Là est le drame, dans la durée du conflit, le substrat idéologique a imprégné quelques mentaltés. Aujourd’hui, un bon nombre de colombiens, regardant le passé se rendent compte de la trahison des élites. Les témoignages dans les journaux abondent, allant dans ce sens : quand j’étais petite, le maître d’école faisait venir un guérillero le mercredi, qui après nous avoir demandé si nous étions catholiques, et au vu de notre réponse positive, nous expliquait que Jésus était révolutionnaire, et que pour servir son prochain, il fallait rentrer ou du moins soutenir la guérilla. Complicité des enseignants, mais aussi des prêtres. L’ELN (Ejercito de Liberacion National) a été dirigée par des prêtres Camillo Torres déjà, et Manuel Pérez plus connu sous le nom d”el cura Pérez”.

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Il y a du bon dans cette guerre intestine. L’armée donne un idéal aux jeunes gens et le conflit donne un rôle à l’armée, deux choses qui se font rares de nos jours. Ajoutons que le tourisme de masse ne défigure pas le pays on va pas aller là-bas c’est la guerre, faudrait être fou ! et vous verez deux bonnes raisons d’être fou, d’aller en Colombie, d’assister au redressement du pays le plus hispanique et le plus arabe d’Amérique Latine. Profiter du parfum du danger dans quelques bons petits coins d’Antioquia, (entre Panama et Medellin sur la carte ci-dessus) quand le soir tombe, que vous vous retrouvez Dieu sait comment attardé sur une petite route bordée d’automitrailleuses. Ou même de s’engager dans une des dernières armées du monde à mener un combat qui vaille la peine de risquer sa vie.

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Sagesse populaire
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Quand à elle, ne vous y trompez pas, son bérêt est celui des FARC.

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Islam et Djihad

24-02 at 7:19 (Apologétique, Crise de l'Eglise, France actuelle, Heurs et malheurs, Lectures)

Après la stupide dichotomie “islam-islamisme” aisément démontée par Le grand charles ici je voudrais faire un parrallèle en me basant sur la pensée de monsieur Alcader, Jean pour les intimes. Dans Le vrai visage de l’islam il arrive lui aussi à la conclusion qu’ “il n’y a pas, ainsi qu’on entend souvent le dire, un islam et un islamisme“. Il ajoute dans une conférence donnée aux Journées chouannes de 2005 qu’il ne s’agit là que de “propagande médiatique dans le but de faire avancer l’islam.”

A mon avis, Alcader met le doigt dans la plaie lorsqu’il parle de l’essence de l’islam, qu’il explique judicieusement à partir de la chahada cette prière que récitent  25 fois par jour les musulmans qui n’ont pas baissé le pantalon abandonné la pratique, devant l’hédonisme de la société moderne. Ce petit texte sert de profession de foi : “Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah, et Mohamet et son prophète”.

C’est un kabyle converti au christianisme qui parle :

“Les catholiques, dans leur profession de foi disent “je crois”. C’est une affirmation [...]. Les musulmans, au contraire, disent : “non, il n’y pas d’autres dieu qu’Allah”. Or une négation n’existe pas en elle-même (ainsi que je l’ai appris à l’école, en cours de philosophie). Le grand Saint Thomas d’Aquin l’explique très bien : en soi une négation n’existe pas, elle n’existe que par rapport à une affirmation.

[...] S’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah, alors pourquoi l’annoncer, en faire sa profesion de foi, et le crier à tue-tête du haut des minarets, et ce depuis treize siècles ? Cela ne sert à rien en soi mais n’a de sens que par rapport à une affirmation et ceux qui la professent : “il y a d’autres dieux qu’Allah” [...] Et qui sont ceux-ci ? “Les chrétiens qui associent à Allah deux autres divinités : Jésus et… sa mère” … Pour els musulmans, c’est ça la Trinité : Allah, Jésus et Marie. La chahada s’oppose donc à la foi chrétienne, et particulièrement à la foi en la Trinité.

Donc, la chahada [...] n’est pas une vraie profession de foi, c’est une opposition à ceux qui associent d’autres divinités à Dieu, à Allah, et qu’on apelle dans le coran les associateurs (Mouchikroun), du verbe “chakara” qui signifie “associer”. Ce sont ceux-là qu’il faut combattre et ce sont ceux-là qui sont visés 25 fois par jour par la chahada. L’islam est donc un combat, un combat religieux (un djihad) contre ceux qui “associent”, les mouchikroun”, les chrétiens.”

Plutôt limpide. Plutôt normal de la part d’un élève de Saint Thomas d’Aquin.

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L’échelle de Jacob, pensées pour notre temps

22-02 at 7:01 (Crise de l'Eglise, France actuelle, Lectures)

Relecture rapide du livre de Gustave Thibon, donc. Je vous livre donc quelques lignes d’un de mes auteurs français préférés, que j’ai jugées hautement méditables vu le contexte.

Le maître parle :

“Vertu d’espérance. Si paradoxal que cela puisse paraisse, l’espérance surnaturelle consiste surtout à ne pas songer à l’avenir. Car l’avenir est la patrie de l’iréel, de l’imaginaire. Le bien que nous attendons de Dieu réside dans l’éternel, non dans l’avenir. Et le présent seul donne accès à l’éternel. Se réfugier dans l’avenir, c’est désespérer du présent, c’est préférer un mensonge à la réalité que Dieu nous envoie goutte à goutte chaque jour. Dieu tient ses promesse en même temps qu’il les fait. Hodie mecum eris in paraiso, telle est la devise de l’espérance surnaturelle. La fausse espérance, braquée uniquement sur l’avenir, se repaît de promesses : demain, on rasera gratis…”

Et la corollaire :

“Pourquoi les saints peuvent-ils sans s’épuiser, travailler et souffrir mille fois plus que nous? C’est parce qu’ils vivent dans un présent perpétuel, parce qu’ils incarnent le mot du Christ : à chaque jour suffit sa peine. Ce qui nous épuise, c’est que notre présent est rongé sans cesse de regrets, d’appréhensions et de craintes imaginaires. Comment nos possibilités d’action ne seraient-elles pas très limitées, dévorés que nous sommes par ce qui n’ets plus, et par ce qui ne sera jamais ? Le saint élimine de sa vie le parasitisme du passé et de l’avenir : aussi, chaque instant est-il gonflé de plénitude et de vigueur éternelles.”

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Quelques autres dans la même veine :

Philosophie organique. “Il y a plus de raison dans ton corps que dans ta meilleure sagesse” (Nietzsche) - C’est vrai, non comme le croit Nietzsche, parce que la vie n’est qu’un accident physique, mais parce que la vie de l’esprit ne possède pas ici-bas la plénitude et l’infaillibilité de la vie organique. Le corps sait où il va dans les ténèbres, alors que l’esprit tatonne dans la lumière.  Et c’est la tâche suprême de la philosophie et de la religion, que d’acheminer l’esprit débile et anarchique de l’homme vers une cohérence et une unité qui s’apparentent dans leur ordre, à la perfection de l’univers corporel. Tous les hommes possèdent un corps, à peu près normal, harmonieusement immergé dans la vie cosmique et dont tous els organes s’équilibrent et se soutiennent réciproquement, mais où sont les hommes doués d’une pensée organique, c’est à dire nourrie de toutes els richesses du réel et rattachée à son centre qui est Dieu ?

Quand je parle de pensée vitale, organique, je n’entends pas désigner par ces mots une pensée qui recevrait ses lois de la nature charnelle et sensible (le racisme par exemple), mais une pensée aussi cohérente, aussi reliée, aussi nourrie de réalité, dans l’ordre supérieur de la spiritualité, que la vie charnelle et sensible. Constater une analogie n’est pas établir une identité. Saint Paul serait-il matérialiste quand il aprle du Corpus Christi mysticum ? En d’autres termes, je voudrais que l’esprit humain fût relié à l’univers spirituel des essences et des raisons dernières comme notre corps est relié à l’univers sensible.”

***

Maladie et fléau. -Une double menace pèse sur l’homme : celle du fléau (je range sous ce vocable tous les maux qui s’abattent sur nous de l’extérieur : guerre, oppression, famine, épidémie, etc…) et celle de la maladie (j’appelle ainsi tous les maux de cause interne issus de la dégénérescence physique ou morale, depuis les affections chroniques du corps jusqu’à la corruption des moeurs et des institutions). Le “progrès” de l’humanité a surtout consisté jusqu’ici à juguler l’ennemi du dedans : moins d’épidémies mais plus de cancers, moins de guerres, mais plus de révolutions (et les guerres d’aujourd’hui sont encore des révolutions !), moins de famines mais plus d’estomacs gâtés, moins de coeurs brisés mais plus d’âmes taries… Ce progrès se ramène dans son ensemble à un processus d’intériorisation du mal. Au Moyen Age, on se représentait mal une grande souffrance d’origine purement interne : l’enfer était conçu comme une torture infligée du dehors, et le péché même apparaissait comme un raptus, un accident transitoire, et non comme l’expression d’une nécessité intérieure.

Le mal intérieur évolue d’une façon infiniment plus bénigne en apparence que les fléaux. Un cancer germe en nous plus lentement que la peste (il met peut-être toute notre vie à germer), et cet incurable ennui qui suinte des vies molles et gavées ne nous saisist pas à la gorge avec la brutalité d’une poigne de brigand. mais la peste et le brigand sont des maux qui ne font pas partie de nous-mêmes, ils peuvent nous lâcher, et s’ils nous tuent, ils nous tuent franchement sasn nous corrompre, tandis que le mal intérieur nous poursuit jusqu’à la tombe et nous dénature avant de nous tuer.

L’homme le cultive pourtant ce mal suprême, il en chérit les causes, et tremble devant les fléaux qui pourraient l’en délivrer. Ces gens qui tremblaient hier devant la guerre, et qui tremblent aujourd’hui devant la vie dure ont peur de voir le fléau balayer en eux la maladie : ils redoutent plus que la mort une guérisson blessante. L’instinct perverti qui habite en eux semble dire au fléau : nous sommes assez forts pour nous détruire nous-mêmes -et plus radicalement, plus sûrement que tu ne pourrais le faire- avec ce que nous croyons être le plaisir, la sécurité et le repos !”

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Le prêtre et le poète. - Hier, ordination de l’abbé B… J’ai compris l’essence solitaire du sacerdoce. Le prêtre est ici-bas un étranger, il est séparé des hommes et de la nature : segregatus in Evangelium… Il est infiniment distant de la création et comme suspendu entre Dieu et l’homme. Sottise que de comparer le prêtre au poète (cela est d’un autre ordre, dirait Pascal).

Harmonieusement il mêmera le geste D’accorder la cithare au geste de bénir, chante Le Cardonnel. Ce “mélange” me fait pitié : le sacerdoce se change là en une manière de prolongement de la poésie ! En réalité, pas de commune mesure entre ces deux choses. Le poète est immergé dans la création, le prêtre en est séparé ; la bénédiction du poète monte du monde vers Dieu, la bénédiction du prêtre descend de Dieu vers le monde. Le poète est fait pour donner une voix au silence des choses, le prêtre au silence de Dieu. Il y a là deux mystères essentiellement différents, deux vocations opposés et complémentaires : la tâche du poète consiste à s’enfoncer toujours plus profondément dans la nature afin d’y retrouver l’empreinte et le germe du monde surnaturel, celle du prêtre à s’enfoncer toujours plus avant dans le monde surnaturel afin d’y retrouver la nature. Le poète comence à l’homme, le prêtre commence à Dieu. Tous deux sont porteurs d’un message d’inocence : le premeir confident de la balncheur du monde, parle aux hommes du Paradis terrestre perdu (”cet homme vient à nous de la part des forêts”) ; le second, confident de la pureté éternelle de Dieu, leur révèle le paradis céleste promis (”cet homme au front serein, vient de la part de Dieu”).

Pureté édénique d’une part, pureté divine de l’autre. La source de l’inspiration du poète est située en deçà du péché, celle de l’inspiration du prêtre en deçà de la mort.

“Le poète est le coeur du monde” disait Eichendorff. Le coeur, organe central. Ainsi plongé dans les entrailles de la création, le poète partage le secret divin du monde. Le prêtre, isolé du monde et qui repose comme saint Jean sur le coeur du Christ, partage lui, le secret humain de Dieu.

Enfin, le poète crée. Il ajoute à ce qu’il touche. Il transforme la création. Tandis que le prêtre est un pur messager (il n’existe pas pour l’homme de création surnaturelle !). Et sa grandeur, sa fidelité consistent à n’être que cela. Mais ce qu’il transmet est infiniment plus profond et plus précieux que ce que le poète crée. Aussi le rôle du poète est-il éclatant, nimbé de grandeur humaine, et celui du prêtre effacé et comme inexistant : jam non ego vivo…

***

Problème des “faux biens”. - Il n’y a pas, comme nous l’enseigne un christiannisme superficiel, des vrais biens qui appartiennent au ciel, et des faux biens qui appartiennent à al terre : il n’y a que des vrais biens, dont chacun à sa place et ses limites dans la hérarchie de l’être. Mais il y a un usage faux dans l’usage de ces vrais biens. Et ce faux usage des vrais dons de Dieu, dicté par l’égoïsme, l’impatience ou l’orgueil, n’est pas limité aux biens temporels : il affecte au moins autant les biens éternels. Y a t’il beaucoup moins de dévots frelatés que d’amants égoïstes ? Et quel est le plus vain et le plus menteur des hommes, de celui qui prostitue la chair dans ses baisers ou de celui qui prostitue Dieu dans ses prières ? Où sont les censeurs des joies d’ici-bas qui ne méritent aps de s’entendre dire : avant de nous reprocher le faux usage de ce qui passe, montrez nous par votre exemple l’usage vrai de ce qui demeure. Vous condamnez notre idolâtrie de la vie. Mais quelle idole plus creuse et plus sournoise n’adorez-vous pas sous le nom d’esprit !”

***

Energie et direction de l’énergie. - Chez les hommes ordinaires, les mobiles inférieurs (les passions), non seulement fournissent l’énérgie, mais l’orientent. Chez les hommes supérieurs aussi, l’énergie vient d’en bas (d’où pourrait elle venir chez un être incarné ?), amis elle est dirigée, utilisée par les mobiles élevés. Il ne faut donc aps lutter contre les passions en tant que moteur, il faut simplement leur ôter le gouvernail.

***

 

 

 

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La franc-maçonnerie et le gouvernement

21-02 at 4:41 (Crise de l'Eglise, France actuelle)

Lu sur le blog d’Yves Daoudal via Le Salon Beige :

“En réalité il n’y a plus besoin qu’il y ait beaucoup d’adeptes des loges au gouvernement, tant l’idéologie maçonnique est devenue l’idéologie officielle dans la politique et dans les médias.”

Votre serviteur est entièrement d’accord. Yves Daoudal nous dit qu’avec Brice Hortefeux et Xavier Bertrand, nous sommes sûrs de l’appartenance de deux ministres à la secte maçonnique. Il faut ajouter que Nicolas Sarkozy, et Rachida Dati font parti du club Le siècle, passage quasi obligé pour la réussite politique, antichambre de la Franc Maçonnerie. Ce qui veut dire que, même sans être franc-maçon directement, ces deux autres ont l’esprit maçonnique, et s’acharnent à mettre leurs idées en pratique.

La réflexion suivante est donc d’une logique imparable :
“Un jour, les plus naïfs découvriront que la « laïcité positive » de Sarkozy est aussi un concept maçonnique, malgré les grimaces de façade du Grand Orient. Parler « des » religions, les mettre toutes sur le même plan dans un même brouillard de « spiritualité », c’est parfaitement conforme à l’anti-dogmatisme maçonnique. Et le melting pot des religions est, à notre époque, bien plus efficacement anticatholique que la vieille persécution laïciste.” 

Et il ne fait pas de martyrs, mais oeuvre dans l’indifférence et le silence général.

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Polémique

9-02 at 7:35 (Apologétique, Crise de l'Eglise)

Lu sur le salon Beige, l’article “Prions pour les Juifs”.

Remplacer ce texte :

“Prions aussi pour les juifs afin que Dieu Notre Seigneur enlève le voile qui couvre leurs cœurs et qu’eux aussi reconnaissent Jésus, le Christ, Notre-Seigneur. (…) Dieu qui n’exclut pas même les juifs de la miséricorde, exauce nos prières que nous t’adressons pour l’aveuglement de ce peuple, afin qu’ayant reconnu la lumière de ta vérité qui est le Christ, ils sortent de leurs ténèbres.”

Par celui-ci :

“Prions aussi pour les juifs, afin que notre Seigneur et Dieu illumine leurs cœurs, et qu’ils reconnaissent le sauveur de tous les hommes. (…) Dieu éternel et tout-puissant, qui veux que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité, fais que, la plénitude des nations entrant dans ton Eglise, tout Israël soit sauvé.”

ce n’est peut-être pas  aller contre la vérité de manière frontale, mais c’est tourner autour du pot, semer les ambiguïtés, en un mot, claudiquer. (C’est vrai que c’est la coutume vaticane depuis 1962)

Que votre oui soit oui, votre non, non. Si si, non non.

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Mercredi des Cendres

6-02 at 2:17 (Année liturgique, Crise de l'Eglise)

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Francisco de Paula Vallet

5-02 at 6:09 (Année liturgique, Crise de l'Eglise, Hispanophilie, Lectures)

Nous avons fêté il y a peu ce grand saint espagnol qu’est saint Ignace de Loyola, fondateur de l’ordre des Jésuites.

Je voudrais attirer votre attention sur un de ses disciples des plus proches de notre temps, le père Francisco de Paula Vallet, catalan qui condensa les exercices spirituels de Saint Ignace en cinq jours, afin de les mettre à portée du plus grand nombre.

“Soudain, dans ce café empli d’hommes et de fumée, voici qu’un prêtre entre en bavardant avec un ouvrier qu’il venait de rencontrer à la porte. Pas de notable avec lui. Il ne se fait pas présenter. Sans ôter son chapeau, il passe simplement de tables en tables… comme un habitué de ce bistrot. Il s’adresse à chacun, clairement, logiquement. Peu à peu, percevant que le murmure du bar diminue comme par enchantement, il parle plus fort. En cinq minutes, toute la salle est attentive et le silence impressionnant. Voilà déjà vingt minutes qu’il parle, lorsque deux clients et le tenancier apportent des caisses de bouteilles et des planches pour improviser une estrade. Tout le monde se tait. Le Père Vallet grimpe sur cette tribune et… quelle transformation ! Un homme nouveau, insoupçonné, irrésistible, bien plus énergique qu’auparavant, s’exprime alors. Il parlera du travail, de la famille, des vices, de l’existence de Dieu, de la divinité de Jésus-Christ, de l’Église, de la mort, du ciel, de l’enfer. Personne ne réplique, personne ne se moque. Il termine : « Je suis en train de vous donner des Exercices spirituels… Faire les Exercices, c’est la même chose que maintenant, mais pendant cinq jours. Si l’un de vous vient de s’ennuyer, qu’il ne vienne pas faire les Exercices ; mais ceux qui ont trouvé agréable cette heure et demie, qu’ils viennent donc. Je vous attends dans dix jours à la maison d’Exercices ! »”

La Colombie doit lui être reconnaissante d’avoir résisté à la déferlante laïciste, l’Amérique Latine, la France et l’Espagne d’avoir converti de nombreuses âmes durant ses années de prédication. Un certain nombre d’intellectuels espagnols ont pensé que s’il avait pu prêcher plus de temps en Espagne et en Catalogne en particulier, la guerre civile n’eût peut-être  pas eu lieu en 1936. (Une chose qu’il y a lieu de creuser, quand on sait que c’est à l’instigation du père de Balaguer qu’il fut envoyé hors d’Espagne. On est dans les années 20, à cette époque, le Vatican ne demandait pas aux pays chrétiens de fouler aux pieds leurs couleurs et on ne s’était pas encore enivré des pensées des pères de Lubac, Rahner et consorts (dont Balaguer précisément). Depuis, le fondateur de l’Opus Dei a été béatifié, et Vallet oublié…)

Vous pouvez, quant à vous, mettre votre vie dans les mains de Celui qui vous l’a donnée, en suivant une retraite condensée selon la méthode Vallet. Je vous engage donc à suivre ce lien, pour commencer :

http://www.laportelatine.org/district/retrait/ignami/ignami.php

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Le père Vallet

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Un mirage actuel

29-12 at 4:37 (Crise de l'Eglise, Hispanophilie)

Sous apparence de bien, le démon tente, tel qu’un ange de lumière 

Les Saintes Ecritures nous avertissent que bien souvent Satan, sous l’aspect d’un Ange de lumière (Ange du Bien en apparence), séduit les fidèles en recherchant, tel un lion rugissant autour de nous et en observant qui il peut dévorer, d’où les exhortations de Saint Pierre à une vigilance continuelle. Or, un grand nombre (peut-être bien la grande majorité) des défenseurs de la Tradition et de la Sainte messe de toujours, ont  vu, dans le Motu Proprio de Benoit XVI un bien en affirmant (en reconnaissant) que la Messe Tridentine ou dite de St Pie V n’a jamais été abrogée, et que cela ouvre un horizon de perspectives, de grands espoirs qui débouchent sur un optimisme flatteur, comparable à la rosée tombant sur un terrain âpre et friand, au sein d’un reverdissement esperé. Mais si nous nous plaçons sans passion et avec attention au point de vue de la Foi, nous nous apercevons du mirage que nous offre une réalité volatile qui se dissipe et disparait devant nos yeux. Rien de mieux, ni de plus perspicace, ne pouvait avoir lieu que de proposer (mettre en avant) une reconnaissance louable conforme à la vérité que les traditionalistes et Monseigneur Lefebvre ont toujours affirmée : Que la Messe traditionnelle n’a jamais été abolie, en droit,  bien que supprimée dans les faits d’une manière abusivement autoritaire. La reconnaissance subtile et intelligente de Benoit XVI du fait que la Messe ancienne n’a jamais été abolie revêt des airs de triomphe à première vue, mais c’est en réalité le moyen le plus effronté et le plus efficace de satisfaire son désir le plus profond et le plus cher de se mettre en harmonie avec ses optiques modernistes les plus viscérales, tel un ange de lumière sous apparence de bien, que même pas  bon nombre de progressistes n’ont su mesurer et apprécier dans leurs gesticulations fanatiques.  La vérité est que si Benoit XVI (d’une intelligence affinée et perspicace) prétend légitimer la Nouvelle Messe en la faisant passer comme une expresion, digne de foi, du rite romain de l’Eglise, on ne peut pas continuer, d’une manière absurde, à affirmer que la Messe Tridentine a été abrogée, laquelle, en vertu du simple fait historique et dogmatique, a été par excellence l’expression du rite romain (promulguée à perpétuité);  d’un point de vue historique on ne peut admettre l’existence, comme lui-même l’affirme dans sa propre autobiographie, d’une  rupture schismatique comme celle-ci en train de s’établir jusqu’à maintenant ;  il convient donc  que les torts soient redressés. Telles sont ses propres paroles: “Le second grand évènement au début de mes années à Ratisbonne a été la publication du missel de Paul VI, avec l’interdiction quasi complète du missel précédent… J’étais cependant perplexe vis-à-vis de l’interdiction du missel ancien, car une chose semblable ne s’était jamais produite auparavant dans l’histoire de la liturgie… Il n’est pas possible par conséquent, de parler de fait d’une interdiction des missels anterieurs et jusqu’alors légitimement valides. A présent, au contraire, la promulgation de l’interdiction du Missel qui s’était célébré tout au long des siècles depuis l’époque des sacramentaux de l’Eglise antique, a constitué une rupture dans l’histoire de la liturgie dont les conséquences ne pouvaient être que tragiques.” (Joseph Ratzinger, Mi Vida, ed. Encuentro, Madrid 205 p.148-149). Tout ceci montre clairement que pour le Cardinal Ratzinger, tout ceci relevait depuis lors d’une rupture qu’il n’était historiquement plus possible de soutenir sérieusement.  Il convenait donc de résoudre le problème, d’autant plus que si,  avec une sibylline astuce et sagacité,  son objectif était de montrer que la Nouvelle Messe est la continuation et l’expression légitime du rite romain de l’Eglise. Il ne pouvait pas se permettre le luxe stupide d’une rupture tragique, même ne serait-ce qu’en apparence. Son oeuménisme dialectique très ingénieux ne le lui permettait pas,  d’où le fait que s’il prétend faire passer la Nouvelle Messe comme légitimement romaine, comme étant son expression légitime, telle la face d’une même pièce, il lui était - et il lui est -impossible de continuer à affirmer que l’autre face de la même pièce, bien que n’étant pas la face principale (la Messe Tridentine),  ne l’est pas. Si les deux messes sont l’expression d’un même rite romain, il est évident que l’on ne peut pas continuer à faire valoir l’argument sot et stupide qui consiste à dire que la Messe ancienne était interdite ou abolie, à plus forte raison si l’on veut faire passer la Nouvelle Messe (batârde et protestantisée selon les qualificatifs de Mgr Lefebvre) comme expression légitime du rite romain, comme le fut historiquement (et même dogmatiquement) l’Ancienne Messe. De plus, il n’est pas possible de tolérer, dans ses visées d’amalgame (coagula) dialectique oecuménique, de laisser transparaitre la moindre once de rupture (ou de schisme liturgique historique) susceptible d’empêcher sa synthèse dialectique. C’est pourquoi le Cardinal Ratzinger se permet d’affirmer en conformité avec ses désirs les plus profonds : “Pour la vie de l’Eglise, sont d’une urgence dramatique, un renouveau de la conscience liturgique, une réconciliation liturgique qui reconnaisse à nouveau l’unité de l’histoire de la liturgie et qui comprenne le Concile Vatican II, non comme rupture sinon comme une phase évolutive”. (Ibid.p. 150). Dès lors, apparait de toute évidence ce qui constitue le véritable motif de la reconnaissance de la non-abrogation de la Messe Tridentine :  c’est le fameux  un pas en arrière, deux pas - plus grands et plus profonds - en avant.  Il serait ridicule de penser que, selon les mots même du Cardinal Ratzinger, son apparent changement de position est dû à un rapprochement vers la Messe Tridentine, vers la Tradition. Non, bien au contraire. Il s’agit de consolider et de légitimer la Nouvelle Messe et le Concile Vatican II, dépourvus de ruptures tragiques ou dramatiques mais conçus en revanche comme une suave et douce évolution, et de faire en sorte qu’ils soient par tous, reconnus, admis et acceptés d’une manière pacifique. Ce que l’on prétend faire c’est montrer avec douceur et fermeté que ni la Nouvelle Messe, ni le Concile Vatican II ne constituent un schisme ou une rupture liturgique d’aucune sorte (ni doctrinale) mais sont le fruit d’une évolution vitale qu’il convient d’assumer et d’accepter en tant qu’expression légitme de l’Eglise. Ainsi la Messe Tridentine devient l’expression antique et extraordinaire d’un passé légendaire, et la Nouvelle Messe, l’expression ordinaire d’un présent reluisant  et d’un avenir vital. L’on ne peut pas être à la fois plus subtil, sagace et intelligent pour parvenir à annuler sans drame ni douleur, la légitime resistance du glorieux combat pour la défense de la Messe de toujours et de l’infaillible Tradition de l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine que le modernisme, par le biais d’un embrassement oecuménique, veut faire disparaitre sans traces de cadavres mal odorants et honteux. La démocratie ne l’admet pas, ni ne l’endure ni le tolère, car uniquement l’on detruit ce que dialectiquement et diaboliquement l’on remplace.           

Basilio Méramo Pbro. 13 Décembre 2007 

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D’internet

22-12 at 5:16 (Crise de l'Eglise, France actuelle)

Monsieur Jean Sévilla, auteur  assez intéressant (Moralement correct, Historiquement correct, Le terrorisme intellectuel) livre une critique d’internet dan son droit de réponse au Forum Catholique du 6 mai 2007 :

“La pratique de l’anonymat, dans l’univers des forums et des blogs, est profondément lâche et perverse : elle permet de dire n’importe quoi sans aucun risque. C’est une négation de la responsabilité à laquelle tout homme, et a fortiori tout chrétien, est appelé, devant ses mots et ses actes.”

Oui, lorsqu’il s’agit de critiquer telle ou telle personne anonymement, il est bien évident que la critique s’applique. J’ai des souvenirs attristés de discussion qui en plus se voulaient profondes sur le Forum Catholique justement. Mais d’un autre côté, s’il ne s’agit que d’affirmer des principes, de combattre des erreurs, dans notre monde bête et méchant, mieux vaut se camoufler. Je pense à Polydamas, qui disait qu’au vu sa situation professionnelle, mieux vallait qu’il garde l’anonymat.

” Quant au fond, je ne crois pas que les catholiques aient à discuter de tout : l’Eglise n’est pas une démocratie, le catholicisme n’est pas une institution parlementaire. Il est tout à fait extraordinaire de voir tant de traditionalistes, dont les bibliothèques sont pleines d’ouvrages vilipendant la Révolution, se comporter commes les pires révolutionnaires, débattant de tout et n’iporte quoi, quelq que soient leur titre à s’exprimer en public, enjambant toute hiérarchie et répandant des rumeurs sans souci des conséquences. Et je n’évoquerai pas le vocabulaire de potahce ou les exclamations infantiles sortis d’un langage de BD : elles ne grandissent pas ceux qui y recourent. Et que dire de la charité chrétienne ?”

Que l’Eglise ne soit pas une institution parlementaire ou une démocratie, c’est un fait incontestable, mais cela ne signifie pas que les catholiques ne doivent rien discuter. Jusqu’à tant qu’un peincipe spécifique vienne s’y opposer, il n’y a pas d’interdit général. Donc oui, les catholiques ne doivent pas tout discuter, mais il ets bien sûr hors de question de ne pas faire usage de la liberté que Dieu nous accorde avec ses limites.

Le principe d’un forum est plus tandancieux que celui d’un blog. L’auteur d’un blog défend son point de vue (les commentaires sont annexes -la réfutation d’une critique est en fait une précison de l’opinion défendue), alors que le forum accueille tous les points de vue. Le forum est un peincipe plus libéral, quoi.

Quant aux mots sur les expressions de potache, le vocabulaire infantile, je ne peux qu’abonder dans le sens de Mr Sévilla, et conclure qu’internet est vulgaire, dans le sens plein et entier du mot. Pour le meilleur ou pour le pire, les réactionnaires vivent un peu avec leur temps.

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La perte des principes et la force de la vérité

22-12 at 4:34 (Crise de l'Eglise, France actuelle, Lectures)

“Le plus grand malheur pour un siècle ou pour un pays, c’est l’abandon ou l’amoindrissement de la vérité. On peut se relever de tout le reste ; on ne se relève jamais de la perte des principes. Les caractères peuvent fléchir à des moments donnés, et les moeurs publiques recevoir quelque atteinte du vice ou du mauvais exemple ; mais rien n’est perdu tant que les vrais doctrines restent debout dans leur integrité. Avec elles, tout se refait tôt ou tard, les hommes et les institutions, parce qu’on est toujours capables de revenir au bien lorsqu’on a pas quitté le vrai. Ce qui enlèverait jusqu’à l’espoir du salut, ce serait la desertion des principes, en dehors desquels il ne se peut rien édifier de solide et de durable. Aussi, le plus grand service qu’un homme puisse rendre à ses semblables, aux époques de défaillances et d’obscurcissement, c’est d’affirmer la vérité sans crainte, alors même qu’on ne l’écouterait pas ; car c’est un sillon de lumière qu’il ouvre à travers les intelligences ; et si sa voix ne parvient pas à dominer les bruits du moment, du moins sera t-elle reconnue dans l’avenir comme messagère du salut.”

Vous aurez reconnu Mgr Freppel comme auteur de ces lignes.

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Immaculée Conception

10-12 at 6:18 (Année liturgique, Crise de l'Eglise, Hispanophilie)

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L’Immaculée Conception avec un peu de retard, et la fête de Notre Dame de Guadalupe en avance.

J’ai déjà eu ailleurs l’occasion de dire ce que je pensais des proverbes. A celui qui se dirait : “Avant l’heure ce n’est pas l’heure, après l’heure ce n’est plus l’heure”, je laisse ici une occasion de réfléchir sur ces deux points : 1: que ce proverbe-ci est bien médiocre tant du point de vue littéraire, que du point de vue de ce qu’il veut dire,  2: que le proverbe “Mieux vaut tard que jamais” le contredit, d’une certaine façon s’entend.

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Temps de l’Avent - Pénitence avant Noël

30-11 at 6:02 (Année liturgique, Crise de l'Eglise)

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Pour en finir avec Che Guevara

10-11 at 2:21 (Crise de l'Eglise, Hispanophilie)

Apres avoir ecoute l’article de lumiere 101, qui m’avait laisse sur ma faim, je suis content de pouvoir vous presenter ce reportage :

C’est en espagnol. 

Lumiere 101 : http://lumiere101.com/2007/10/15/les-impostures-du-mythe-du-che-denoncees-par-les-ecrits-de-guevara/

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