Fitna, et commentaires.

31-03 at 3:42 (Cinéma, France actuelle, Heurs et malheurs)

***

J’avais décidé de me fiche de cette vidéo, mais à force de lire les commentaires ça et là, de me rendre compte de la tournure polémique à souhait que prennent les choses, j’ai fini par céder à la tentation et la regarder. J’endosse donc avec plaisir l’espace d’un post la pelisse de journaliste pour vous livrer ici mes réflexions autour de ces 15 minutes de film, mais ce n’est pas encore aujourd’hui que je ferai plaisir aux tolérants de tout poil, puisque je ne considère pas que Geert Wilders soit nazi, ni fâchiste, ni un salaud, ni un catholique. Je vous épargne la description du montage, inutile si vous avez déjà vu la vidéo ; venons-en aux faits.

***

Ars gratia artis : le cinéma et la politique ne font pas bon ménage. Il est inutile d’insister là-dessus. Avec tout le respect (ne lisez pas : “considération”) que j’ai pour des cinéastes comme Ken Loach, le plus souvent, leurs films sont tout bonnement insupportables. Le montage de Geert Wilders n’est pas du domaine de l’art, mais utilise la technique cinématographique : ce n’est pas du cinéma, mais c’est un film. Or la technique cinématographique dans ses oeuvres (montage, son, découpage, collage, ellipses en tout genre…) vise à transmettre un sentiment au spectateur de la part du metteur en scène. En cela on peut dire que la technique cinématographique est parfaitement adaptée à la fonction propre de l’art. La politique en revanche, se place sur le terrain intellectuel, qui ne peut se prêter aux jeux de cette technique sans en être gravement affecté dans le fond et dans la forme. Dès lors, on peut dire que le film politique n’existe pas, et que seuls existent les films idéologiques. Si l’on veut parler politique ou religion, rien ne remplace le livre.

Le résultat du film, c’est l’irréalisme au sens propre. Un exemple : l’islam apparaît une machine en marche, un front uni, ce qui est faux. La haine que se vouent chiites et sunnites, et les défiances tribales communes d’un bout à l’autre du monde musulman suffisent à nuancer ce que l’on peut ressentir après le visionnage. (Et l’histoire de la conquête de l’Espagne par les musulmans peut illustrer mon propos).

Une fois exprimées cette réserve sur la technique cinématographique, on ne peut toutefois pas affirmer que le montage soit malhonnête. Pourtant, j’ai immédiatement regretté que le réalisateur n’ait choisi que des images très (trop?) connues pour illustrer les versets du Coran. Il y a des images assez choquantes de massacres de chrétiens au Moyen Orient, pour qu’on n’ait pas besoin d’avoir recours aux éternelles images des avions s’enfonçant dans les tubes métalliques du Word Trade Center. J’en ai marre de pleurer sur le 11 septembre. J’en ai marre de cette solidarité qui voudrait nous faire nous sentir concernés par des événements n’ayant aucun rapport avec nous. Comme dit Gustave Thibon, “la foi se partage“, ce qui me donnait une raison de m’émouvoir de la situation des coptes en Egypte, ou des derniers moines de Turquie persécutés par les musulmans.

Le choix de telles images est une conséquence du grave défaut du film, ce libéralisme et ce laïcisme, c’est dire : ce modernisme constamment sous-tendu. Je note que Wilders ne s’intéresse qu’à l’idéologie islamique. Le côté religieux du mahométisme lui échappe en tant que tel : il n’est abordé que comme annexe de l’idéologie islamique (et mettre des images de coptes persécutés, ç’aurait été parler de l’islam en tant que religion, parler de combats religieux). Le côté belliqueux et expansionniste est développé : on a l’impression d’une invasion planifiée, comme Hitler annexant les territoires peuplés d’allemands avant la deuxième guerre mondiale. C’est à vouloir défendre les valeurs qui sont aujourd’hui celles des Pays-Bas, que Wilders s’est obligé à ne s’insurger contre l’islam qu’en tant qu’idéologie opposée à la sienne (et qu’il a pu reconnaître un moyen à la hauteur de sa cause, en la technique cinématographique). Très significative, cette demande qu’il formule vers la fin, à l’adresse des musulmans : “arrachez ces vilaines pages du Coran”. Autrement dit, dépouillez votre religion de tout ce qui va à l’encontre de nos “valeurs” : l’appel de la modernité à se couler dans le moule. (”Aimez la liberté sans limites morales, tolérez les homosexuels, soyez de bons citoyens de notre démocratie, ne croyez pas que votre religion est la seule véritable”)

Pour ma part, je considère l’islam comme une religion, qui développe une idéologie guerrière et anti-moderne : un mélange qui va pulvériser nos sociétés. Wilders, en idéologue laïciste, tente de défendre sa décadence chérie. Pour ma part, j’estime que seul le catholicisme, religion véritable, peut contrer cette gnose judéo-chrétienne. Les catholiques comme les musulmans placent Dieu comme point de départ de leur weltanschauung (et pour cela, la conjuration moderniste les appelle fanatiques ou extrémistes). Si un musulman déchire une page du Coran familial, c’est que le livre aura cessé d’être sacré à ses yeux. Dès lors, quelle raison aura-t’il de continuer à vivre selon les autres préceptes de Mahomet contenus dans ce livre ?

Il y avait dans Le choc du mois à l’époque de François Brigneau, un musulman interrogé à l’occasion de la guerre du Golfe, qui s’était dit admirateur de Mgr Lefebvre, parce que le prélat était un défenseur des traditions. De la même façon, je respecte le musulman qui refuse à l’appel de la modernité, de déchirer le Coran, j’admire celui qui las de craindre un Dieu lointain, se rend aux raisons (celles que le coeur n’ignore point) d’aimer le Dieu qui est mort pour nous, et je méprise celui qui abandonnera sa religion pour sacrifier à l’idole moderniste. Je laisse à Geert Wilders le soin de défendre ces valeurs abjectes que pour ma part je me réjouis de voir menacées pour de bon. Je compte sur l’idéologie islamique avec sa fougue guerrière pour détruire l’idéologie moderniste et sur la religion catholique pour en finir avec la religion musulmane.

(Ce n’est pas un hasard si les pays protestants réagissent plus que les pays latins et que la France à l’islamisation galopante. C’est qu’ils sont plus touchés par l’idéologie moderniste, mais précisément, leurs combats ne peuvent faire mieux que Geert Wilders avec cette vidéo. Ils se sont condamnés en tant qu’idéologues, à se battre contre une idéologie, et la religion musulmane les emportera.)

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Clair obscur

29-03 at 8:08 (Heurs et malheurs)

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Christianisme et civilisation moderne

29-03 at 6:51 (France actuelle, Heurs et malheurs, Lectures, Philosophie)

C’est un titre un peu vaste, celui d’un chapitre d’Essai sur la fin d’une civilisation, par Marcel De Corte. J’abandonne Thibon quelque temps, et je reviens au professeur, au style plus austère. Un professeur de philosophie me disait il y a quelque temps qu’il observait deux parentées distinctes dans la pensée catholique, et si je reprenais sa grille de parentés, Thibon aurait Platon pour père, et De Corte, Aristote. Je ne pense pas qu’aucun des deux philosophes auraient dit le contraire. Reste à interroger les vieux maîtres hellènes pour savoir ce qu’ils en pensent…

J’aimerais vous donner envie de lire le professeur belge, injustement oublié de nos jours. Malgré une tentative de Jean Madiran de le faire mieux connaître, il me semble que l’auteur est resté dans la pénombre. Une exception au tableau : L’homme contre lui-même, qui a pénétré les chaumières, ce dont je me réjouis vu la qualité de l’ouvrage. Admirateurs réservés, n’hésitez plus à vous jeter sans réserve sur Essai sur la fin d’une civilisation, ou à acheter dignement ses petits travaux sur les vertus cardinales !

Extraits choisis :

“La crise religieuse est de toute évidence contemporaine de la civilisation rationaliste ; elle en a l’extension territoriale, et il y a là beaucoup plus qu’une simple coïncidence.

Le propre du rationalisme moderne est, en effet, de désincarner l’homme, en séparant en lui l’esprit et la vie. Les miasmes qu’il diffuse grâce à une technique et une politique aussi collectives que possible pénètrent en lui par tous ses pores, et le rendent incapable de supporter la moindre dose de ferment chrétien. L’homme formé par la civilisation contemporaine repousse mécaniquement la greffe du christianisme. Il est devenu inapte à recevoir le message d’incarnation que lui propose la foi chrétienne, car les bases naturelles qui pourraient l’accueillir ont été sapées en lui de fond en comble. L’échec de l’évangélisation des masses est patent, en dépit du travail et de la sainteté déployés par ceux qui l’ont généreusement entreprise. Cette faillite a d’ailleurs son antécédent historique : le christianisme n’a pas mordu sur les masses romaines livrés aux gens du cirque et aux remous de l’empire en perdition, bien qu’il fût alors dans la plénitude de sa jeunesse et de son ardeur conquérantes.”

C’était une sorte d’entrée en matière d’un sous-chapitre intitulé Caractère anti religieux de la civilisation moderne. Voyez que je ne me moque pas de vous. Et il y a de quoi indigner les plus petits volontaristes.

On continue, avec le sous chapitre Influence du rationalisme sur les moeurs chrétiennes  (tout un programme) :

“Depuis plusieurs siècles, et de nos jours avec une vertigineuse rapidité, le virus rationaliste s’infiltre dans les moeurs des chrétiens et dans leur comportement vis à vis de Dieu et de la création. Il a renoncé à ébranler l’intermédiaire entre le chrétien et Dieu qu’est l’Eglise avec son inspiration, ses dogmes, ses sacrements, sa structure qui demeurent intacts. Le temps des grandes hérésies qui attaquaient de front le catholicisme semble révolu. La dernière d’entre-elles, si justement appelée modernisme, visait bien moins le dogme lui-même que l’attitude du chrétien en face de Dieu et du monde ; elle attaquait plus la façon de croire que la croyance ; elle faisait dériver l’orientation de la foi plus que la foi elle-même ; elle empoisonnait les sources du fleuve plutôt que son cours ou que son estuaire.

Le phénomène du modernisme est révélateur. Il signifie que l’ennemi a changé de tactique. Ce sont désormais les membres de l’Eglise, les chrétiens eux-mêmes qu’il menace. Il n’assiège plus comme jadis, l’habitation pour la transformer. Il s’en prend par d’insensibles chemins, aux habitants eux-mêmes qu’il enveloppe de sa présence invisible, et qui se chargeront de cette besogne.

La scission entre l’esprit et la vie, la dislocation des bases de la religion naturelle qui s’ensuit; l’affaiblissement du sens intuitif de la présence de Dieu dans l’univers, la rupture des liens organiques entre la créature et la création, tous ces facteurs associés tendent à corrompre l’homme dans le chrétien et à englober par là le christianisme dans la décadence de la civilisation.”

Et le philosophe de distinguer deux dégénérescences distinctes du christianisme sous cette influence moderne, le christianisme bourgeois “christianisme dévalué”, aussi dévalué que l’est l’être du bourgeois, et le christianisme historique et progressiste qui “se persuade que la transformation n’a rien de négatif et qu’elle constitue une étape nouvelle dans l’histoire de l’esprit humain et de l’emprise de Dieu sur la nature”.

La conclusion du livre est manifestement du même cru, un état d’esprit qui a dépeuplé nos églises même les plus “traditionalistes”:

“Le chrétien est dans ce monde qui se dissout. Il doit en tenir compte.”

Jusque là tout le monde est d’accord. C’est la suite du paragraphe qui fait s’étouffer nos chrétiens avec les petits fours maison, à l’occasion de je ne sais quelle rencontre-conférence catholique ou politique :

“Lier le sort et l’action du christianisme à l’avenir d’une civilisation qui est en train de mourir nous paraît être la plus grave erreur que puisse commettre le chrétien. Quand nous entendons dire que le christianisme est seul capable de sauver la civilisation, ne cédons pas aux voix des sirènes : cette civilisation est condamnée parce qu’elle a séparé l’esprit de la vie, parce qu’elle s’est détournée de Dieu en se détournant de la vie, parce qu’elle macère dans la certitude effroyable que “Dieu est mort”. L’appel du large que suscitent dans les âmes les idéologies n’est que la tentation intense et ruineuse du suicide. Le christianisme n’a pas empêché l’effondrement de la civilisation antique, même après l’édit de Constantin qui permit aux chrétiens d’occuper les postes les plus importants de l’empire.

Remarquons d’ailleurs que le christianisme se trouve dans une situation infiniment plus difficile qu’à l’époque de l’invasion horizontale des barbares aux premiers siècles de son expansion. Les barbares qui déferlèrent sur l’Occident possédaient une vitalité puissante dont les barbares verticaux actuels sont bien dépourvus. C’étaient des hommes terriblement incarnés dont la vie débordante emportait sur les vagues le frêle esquif de l’esprit. Si l’esprit chavirait chez les uns, il continuait de flotter chez les autres. Il n’échouait jamais à sec. Il suffisait au christianisme de calmer la vie, comme le Christ la mer déchaînée. Une continuité s’établissait entre les abîmes du réel, l’océan, le vaisseau, et le pavillon de la Grâce. Cette tâche était relativement facile. Il n’en est plus de même aujourd’hui. Mis en présence de barbares d’un nouveau genre en qui l’esprit séparé de la vie ne communique plus avec le réel ; le christianisme s’avère impuissant. Une solution de continuité est tracée entre la nature et la Grâce. la nature elle-même se disjoint. Le christianisme ne toucher plus l’homme moderne, parce qu’il ne peut atteindre qu’un être incarné. Il ne peut plus entreprendre la conquête d’hommes en qui la nature humaine est en train de disparaître sous la poussée d’une désincarnation qui s’accentue de jour en jour. L’échec de la rechristianisation de la bourgeoisie et des masses par l’action catholique s’explique par là : gratia naturam supponit.”

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En mémoire d’un homme d’honneur

28-03 at 5:32 (Beauté, Heurs et malheurs, Histoire, Lectures)

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François Athanase de Charette de La Contrie, mort pour le Roy le 29 mars 1796, des fusils républicains.

En toutes les provinces                                        
Vous entendrez parler
Qu’il y a un nouveau prince
Qu’on dit dans la Vendée
Qui s’appelle Charette.
Vive son cœur !
Chantons à pleine tête :
Gloire et honneur !

Cet ami du monarque
Il a bien du renom.
Il fait un grand obstacle
A tout’ la Nation :
Jusques en Angleterre
On l’applaudit ;
Aussi sur les frontières,
Même en Paris.

Admirons la vaillance
De Charette homm’ de coeur
Il est né pour la France
Il fait voir sa valeur
Regardez cette armée
Rien de plus beau ;
Il a palme et laurier
Dans les drapeaux.

Combien de catholiques
Qui n’existeroient plus
Si Charett’ Pacifique
Avait perdu la vie !
Dieu nous l’a conservé
Vive le Roi !
Que toute cette armée
Chante avec moi.

Quand va à l’attaque
Dit à ses Commandants:
” Mettez-vous en bataille
Et marchez sur huit rangs.
En avant ! grenadiers
Ne craignez rien
Courage, cavaliers,
Tout m’appartient.

Malgré la canonnade
Il fonce vaillamment
Quoique la fusillade
Il dit : « Mes chers enfants,
Crions à haute voie,
Soldats, vengeons
La mort de notre roi
Par la Nation. »

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دمشق الشام

28-03 at 4:44 (Arabisme, Heurs et malheurs)

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La maladie et le fléau

27-03 at 7:18 (Heurs et malheurs)

Dans ce post-là je reprenais des pensées de Gustave Thibon, extraites de l’échelle de Jacob, dont certaines qui trouvent une résonance toute particulière par rapport à la situation actuelle.

Il y a une grande confusion dans les esprits entre les notions d’espoir humain et d’espérance chrétienne. En aucun cas l’espérance chrétienne ne consiste à regarder l’avenir en le considérant comme nous étant matériellement favorable. Tout ce que nous permet l’espérance chrétienne, c’est la certitude du triomphe final du Christ, et de la concordance des événements pour notre bien personnel. Le chrétien laisse les lendemains qui chantent aux païens jouisseurs, aux communistes athées, et à nos contemporains dignes héritiers des deux tendances. L’optimisme chrétien n’a pas d’autre sens que le spirituel, et comme chacun sait, notre bien spirituel passe souvent par les épreuves matérielles, par la souffrance en ce bas monde. Les volontaristes chrétiens quant à eux, sont amenés à faire cette confusion, prostituant la volonté de Dieu pour la ramener à la sienne. Les volontaristes chrétiens ne désirent pas l’amélioration de leurs conditions matérielles, mais la réalisation de leurs bonnes intentions. Combien de chrétiens bien intentionnés ont remplacé le ”que votre volonté soit faite” du Notre Père par d’ardentes velléités volontaristes de retour à la société chrétienne (exemple actuel). Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien souhaiter, mais que nos souhaits ne doivent en aucun cas passer outre les vues de Dieu.

“Vertu d’espérance. Si paradoxal que cela paraisse, l’espérance surnaturelle consiste surtout à ne pas songer à l’avenir. Car l’avenir est la patrie de l’irréel, de l’imaginaire. Le bien que nous attendons de Dieu réside dans l’éternel, non dans l’avenir. Et le présent seul donne accès à l’éternel. Se réfugier dans l’avenir, c’est désespérer du présent, c’est préférer un mensonge à la réalité que Dieu nous envoie goutte à goutte chaque jour. Dieu tient ses promesses en même temps qu’il les fait. Hodie mecum eris in paraiso, telle est la devise de l’espérance surnaturelle. La fausse espérance, braquée uniquement sur l’avenir, se repaît de promesses : demain, on rasera gratis…”

On ne saurait mieux dire…

Triste époque que la nôtre (et par là destin triste et grandiose que le nôtre : réjouissons nous !) qui voit le triomphe du cancer idéologique. Nous avons peu à peu perdu l’habitude de concevoir les événements comme rattachés au plan divin, peut être par peur du qu’en dira t’on, des regards sarcastiques de notre entourage le plus proche. Qui vous parle encore du péché de la France, pour qualifier son état d’apostasie officielle depuis 1789 ? Quand on prononce ce mot, on le fait du bout des lèvres, et encore, le plus souvent, on ose à peine aller jusqu’au bout du raisonnement, et conclure que s’il y a bien péché, il y aura donc châtiment. Tant au niveau individuel qu’au niveau national, un péché appelle un châtiment, et on en pourra rien comprendre à rien de ce qui se passe actuellement sans rester dans cette optique théologique-là. (On a perdu la bonne habitude de lier la théologie et la philosophie politique, effet du rationalisme ambiant)

J’ai du mal à comprendre l’état d’esprit, ou plutôt le sentiment d’appréhension vis à vis de l’islamisation de la France, ce processus qui se déroule sous les yeux attérrés des chrétiens embourgeoisés et les yeux doux des gouvernants. Ce n’est pas tant que j’apprécie l’islam cette gnose judéo-chrétienne, ni même les musulmans qui sont le plus souvent sujets à la méchanceté, voire la mesquinerie. Mais au moins, ces derniers ont l’excuse de leur fausse doctrine et ne sont pas atteints des mêmes défauts que nous, de notre décadence irrémédiable. Notre société a assez durée, et je ne vois rien qui puisse la racheter. Alors, l’islam, nouveau fléau de Dieu, pourquoi pas ? De toute façon, que Sa volonté soit faite ! Il reconnaîtra les siens. Autant je peux imaginer l’Iran actuel devenir chrétien, autant la perte du sens du beau, du bien qui nous caractérise désormais est un obstacle fatal à notre redressement. Le christiannisme sauvera t’il notre société ? Bien sûr, mais pas de la façon que s’imaginent deux tiers des chrétiens aujourd’hui, à savoir par une conversion des français, qui serait due à l’intervention du Saint Esprit, un peu, et à nos gros efforts, surtout. Je vois plutôt un grand chaos, et un ordre nouveau en sortir, pour reprendre des terminologies thiboniennes. Comment parler de convertir les français actuels ? Vous pouvez convertir des hommes, avec des aspirations, des sentiments, une intelligence saine, mais ces fantômes qui déambulent dans nos rues laides au possible, sans goût, sans passion, si pâles que j’en viens même parfois à me demander s’il leur reste encore des instincts, comment pourraient-ils devenir ce qu’ils ne sont plus ? Un miracle, me direz vous. Je crois aux miracles. Le Christ a converti saint Paul, saint Ignace, saint Augustin, mais on ne peut pas comparer aucun de ces hommes avec nos contemporains. Marcel De Corte dit tout cela mieux que moi dans son Essai sur la fin d’une civilisation.

Rien ne sert de pleurnicher, nous avons deux raisons d’être stoïques. Nous ne sommes pas seulement coupables d’apostasie et de décadence et sommes  responsables des maux qui nous attendent conséquemment. La montée de l’islam dans ce qui nous sert de société, c’est une réponse à cette loi qui dit que la nature a horreur du vide.

“Le mal intérieur évolue d’une façon infiniment plus bénigne en apparence que les fléaux. Un cancer germe en nous plus lentement que la peste (il met peut-être toute notre vie à germer), et cet incurable ennui qui suinte des vies molles et gavées ne nous saisit pas à la gorge avec la brutalité d’une poigne de brigand. Mais la peste et le brigand sont des maux qui ne font pas partie de nous-mêmes, ils peuvent nous lâcher, et s’ils nous tuent, ils nous tuent franchement sans nous corrompre, tandis que le mal intérieur nous poursuit jusqu’à la tombe et nous dénature avant de nous tuer.

L’homme le cultive pourtant ce mal suprême, il en chérit les causes, et tremble devant les fléaux qui pourraient l’en délivrer. Ces gens qui tremblaient hier devant la guerre, et qui tremblent aujourd’hui devant la vie dure ont peur de voir le fléau balayer en eux la maladie : ils redoutent plus que la mort une guérisson blessante. L’instinct perverti qui habite en eux semble dire au fléau : nous sommes assez forts pour nous détruire nous-mêmes -et plus radicalement, plus sûrement que tu ne pourrais le faire- avec ce que nous croyons être le plaisir, la sécurité et le repos !” dit Thibon.

La vérité, c’est que nous sommes déjà dénaturés et c’est précisément pour cela que nous sommes incurables. Je repense à cette pensée de Dostoïevsky dans son Journal d’un écrivain lorsqu’il écrit que le peuple perverti jusqu’à la moëlle, c’est à dire jusqu’aux instincts, préfère mourir de sa maladie, que de guérir, qui rejoint bien notre dernier philosophe national.

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Quelques considérations sur la génétique des populations

26-03 at 8:01 (Futilités divertissantes, Hispanophilie, Histoire, Lectures)

Avant tout, je dois préciser que je suis un ignorant total en biologie, et le peu que je sais, je le dois à quelques lectures contraintes, corrollaires à mes autres lectures, elles vraiment mûes par le plaisir du sujet. (Déjà petit en classe, je me fichais de connaitre le fonctionnement du système digestif bovin ou humain, et depuis, le désintérêt est devenu dégoût, un peu forcé parfois, j’admets. Bref, je n’aime pas les divers bio, médico, et je me suis laissé vivre, loin de ça)

Mais, bon, puisque nous sommes à l’ère de la science de la technique, et que le besoin de savoir nous pousse souvent à relèguer au placard la poésie du mystère, je me suis laissé aller à lire différents thèses d’universitaires -entre autres celles d’étudiants de l’Universitat de Catalunya- sur la génétique des populations en général, et celle des populations espagnoles en particulier.

Hors de question de critiquer les méthodes et les résultats, si ce n’est signaler que forcément, les résultats seront plus probants si l’on fait des études sur des échantillons vastes de population exclusives à une zone géographique distincte, ce qui me semble t’il, n’est pas toujours le cas. On a trop tendance à vouloir raisonner par moyennes, tandis qu’il vaudrait mieux détailler au possible de région en région, surtout pour des pays comme la France, et l’Espagne. Hormis les peuplades homogènes d’Afrique et de péninsule Arabique peut être, l’Histoire a laissé des traces génétiques fortes ou pas, mais variées de toute façon selon la région. Un Lorrain n’a pas le même sang qu’un Bourguignon, un Catalan n’a pas le même sang qu’un Galicien.

Les analyses génétiques moyennes de l’Italie ou de l’Espagne n’ont pas beaucoup de sens, nous référant à l’histoire des 3000 dernières années. Comment expliquer dès lors, ces tableaux génétiques présentant une certaine homogénéité entre des pays aussi différents que l’Angleterre et l’Italie ? La simplification, tout est là. On vous présente, d’après la méthode du chromosome Y, un lot commun de gène R1b de l’Ecosse à l’Andalousie, avec des touches exotiques ci et là. Jusque là rien à dire, je ne conteste pas les résultats (encore que l’on sait bien que selon les bonnes ou mauvaises conditions dans lesquelles se fait l’expérience, le résultat peut être erronné ou non), je conteste simplement les interprétations idiotes qui sont faites à partir de ces résulats.

Expliquons-nous. Les résultats des expériences mettent à jour une faible différence entre l’ADN d’un noir africain et d’un aryen germain, ou d’un pékinois et d’un papou (la différence ne représenterait que 0,1 % des informations génétiques). La différence se précise par l’isolement (d’où que l’on pourrait déduire la jeunesse de l’humanité). Considérons l’aire géographique Méditerrannéenne, on retrouve les mêmes racines génétiques, du Caucase à la Galice, mis à part quelques haplotypes, mais ce qui fait la différence, c’est la proportion. Un syrien porte comme un français, le gène R1b. Ce que j’en déduis, c’est que les syriens ont un apport génétique fourni par un peuple qui avait le même ancêtre que le peuple qui a apporté aux européens de l’ouest ce même gène. Ce qui les différencie, c’est que les syriens auront des mutations de ce gène qui leur sont spécifiques, et les européens de même. D’où que les cartes que l’on vous fournit comme celles-ci, induisent en erreur, et ne servent de rien, car manquant de précision. Par exemple, on pense (à mon avis à juste titre) à une “colonie” syrienne en Catalogne avant l’ère romaine, et si cela est vrai, la génétique devrait le retrouver, à condition d’être précis au maximum, élaborant le tableau complet et détaillé des gènes et de leurs mutations, dont celles typiquement syriennes. Mais ces cartes ne permettent pas une telle vérification, elles ne permettent pas de se référer à des peuples. Sur un obscur forum, j’ai trouvé un membre qui affirmait que génétiquement, les catalans sont plus celtes que quiconque en Europe. Je me suis toujours demandé comment il pouvait dire cela au vu de l’histoire d’abord, car le littoral méditerrannéen espagnol est peu celtisé (s’il l’a jamais été), et que les cartes génétiques ne permettent pas de tirer de telles conclusions.

Autre problème : les stupidités qui ont cours aujourd’hui, et qui entâchent la démarche scientifique biologique. L’homme, issu du singe, lui même issu de la terre, elle même provoquée par une grosse explosion - mais oui parfaitement- du souffle de laquelle est issu le souffle de la vie, cet homme là viendrait aussi d’Afrique. Laissons de côté, pour l’instant en tout cas, la querelle entre créationistes et évolutionistes. Il s’agit de distinguer deux façons de penser, autour de la génétique des populations. La première part de l’hypothèse africaine de l’homme,  se sert des résultats génétiques pour la coroborer, et partant de là établit des dates aux mutations génétiques diverses. La seconde, elle, part des résultats obtenus pour déterminer des flux de population et des origines communes, et devant le nombre écrasant de données différentes à l’échelle mondiale une fois le détail poussé au maximum, elle évite de se prononcer sur des interprétations et des dates conséquentes, qui ne pourront d’ailleurs être fixées sans le concours de l’historien.

Selon que vous pensez que le premier homme était un descendant d’un grand singe africain, ou des fils de Noé repeuplant la Terre après le déluge, vous trouverez à partir des cartes génétiques des populations mondiales assez d’éléments qui, à défaut de prouver votre thèse, abonderont dans son sens.

En résumé, il faut me semble t’il rester prudent quant à tous ces travaux qui tendent à prouver tout et son contraire (voir les interprétations des séparatistes catalans, qui brandissent le drapeau d’une certaine séparation génétique d’avec les autres espagnols, ou les contemplateurs des cartes globales qui raillent les basques quant à ce qu’ils jugent une absence de différence d’avec les espagnols d’autres régions de la péninsule).

Si je devais livrer ici mes considérations personnelles quant aux questions basques et catalanes, au vu de l’histoire et de la génétique, la première guidant la seconde, je dirais que le pays basque est une population endogame issu d’une ancienne vague de peuplement, présentant des particularités la détachant du reste de l’Espagne (par exemple, les invasions musulmanes ont laissé moins de traces qu’ailleurs), tandis que la population catalane, si elle a été peu mélangée avec les autres populations espagnoles (exeption faite d’avec les valenciens et les aragonais, longtemps réunis sous la même couronne, précisément), a été constituée d’apports méditerrannéens divers. Conservation pour les premiers, et ouverture à l’Est pour les seconds, donc. (Non non, sans jeu de mots, voyons !)

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No country for old men, Sicko et Persépolis

26-03 at 5:34 (Cinéma, Futilités divertissantes, Heurs et malheurs)

Ce sont les trois derniers films que j’ai vus. En fait, j’ai presque abandonné le cinéma, depuis qu’il ne se produit que des cochonneries sans intérêt, une prise de conscience, comme dirait un journaliste politique, qui remonte à peu près à l’époque qui a vu la trahison de Scorsese -le Maître- a trahi ses admirateurs les plus fanatiques (j’en serais presque arrivé à défendre Le Temps de l’Innocence ou autres ratages épisodiques), et que dans la foulée, Bergman a rendu son âme suédoise à Celui qui lui avait offert.

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Les frères Cohen, je ne les connais que de nom, et de réputation. Mais pour No Country for Old Men j’ai suivi mon instinct (de toute façon, il y avait Bardem, alors…), et je n’ai pas été déçu. Rien à dire de plus que ce qui a déjà été dit par Le Grand Charles ici, et là aussi. Une esthétique maitrisée, et un fond solide, cqfv : ce qu’il fallait voir.

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Sicko, en revanche, est une montage menteur de la part d’un gauchiste. S’il y a une chose qui me paraît correct aux USA, c’est bien leur système de protection sociale. Ce qu’il ressort des différentes interviews d’américains pratiquées par Moore, c’est que les compagnies d’assurance tentent au maximum de ne pas avoir à payer leurs clients. Pas étonnant, ma foi. Je n’espérais pas trouver des chevaliers servants dans les bureaux plastique et néon des grandes sociétés américaines. Mais je ne trouve pas non plus de raison de changer de système de santé. Mieux vaudrait changer la nature humaine, chose impossible, ou modifier quelques détails afin de prévenir les excès, protéger le client des magouilles véreuses, réformer le système, en gros. Mais ces principes qui permettent à qui le souhaite de s’assurer ou non, de telle manière que la société n’a rien à payer pour lui, d’une part, et qu’il ne paye rien à la collectivité, d’autre part, je le juge bon, et le souhaite en France. Le système socialiste actuel, qui vous impose une solidarité imbécile, je m’en passe bien (d’abord, je ne suis jamais malade, alors je paie pour rien, et quand bien même je serais à l’agonie, je ne voudrais pas de leur argent, et solidaire, jamais de ma vie !). Mentalité anarchiste ? Oui, plutôt que la servilité.

Passons sur le matérialisme du réalisateur, qui croit pouvoir intéresser un être humain normalement constitué, deux heures durant sur les problèmes de santé de Jack, citoyen américain, ou de Ginette, citoyenne française. Passons encore sur les conneries débitées en une vitesse record, à savoir la vision idyllique du système de protection sociale français, par des immigrés américains, ou par des français (la mère de famille qui affirme avoir droit à une nounou payée par l’état ! -Si vous lisez ces lignes, chère madame, merci de m’informer plus en détail).

Penchons nous sur la France, ou bien, ces gens qui dialoguent devant la caméra mentent, et auquel cas, la sécurité sociale n’est pas le paradis sur Terre pour les cotisants, ou bien ils disent la vérité, et nous n’avons plus par conséquent à nous demander ou passe l’argent que nous donnons docilement ou malgré nous chaque mois, au nom de la solidarité (l’américain qui se tape trois mois de congés payés parce qu’il est trop fatigué). Dans les deux cas, c’est une bonne raison de bloguer contre Michael Moore. Qu’il n’aime pas Bush et les exactions de son pays en Irak, très bien. Mais ce film mensonger ne passe pas.

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Je préfère regarder Persépolis. Là au moins, le féminisme et la démmmmocratie savent se vendre. En fait, ce doit être un des films les plus tristes que j’aie vus depuis pas mal de temps. Ce n’est pas l’histoire qui m’attriste, c’est plutôt ce que je connais de l’Iran et ce que je découvre à travers les scènes du film. Penser à ce pays écartelé entre l’islam intransigeant et la liberté dégénérée me fend le coeur. Marjane Strapi est une féministe. Elevée dans une famille de communiste, elle souhaite la fin du régime du Chah, avant de voir, attérée la proclamation de la république islamique, toute jeune fille. Le film raconte sa vie, entre l’Autriche et l’Iran puis la France, entre l’Iran chiite et l’occident décadent. 

Mieux vaut dire tout de suite que la majorité des familles d’Iran n’ont pas une si bonne situation qui leur permette l’études des conneries politiques éditées en occident depuis les Lumières, et Dieu merci. La majorité sont musulmans et préfèrent voir leurs filles voilées et mariées, que tête aux vents nouveaux et dévergondées coume di ptites ouccidentales, et tant mieux. Ce film m’inquiète, en fait, et Satrapi ne le cache pas dans ses interviews, la contestation grandit en Iran, même si elle ne revêt pas les formes qu’on lui prête depuis un pays occidental. Pour l’instant les choses tiennent à peu près ( les homosexuels se cachent, on préfère la virginité que la prostitution), mais jusqu’à quand ? et à quel prix ? C’est l’impasse. Attristant. Reste à dire que le film ne manque pas d’humour, et vous avez là toutes les bonnes raisons de le louer ou de l’acheter au plus vite.

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Le glaive et le poison

26-03 at 4:14 (Heurs et malheurs, Lectures)

Sainteté et pharisaïsme - On échappe au pharisaïsme que par la sainteté. Mais l’horrible, c’est la solidarité sociale de la sainteté et du pharisaïsme : elle lui fournit, comme l’hôte au parasite, de quoi durer et s’épanouir. La sainteté condamne du dedans le pharisaïsme, mais en même temps, elle le nourrit, elle le justifie pour ainsi dire du dehors. Si les saints n’infusaient pas sans cesse un sang nouveau à l’organisme religieux ou politique auquel adhère le pharisien, celui-ci ne tarderait pas à perdre tout prestige et tout crédit et à mourir socialement d’inanition.

Il est amer pour le saint -et même pour le simple penseur honnête- de songer aux parasites qui assiéront sur lui leur influence et se serviront de sa pensée et de son exemple, pour mutiler ou empoisonner les âmes. Aura-t’il été tourné vers les choses du ciel ? On l’utilisera comme éteignoir de la vie. Aura t’il béni la terre et la vie ? On tirera de lui des arguments en faveur d’une vie terrestre coupée de ses sources divines, d’une volupté anarchique et stérile, etc. Nos ennemis, nos détracteurs, tous ceux qui par la force ou par la ruse essaient de ruiner notre influence prennent des allures de bienfaiteurs si on les compare à ces disciples dégénérés qui, pour faire accepter leur poison aux hommes, le mêlent à notre breuvage. Car les premiers ne peuvent que neutraliser notre influence, tandis que les seconds, sous prétexte de la dilater, la pourrissent. Ceux-là nous resserent dans notre lit (est-ce un si grand mal pour un fleuve ?), mais ceux-ci transforment nos sources en marécages. Pour prévenir une fois pour toutes notre vraie pensée contre les entreprises des pharisiens qui se réclameront de nous, on voudrait pouvoir crier aux âmes de bonne volonté : chaque fois qu’on essaiera de vous imposer en mon nom quelque chose qui vous blesse ou vous étiole dans une pure, une sainte partie de vous-mêmes, sachez bien que je n’ai pas voulu dire cela.”

Gustave Thibon, L’échelle de Jacob (Le glaive et le poison)

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Décadence moderne

25-03 at 7:08 (France actuelle, Futilités divertissantes, Heurs et malheurs)

En consultant les interfaces-blogeuses-se-développant-le-plus-vite de wordpress, j’ai trouvé cette horreur.

Voyez, jugez, et vomissez, c’est .

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Maurras à propos du romantisme d’Hugo

24-03 at 8:03 (Lectures)

“L’office littéraire de Victor Hugo peut se résumer en fort peu de lignes. Héritier de Chateaubriand, il a procédé à l’affranchissement de la phrase et surtout du mot. En demandant qu’on abolisse toute tradition ; en écrivant que le caprice du moindre poète (vates) doit l’emporter toujours sur le génie des langues et sur l’ordre des styles ; en substituant à l’idée de la beauté l’idée de caractère, à la notion de perfection, celle d’originalité, Victor Hugo n’est pas seulement arrivé à se priver de certains concours magnifiques que le passé d’une nation, et l’histoire de la civilisation elle-même apportent à leurs derniers-nés ; il ne s’est pas seulement contraint à beaucoup renier de ses prédecesseurs et à mimer l’oeuvre brutale des ignorants et des primitifs : son malheur est plus grand. Il dresse contre lui et contre tout poètre égaré par sa théorie et par son exemple une armée d’ennemis profonds et redoutables. Victor Hugo, par son esthétique, suscite contre l’écrivain français, la coalition de tous les élements du langage : ce qui n’était qu’une manière obéissante ou tout au moins domptée, ou qu’on était convaincu d’avoir à dompter, les mots déliés de leurs attaches traditionnelles, de leurs chaînes logiques, et ainsi les rapports qu’ils soutiennent avec leur sens, les mots se soulèvent pour s’imposer à l’imagination de l’écrivain, ce n’est plus lui qui écrit sous la dictée de sa conception ou de son amour : c’est la tourbe confuse des outils révoltés qui se combinent en lui par le jeu machinal de leur rencontre physique et de leur agglutination spontanée. Sa volonté de fer, au lieu de les réduire, appuiera ces insurreections.”

Bons et mauvais maîtres, Oeuvres capitales.

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Semaine sainte

22-03 at 3:08 (Année liturgique, Beauté)

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Descubierta y conquista

20-03 at 4:03 (Hispanophilie, Histoire)

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Architecture orientale

15-03 at 5:20 (Arabisme, Beauté, Histoire)

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Supplication

14-03 at 3:39 (Heurs et malheurs)

“Ayez pitié, Seigneur, d’une âme sans royaume”

Pierre Pascal

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In memoriam

14-03 at 2:55 (Heurs et malheurs)

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العراق.. باغصان الزيتون شيع الكلدان المطران رحو

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سوريا

11-03 at 5:05 (Arabisme, Heurs et malheurs)

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Vocabulaire contemporain (3) -La Charité et la solidarité

11-03 at 4:11 (Heurs et malheurs)

Solidarité - La solidarité est le substitut idéologique de la charité catholique, sa dégénérescence, de sorte que ces deux termes présentent en fait des différences flagrantes.

“Charité ordonnée commence par soi-même”. La charité s’ordonne. Soi, sa famille, sa nation, et son prochain comme dans la parabole du bon samaritain se servent de façon réglée. En d’autres termes, la charité est dépendante du réel, c’est à dire des circonstances, et des données qui façonnent notre vie.

L’ouvrier qui s’engageait dans une grève était assuré de la solidarité des ouvriers des usines voisines, françaises et mondiales (”prolétaires de tous les pays unissez-vous”), c’est à dire que l’on passait par dessus les données authentiquement communautaires (la proximité, la région, la nation) pour inventer de nouvelles communautés définies par un cas particulier -l’appartenance à la classe des prolétaires, dans ce cas précis. Les choses -ô étonnement !- ont tendance à empirer, dans la mesure où l’on trouve de la solidarité aujourd’hui jusqu’envers des groupes de gens avec lesquels non seulement on ne se touve pas de rapport organique, mais même, avec lesquels on serait en peine de se trouver quelque rapport que ce soit. Les français qui se déclarent solidaires des palestiniens me font rire (au moins). Ils rentrent dans cette catégorie pour qui la solidarité ne trouve de raison d’être que dans un petit épanchement sentimental. La conscience de classe dont parle Marx, cette fumisterie idéologique, est un vestige de l’ancien ordre de la solidarité, qui désormais a rompu tout cadre, et prétend exister sans aucune ligne directrice un tant soit peu réflexionnée. Réjouissons-nous, car si la solidarité se préfère un simple sentiment sans encadrement, sorte de romantisme somme toute, j’y vois là un signe de sa fin prochaine.

La charité se pratique, mais la solidarité, elle, n’engage jamais véritablement l’individu solidaire. L’homme charitable donne de lui-même, alors que le sentiment abscons qu’on appelle solidarité de par sa nature creuse, permet à l’individu solidaire de ne jamais oeuvrer, de ne jamais donner de lui même. Des figures comme celle de Kouchner, photographié en Somalie avec un sac de riz plus gros que lui, et pour autant vivant en nabab (sans un dixième du goût et de la prestance d’un nabab, je tiens à le préciser), sont assez parlantes à cet égard, pour que je n’aie pas à m’attarder là-dessus. Disons rapidement que la solidarité a un caractère servile fortement marqué : elle permet d’éviter le service du prochain qui est la norme de la charité (tout en gardant bonne conscience, miracle des temps modernes) : qu’on ne s’étonne donc pas qu’elle soit exaltée dans notre société d’esclaves. L’être cynique, est en quelque sorte un vestige de l’ancien temps, de par son caractère monolythique. Il est incapable de solidarité, car il n’éprouve en aucun cas le besoin de se donner bonne conscience. Les gamines du Bostwana ont faim ? Il s’en fout (et moi aussi). Son voisin a besoin d’un peu d’argent ? Il s’en fout tout pareil, alors que dans ce cas précis en revanche, l’être charitable donne.

La charité est une vertu, et comme telle, grandit celui qui la pratique, tandis que la solidarité ne possède pas ce caractère transcendental, sacré. Elle n’est que la sentimentalité du bienpensant, et rien de plus. Nos idéaux étaient des vertus (foi et fidelité, et leurs corrollaires) aujourd’hui, ce qui nous tient lieu d’idéal est foncièrement désacralisé. La charité nous relie à notre prochain, et répond à un commandement divin, elle est donc une relation horizontale et verticale. La solidarité est une relation exclusivement horizontale, et ceux de ses chantres qui prétendent le contraire ne font que vernir une coquille vide.

Sous le règne de la solidarité, la société se coupe en deux (le manichéisme, c’est tellement plus pratique), ce qui lui découvre une filiation démocratique. Chaque évenement coupe de facto la société en deux, les solidaires des uns et le solidaires des autres, comme pour le conflit Israëlo-palestinien, et de plus en plus, les solidaires tout court, des non solidaires, les gentils et les salauds : “-Comment ? Vous ne vous sentez pas concerné ? -Non mademoiselle, je vous avoue franchement que le sort des arborigènes d’Australie m’est complètement égal. - Et la solidarité ? Nous n’avons pas les mêmes valeurs !”

Tiens, parlons-en des valeurs. La solidarité, est une valeur. La valeur est le substitut moderne, dûment désacralisé, de la vertu ou du principe (les esprits modernes ont du mal à faire la différence). La charité, elle, s’accomode très mal de ce cadre étroit, et c’est pourquoi elle a presque entièrement disparu de nos jours, même de nos paroisses emplies de bons catholiques. Les exemples foisonnent d’individus des plus atteints par le syndrôme, qui préfèrent acheter des cartes postales à l’unicef, plutôt que de nourrir le clochard du quartier.

Au delà d’une simple divergence de termes, c’est une différence d’état d’esprit qui est mise à jour dans cette simple comparaison. “La charité, pour un égalitariste, est un vice féodal”, dit Gomez Davila, avec raison. Nous pourrions rajouter que la solidarité est l’activisme des bienpensants, l’apanage des mentalités modernes.

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Vocabulaire contemporain (2)

10-03 at 4:44 (Heurs et malheurs)

Valeurs occidentales - Une expression fourre-tout s’il en est. On la trouve dans la bouche de Georgie Le Texan, dans les discours de Sarkozy, dans la prose des universitaires européens, dans les articles des journalistes américains. (Le mot valeur mériterait lui-même une explication en règle tant il est bien idéologiquement correct, mais tant pis, utilisons-le tout de même, pour cette fois.)

Il faudrait d’abord définir le mot Occident. On entend parler d’Occident à partir de l’Antiquité, en référence aux civilisations grecques et latines. A l’époque classique, les grecs définissent leur civilisation par opposition à celle d’Orient, de Syrie principalement. Les orientaux vivant sous un climat chaud, ont tendance à la mollesse, et sont jugés de haut par les grecs. Les romains avant de s’helléniser, présentaient des caractères spécifiques de civilisation, et l’occident moderne est l’héritier de ces deux civilisations antiques, trop rapidement synthétisées en une pseudo civilisation gréco-romaine qui n’a de sens que si l’on observe la période depuis l’an 2000, sans prendre le temps de s’attarder sur les détails. Les romains empruntèrent beaucoup aux grecs, mais les fondements de leur grandeur leurs étaient propres. Evidemment il ne faut pas s’imaginer que l’orient n’a rien légué à l’occident, hormis la religion -on va en parler- il y a un certain nombre d’introductions orientales passées par Rome aux pays occidentaux, retenues dans l’histoire. Juvénal disait bien en son temps : “L’Oronte se jette dans le Tibre”.

La religion catholique est une autre composite, qui survient avec l’évangélisation par saint Pierre à Rome, d’où sortira l’Eglise Catholique Romaine (à l’heure où l’Orient voit l’Eglise Catholique Chaldéenne, fondée par Saint Thomas oeuvrer pour qu’Il règne). Je ne dis pas la religion chrétienne, parce qu’elle n’existe pas, et je ne veux pas mentionner le protestantisme, qui n’est pas une religion (ce serait plutôt l’anti-religion, en termes stricts). De plus je défends l’idée que le protestantisme sonne précisément le glas de l’âge d’or de la civilisation occidentale, et le début de la décadence. On pourrait presque dire que le protestantisme est une subversion subtile de l’ordre occidental, en cela qu’il conserve un ordre ressemblant à l’ancien, mais que ses principes sont fondamentalement opposés à ceux qui ont fait l’Occident véritable. Le début de la fin, puisque c’est le point de départ des prétendues philosophies dégénérescences chrétiennes et des idées politiques qui nous régissent à ce jour, ce corpus de valeurs qui n’ont d’occidental que l’origine géographique.

A partir de là, j’admets l’appellation d’extrême occident à propos de l’Amérique Latine. N’importe qui ayant voyagé par là bas, reconnaîtra une évidente transmission de culture, de la religion aux langues héritées de l’Espagne, et du Portugal. Le poids historique est fort, chaque ville en témoigne. La transition entre les civilisations indiennes et l’hispanisation correspond bien à de l’occidentalisation. En revanche, les USA, pays essentiellement déculturé, aux apports culturels et raciaux, religieux et idéologiques aussi divers que le monde lui même représente plus une parenthèse dans l’histoire, selon le mot de Lapinos. Je ne nie pas une parenté occidentale, ce qui serait purement idiot, mais ce pays m’apparaît comme un déchet de quelque civilisation que ce soit, dans un ordre occidental (même si, tout ce qui s’y passe ou s’y fait n’est pas sans intérêt, où obligatoirement marqué du sceau de l’infamie). L’american way of life n’est qu’un moule bâtard, dans lequel on presse allègrement des individus de quelque pays culture ou race qu’ils soient ; et le résultat du pressage donne un américain. Tout est dit avec ce simple mot.

Si l’Occident est une civilisation au sens strict (morte comme chacun sait, mais peu importe) et non pas tout ce qui dans ce monde se trouve une parenté quelconque avec cette civilisation, il en est de même de ses “valeurs”. Si le concept de liberté tant prônée par les américains est une déviation de l’idée de liberté telle qu’elle se définissait en Occident aux siècles chrétiens et antiques, ce n’est pas pour autant une composante de la civilisation occidentale. En revanche, c’est une preuve dégénérescence de la civilisation occidentale, c’est à dire un phénomène de la décadence occidentale. Point.

Forcément lorsque vous entendez Georges Bush parler de valeurs, vous dressez les oreilles, tant la situation vous paraît improbable. Et puis, vous vous laissez envahir par un sentiment mitigé caractéristique de votre psyché qui vous emporte facilement de l’exaltation à la déception. Voulez vous trouver un terrain d’entente à Mouhammad Ahmadinejad et à Georges Bush ? Tous les deux ont la même définition de l’Occident. Le premier estime que c’est la pourriture à l’état pur, et l’autre appelle cela civilisation itself (drôlement osé l’américain ; en France, ils n’osent pas un tel mensonge, ou bien est-ce que les français n’ont en aucun cas le souci de conserver la civilisation ?). Ahmadinejad et Bush regardent tous les deux dans le même sens, il n’y a que la conclusion qui diffère. Soit dit en passant, ces différents avis proviennent d’une différence de goût parlante : l’Iran fouette les adultères et les USA octroie des droits aux homosexuels. Le cow boy aime la licence, et le perse a une vision morale. Lequel se rapproche plus de la civilisation occidentale ? Je vous laisse seuls juges, sachant que notre Dieu n’est pas exclusivement Celui de la Justice ou du Pardon, mais qu’Il réunit les deux principes, et que l’homosexualité L’offense.

Bref, je commence à me fatiguer de cette expression digne d’un journaliste du Monde, et je n’ai aucune envie de donner ma vie pour ces prétendues ”valeurs occidentales”. Pour moi comme pour Gomez Davila, “la liberté est un rêve d’esclave”, je ne milite pas pour l’avènement de l’american way of life  à l’échelle planétaire (ni pour sa version européennee socialisée) et le seul idéal qui puisse mériter mon attention est l’avènement d’une véritable civilisation occidentale, héritière des précédentes, et qui tranchera enfin d’avec les anti valeurs actuellement plébiscitées.

“Innover sans abolir, et reproduire sans imiter” (je cite Gomez Davila de mémoire, que les aficionados me pardonnent si je fais erreur dans les termes), ce n’est que dans ce sens, que l’on comprend l’affirmation de Donoso Cortes : “Le conservatisme, c’est l’avenir”.

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ايران

10-03 at 2:28 (Heurs et malheurs)

Quelques images que l’on trouve en tapant Iran, sur gougeule. On s’éloigne de mon désert, alors pas d’épilogue au programme, juste une vue partielle.
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Les occidentaux ? Un peu fous, non ?
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L’homosexualité, une dégénérescence, une gifle à ses ancêtres. Allah ne nous pardonnerait pas de les tolérer.
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Amrika ? Pis of chit ! (Vous voyez j’aime les langues occidentales).
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Le voile, parce que je le vaux bien.
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Les armes de destruction massives, qui s’abattront sur Israël le 25 juin de cette année si les USA n’interviennent pas au plus vite pour sauver le monde.

Le plus drôle, c’est le jeu d’alliance : la Russie et la Chine alliées de l’Iran, et Israël, USA, et l’Europe, dans le camp du bien, des “valeurs occidentales”.

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