Fitna, et commentaires.

31-03 at 3:42 (Cinéma, France actuelle, Heurs et malheurs)

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J’avais décidé de me fiche de cette vidéo, mais à force de lire les commentaires ça et là, de me rendre compte de la tournure polémique à souhait que prennent les choses, j’ai fini par céder à la tentation et la regarder. J’endosse donc avec plaisir l’espace d’un post la pelisse de journaliste pour vous livrer ici mes réflexions autour de ces 15 minutes de film, mais ce n’est pas encore aujourd’hui que je ferai plaisir aux tolérants de tout poil, puisque je ne considère pas que Geert Wilders soit nazi, ni fâchiste, ni un salaud, ni un catholique. Je vous épargne la description du montage, inutile si vous avez déjà vu la vidéo ; venons-en aux faits.

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Ars gratia artis : le cinéma et la politique ne font pas bon ménage. Il est inutile d’insister là-dessus. Avec tout le respect (ne lisez pas : “considération”) que j’ai pour des cinéastes comme Ken Loach, le plus souvent, leurs films sont tout bonnement insupportables. Le montage de Geert Wilders n’est pas du domaine de l’art, mais utilise la technique cinématographique : ce n’est pas du cinéma, mais c’est un film. Or la technique cinématographique dans ses oeuvres (montage, son, découpage, collage, ellipses en tout genre…) vise à transmettre un sentiment au spectateur de la part du metteur en scène. En cela on peut dire que la technique cinématographique est parfaitement adaptée à la fonction propre de l’art. La politique en revanche, se place sur le terrain intellectuel, qui ne peut se prêter aux jeux de cette technique sans en être gravement affecté dans le fond et dans la forme. Dès lors, on peut dire que le film politique n’existe pas, et que seuls existent les films idéologiques. Si l’on veut parler politique ou religion, rien ne remplace le livre.

Le résultat du film, c’est l’irréalisme au sens propre. Un exemple : l’islam apparaît une machine en marche, un front uni, ce qui est faux. La haine que se vouent chiites et sunnites, et les défiances tribales communes d’un bout à l’autre du monde musulman suffisent à nuancer ce que l’on peut ressentir après le visionnage. (Et l’histoire de la conquête de l’Espagne par les musulmans peut illustrer mon propos).

Une fois exprimées cette réserve sur la technique cinématographique, on ne peut toutefois pas affirmer que le montage soit malhonnête. Pourtant, j’ai immédiatement regretté que le réalisateur n’ait choisi que des images très (trop?) connues pour illustrer les versets du Coran. Il y a des images assez choquantes de massacres de chrétiens au Moyen Orient, pour qu’on n’ait pas besoin d’avoir recours aux éternelles images des avions s’enfonçant dans les tubes métalliques du Word Trade Center. J’en ai marre de pleurer sur le 11 septembre. J’en ai marre de cette solidarité qui voudrait nous faire nous sentir concernés par des événements n’ayant aucun rapport avec nous. Comme dit Gustave Thibon, “la foi se partage“, ce qui me donnait une raison de m’émouvoir de la situation des coptes en Egypte, ou des derniers moines de Turquie persécutés par les musulmans.

Le choix de telles images est une conséquence du grave défaut du film, ce libéralisme et ce laïcisme, c’est dire : ce modernisme constamment sous-tendu. Je note que Wilders ne s’intéresse qu’à l’idéologie islamique. Le côté religieux du mahométisme lui échappe en tant que tel : il n’est abordé que comme annexe de l’idéologie islamique (et mettre des images de coptes persécutés, ç’aurait été parler de l’islam en tant que religion, parler de combats religieux). Le côté belliqueux et expansionniste est développé : on a l’impression d’une invasion planifiée, comme Hitler annexant les territoires peuplés d’allemands avant la deuxième guerre mondiale. C’est à vouloir défendre les valeurs qui sont aujourd’hui celles des Pays-Bas, que Wilders s’est obligé à ne s’insurger contre l’islam qu’en tant qu’idéologie opposée à la sienne (et qu’il a pu reconnaître un moyen à la hauteur de sa cause, en la technique cinématographique). Très significative, cette demande qu’il formule vers la fin, à l’adresse des musulmans : “arrachez ces vilaines pages du Coran”. Autrement dit, dépouillez votre religion de tout ce qui va à l’encontre de nos “valeurs” : l’appel de la modernité à se couler dans le moule. (”Aimez la liberté sans limites morales, tolérez les homosexuels, soyez de bons citoyens de notre démocratie, ne croyez pas que votre religion est la seule véritable”)

Pour ma part, je considère l’islam comme une religion, qui développe une idéologie guerrière et anti-moderne : un mélange qui va pulvériser nos sociétés. Wilders, en idéologue laïciste, tente de défendre sa décadence chérie. Pour ma part, j’estime que seul le catholicisme, religion véritable, peut contrer cette gnose judéo-chrétienne. Les catholiques comme les musulmans placent Dieu comme point de départ de leur weltanschauung (et pour cela, la conjuration moderniste les appelle fanatiques ou extrémistes). Si un musulman déchire une page du Coran familial, c’est que le livre aura cessé d’être sacré à ses yeux. Dès lors, quelle raison aura-t’il de continuer à vivre selon les autres préceptes de Mahomet contenus dans ce livre ?

Il y avait dans Le choc du mois à l’époque de François Brigneau, un musulman interrogé à l’occasion de la guerre du Golfe, qui s’était dit admirateur de Mgr Lefebvre, parce que le prélat était un défenseur des traditions. De la même façon, je respecte le musulman qui refuse à l’appel de la modernité, de déchirer le Coran, j’admire celui qui las de craindre un Dieu lointain, se rend aux raisons (celles que le coeur n’ignore point) d’aimer le Dieu qui est mort pour nous, et je méprise celui qui abandonnera sa religion pour sacrifier à l’idole moderniste. Je laisse à Geert Wilders le soin de défendre ces valeurs abjectes que pour ma part je me réjouis de voir menacées pour de bon. Je compte sur l’idéologie islamique avec sa fougue guerrière pour détruire l’idéologie moderniste et sur la religion catholique pour en finir avec la religion musulmane.

(Ce n’est pas un hasard si les pays protestants réagissent plus que les pays latins et que la France à l’islamisation galopante. C’est qu’ils sont plus touchés par l’idéologie moderniste, mais précisément, leurs combats ne peuvent faire mieux que Geert Wilders avec cette vidéo. Ils se sont condamnés en tant qu’idéologues, à se battre contre une idéologie, et la religion musulmane les emportera.)

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No country for old men, Sicko et Persépolis

26-03 at 5:34 (Cinéma, Futilités divertissantes, Heurs et malheurs)

Ce sont les trois derniers films que j’ai vus. En fait, j’ai presque abandonné le cinéma, depuis qu’il ne se produit que des cochonneries sans intérêt, une prise de conscience, comme dirait un journaliste politique, qui remonte à peu près à l’époque qui a vu la trahison de Scorsese -le Maître- a trahi ses admirateurs les plus fanatiques (j’en serais presque arrivé à défendre Le Temps de l’Innocence ou autres ratages épisodiques), et que dans la foulée, Bergman a rendu son âme suédoise à Celui qui lui avait offert.

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Les frères Cohen, je ne les connais que de nom, et de réputation. Mais pour No Country for Old Men j’ai suivi mon instinct (de toute façon, il y avait Bardem, alors…), et je n’ai pas été déçu. Rien à dire de plus que ce qui a déjà été dit par Le Grand Charles ici, et là aussi. Une esthétique maitrisée, et un fond solide, cqfv : ce qu’il fallait voir.

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Sicko, en revanche, est une montage menteur de la part d’un gauchiste. S’il y a une chose qui me paraît correct aux USA, c’est bien leur système de protection sociale. Ce qu’il ressort des différentes interviews d’américains pratiquées par Moore, c’est que les compagnies d’assurance tentent au maximum de ne pas avoir à payer leurs clients. Pas étonnant, ma foi. Je n’espérais pas trouver des chevaliers servants dans les bureaux plastique et néon des grandes sociétés américaines. Mais je ne trouve pas non plus de raison de changer de système de santé. Mieux vaudrait changer la nature humaine, chose impossible, ou modifier quelques détails afin de prévenir les excès, protéger le client des magouilles véreuses, réformer le système, en gros. Mais ces principes qui permettent à qui le souhaite de s’assurer ou non, de telle manière que la société n’a rien à payer pour lui, d’une part, et qu’il ne paye rien à la collectivité, d’autre part, je le juge bon, et le souhaite en France. Le système socialiste actuel, qui vous impose une solidarité imbécile, je m’en passe bien (d’abord, je ne suis jamais malade, alors je paie pour rien, et quand bien même je serais à l’agonie, je ne voudrais pas de leur argent, et solidaire, jamais de ma vie !). Mentalité anarchiste ? Oui, plutôt que la servilité.

Passons sur le matérialisme du réalisateur, qui croit pouvoir intéresser un être humain normalement constitué, deux heures durant sur les problèmes de santé de Jack, citoyen américain, ou de Ginette, citoyenne française. Passons encore sur les conneries débitées en une vitesse record, à savoir la vision idyllique du système de protection sociale français, par des immigrés américains, ou par des français (la mère de famille qui affirme avoir droit à une nounou payée par l’état ! -Si vous lisez ces lignes, chère madame, merci de m’informer plus en détail).

Penchons nous sur la France, ou bien, ces gens qui dialoguent devant la caméra mentent, et auquel cas, la sécurité sociale n’est pas le paradis sur Terre pour les cotisants, ou bien ils disent la vérité, et nous n’avons plus par conséquent à nous demander ou passe l’argent que nous donnons docilement ou malgré nous chaque mois, au nom de la solidarité (l’américain qui se tape trois mois de congés payés parce qu’il est trop fatigué). Dans les deux cas, c’est une bonne raison de bloguer contre Michael Moore. Qu’il n’aime pas Bush et les exactions de son pays en Irak, très bien. Mais ce film mensonger ne passe pas.

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Je préfère regarder Persépolis. Là au moins, le féminisme et la démmmmocratie savent se vendre. En fait, ce doit être un des films les plus tristes que j’aie vus depuis pas mal de temps. Ce n’est pas l’histoire qui m’attriste, c’est plutôt ce que je connais de l’Iran et ce que je découvre à travers les scènes du film. Penser à ce pays écartelé entre l’islam intransigeant et la liberté dégénérée me fend le coeur. Marjane Strapi est une féministe. Elevée dans une famille de communiste, elle souhaite la fin du régime du Chah, avant de voir, attérée la proclamation de la république islamique, toute jeune fille. Le film raconte sa vie, entre l’Autriche et l’Iran puis la France, entre l’Iran chiite et l’occident décadent. 

Mieux vaut dire tout de suite que la majorité des familles d’Iran n’ont pas une si bonne situation qui leur permette l’études des conneries politiques éditées en occident depuis les Lumières, et Dieu merci. La majorité sont musulmans et préfèrent voir leurs filles voilées et mariées, que tête aux vents nouveaux et dévergondées coume di ptites ouccidentales, et tant mieux. Ce film m’inquiète, en fait, et Satrapi ne le cache pas dans ses interviews, la contestation grandit en Iran, même si elle ne revêt pas les formes qu’on lui prête depuis un pays occidental. Pour l’instant les choses tiennent à peu près ( les homosexuels se cachent, on préfère la virginité que la prostitution), mais jusqu’à quand ? et à quel prix ? C’est l’impasse. Attristant. Reste à dire que le film ne manque pas d’humour, et vous avez là toutes les bonnes raisons de le louer ou de l’acheter au plus vite.

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