No country for old men, Sicko et Persépolis

26-03 at 5:34 (Cinéma, Futilités divertissantes, Heurs et malheurs)

Ce sont les trois derniers films que j’ai vus. En fait, j’ai presque abandonné le cinéma, depuis qu’il ne se produit que des cochonneries sans intérêt, une prise de conscience, comme dirait un journaliste politique, qui remonte à peu près à l’époque qui a vu la trahison de Scorsese -le Maître- a trahi ses admirateurs les plus fanatiques (j’en serais presque arrivé à défendre Le Temps de l’Innocence ou autres ratages épisodiques), et que dans la foulée, Bergman a rendu son âme suédoise à Celui qui lui avait offert.

no_country_for_old_men-poster.jpg

Les frères Cohen, je ne les connais que de nom, et de réputation. Mais pour No Country for Old Men j’ai suivi mon instinct (de toute façon, il y avait Bardem, alors…), et je n’ai pas été déçu. Rien à dire de plus que ce qui a déjà été dit par Le Grand Charles ici, et là aussi. Une esthétique maitrisée, et un fond solide, cqfv : ce qu’il fallait voir.

sicko-poster-2.jpg

Sicko, en revanche, est une montage menteur de la part d’un gauchiste. S’il y a une chose qui me paraît correct aux USA, c’est bien leur système de protection sociale. Ce qu’il ressort des différentes interviews d’américains pratiquées par Moore, c’est que les compagnies d’assurance tentent au maximum de ne pas avoir à payer leurs clients. Pas étonnant, ma foi. Je n’espérais pas trouver des chevaliers servants dans les bureaux plastique et néon des grandes sociétés américaines. Mais je ne trouve pas non plus de raison de changer de système de santé. Mieux vaudrait changer la nature humaine, chose impossible, ou modifier quelques détails afin de prévenir les excès, protéger le client des magouilles véreuses, réformer le système, en gros. Mais ces principes qui permettent à qui le souhaite de s’assurer ou non, de telle manière que la société n’a rien à payer pour lui, d’une part, et qu’il ne paye rien à la collectivité, d’autre part, je le juge bon, et le souhaite en France. Le système socialiste actuel, qui vous impose une solidarité imbécile, je m’en passe bien (d’abord, je ne suis jamais malade, alors je paie pour rien, et quand bien même je serais à l’agonie, je ne voudrais pas de leur argent, et solidaire, jamais de ma vie !). Mentalité anarchiste ? Oui, plutôt que la servilité.

Passons sur le matérialisme du réalisateur, qui croit pouvoir intéresser un être humain normalement constitué, deux heures durant sur les problèmes de santé de Jack, citoyen américain, ou de Ginette, citoyenne française. Passons encore sur les conneries débitées en une vitesse record, à savoir la vision idyllique du système de protection sociale français, par des immigrés américains, ou par des français (la mère de famille qui affirme avoir droit à une nounou payée par l’état ! -Si vous lisez ces lignes, chère madame, merci de m’informer plus en détail).

Penchons nous sur la France, ou bien, ces gens qui dialoguent devant la caméra mentent, et auquel cas, la sécurité sociale n’est pas le paradis sur Terre pour les cotisants, ou bien ils disent la vérité, et nous n’avons plus par conséquent à nous demander ou passe l’argent que nous donnons docilement ou malgré nous chaque mois, au nom de la solidarité (l’américain qui se tape trois mois de congés payés parce qu’il est trop fatigué). Dans les deux cas, c’est une bonne raison de bloguer contre Michael Moore. Qu’il n’aime pas Bush et les exactions de son pays en Irak, très bien. Mais ce film mensonger ne passe pas.

persepolis.jpg

Je préfère regarder Persépolis. Là au moins, le féminisme et la démmmmocratie savent se vendre. En fait, ce doit être un des films les plus tristes que j’aie vus depuis pas mal de temps. Ce n’est pas l’histoire qui m’attriste, c’est plutôt ce que je connais de l’Iran et ce que je découvre à travers les scènes du film. Penser à ce pays écartelé entre l’islam intransigeant et la liberté dégénérée me fend le coeur. Marjane Strapi est une féministe. Elevée dans une famille de communiste, elle souhaite la fin du régime du Chah, avant de voir, attérée la proclamation de la république islamique, toute jeune fille. Le film raconte sa vie, entre l’Autriche et l’Iran puis la France, entre l’Iran chiite et l’occident décadent. 

Mieux vaut dire tout de suite que la majorité des familles d’Iran n’ont pas une si bonne situation qui leur permette l’études des conneries politiques éditées en occident depuis les Lumières, et Dieu merci. La majorité sont musulmans et préfèrent voir leurs filles voilées et mariées, que tête aux vents nouveaux et dévergondées coume di ptites ouccidentales, et tant mieux. Ce film m’inquiète, en fait, et Satrapi ne le cache pas dans ses interviews, la contestation grandit en Iran, même si elle ne revêt pas les formes qu’on lui prête depuis un pays occidental. Pour l’instant les choses tiennent à peu près ( les homosexuels se cachent, on préfère la virginité que la prostitution), mais jusqu’à quand ? et à quel prix ? C’est l’impasse. Attristant. Reste à dire que le film ne manque pas d’humour, et vous avez là toutes les bonnes raisons de le louer ou de l’acheter au plus vite.

2 commentaires

  1. rastanarko a dit,

    28-03 à 1:43

    Je n’ai pas vu no country for old men.
    Pour les autres.
    Je conçois tout à fait que le style Mickael Moore ne plaise pas. C’est sûr qu’il est difficile d’accepter que quelqu’un critique le système avec les outils de celui-ci.
    Oui, il exagère, oui il extrapole et fait des raccourci.
    Mais, je ne peux pas te (vous) laisser dire que le système de santé américain est très bien. Et sûrement pas en cette période actuelle de début de crise économique.
    Non, car seuls les personnes les plus aisées peuvent se payer une assurance santé. Ca ce n’est pas Mickael Moore mais la réalité américaine.
    D’autre part, pour la solidarité qui te fais tant gerber, non ce n’est pas de l’anarchisme, c’est de l’ultra individualisme ce qui n’a rien à voir.
    Parce que l’anarchisme c’est l’aboutissement ultime de ce processus de solidarité : plus besoin d ‘État car les individus sont font mutuellement confiance et s’auto-entraident et s’auto-organisent sans poussée extérieure.
    Toi ce que tu prône c’est que ceux qui peuvent se payer une sécu le fasse, et que ceux qui ne le peuvent pas tant pis pour eux.
    Après si tu assume ça, n’oublie pas que les temps sont plutôt à al crise et que même les mieux lotis peuvent se retrouver à la rue .. et là tu verra ce qu’est la solidarité. ET que quoi que tu dise, je ne pense pas que tu te laisserais mourir simplement aprce que tes soins auront été financé par la Sécu.

    Et puis si tu pense que tout ce qui a été édité depuis les Lumières est une connerie, bah alors j’en déduis que tu es pour un retour à une monarchie absolue. Bien t’en fasse, mais je crois qu’il faudrait peut être évoluer.
    quand au voile, oui il y a des excès en Occident et c’est de ceux-ci que découlent les excès en Orient. Mais voiler toutes les jeunes filles n’est pas une solution.
    IL ya des jours où on aimerais que les gens comme toi se réincarnent en pauvre, femme, dans un pays non démocratique. Ah non, nous y sommes déjà c’est vrai :)

    A près de mes “leçons”, borne toi au fait que je suis un jeune étudiant gauchiste :)
    mais bon si tu es ouvert au débat, j’attends ta réponse.

    Et n’oublie que si tu ne répond pas ou sans argumenter, tu conforteras les gauchistes tel moi dans leur idée que les gens de droite n’en ont rien à foutre de la démocratie et donc tu m’ancrera dans mon gauchisme. Tu a l’opportunité de sauver une brebis égarée, l’osera tu

    (ps : merci de prendre les provocations au deuxième degré, et de ne pas vous offusquer si le tutoiement vous gène)

    cordialement ^^

  2. La voix dans le desert a dit,

    28-03 à 3:51

    (Bon, je récupère mon hispanité quelque temps, celui de répondre : ce n’est pas de la proximité, c’est du savoir vivre, je sais tutoyer.)
    Persépolis
    Se voiler, c’est un acte qui répond à un principe. Je ne crois pas avoir jamais dit qu’il fallait voiler toutes les jeunes filles, mais je me désole d’un état d’esprit libertaire qui souffle depuis pas mal de temps sur l’occident, et dont les effets se font sentir jusqu’au fond de la Perse. Il me semble qu’il est normal qu’une musulmane garde son voile, plutôt qu’elle préfère ressembler à Paris Hilton. Dans le cas contraire, je pense que l’on peut parler d’abandon des traditions et de décadence.
    Sinon, la monarchie absolue, c’est à mon goût bien sûr, et pas mal de bons auteurs ont écrit dans un sens favorable à son rétablissement depuis les Lumières, comme quoi, il y a toujours des gens bien, même aux époques les plus improbables.
    Sicko
    La solidarité, c’est de la servilité. On ne peut ainsi attendre de la société qu’elle nous soigne (et bientôt nous euthanasie), sans avoir abandonné l’esprit de service. De là à dire que les USA sont une perfection de système social, il y a un gouffre que je ne franchirai pas. Je retiens du film que l’esprit de marché a remplacé l’esprit chevaleresque dans la psychologie des PDG et des employés des (entreprises) assurances. Bref, il faut réformer, histoire de rééquiliber les intérêts. Mais changer, le système de fond en comble, de grâce, non. Et il ne faut pas ici me parler de misère, et de minorité, parce que ce ne sont que des exemples, pas des arguments (ça me fait penser en classe, à tous ces élèves qui ne savaient répondre à une question que par : “par exemple, monsieur…”, bref qui répondaient sans répondre). Question de principe : je suis libre, je m’occupe de moi. L’égalitarisme va contre la liberté. C’est attristant de voir qu’ici-bas rien n’est parfait, mais vois-tu, je ne crois pas que la vocation de l’état soit de faire le paradis sur Terre.

    Les gens dits de droite (j’imagine que tu classes là Sarzozy et Le Pen) n’en ont pas rien à foutre de la démocratie, ils en ont simplement une conception différente, et un étudiant gauchiste ouvert au dialogue devrait pouvoir tolérer cela. Ils ressemblent à Tocqueville en fait : ils l’aiment dans le fond, leur démocratie. En revanche, je puis te dire que je ne partage pas leur affection. On a encore jamais réussi à me prouver la légitimité du pouvoir du peuple.

    A part ça, la vision de l’anarchie, le gouvernement idéal…. Il y a là de l’idéalisme de collégien (collégien au sens large, profs compris. Je me rapelle une prof de philo qui… enfin passons). J’ai tendance au fatalisme ces temps-ci, alors les conversions ne sont aps vraiment au programme. Le dialogue, c’est pour les gens de gauche entre eux. La discussion, en revanche je ne dis pas non, mais c’est un cadre réactionnaire…

    Salutations.

Laisser un commentaire