Fitna, et commentaires.

31-03 at 3:42 (Cinéma, France actuelle, Heurs et malheurs)

***

J’avais décidé de me fiche de cette vidéo, mais à force de lire les commentaires ça et là, de me rendre compte de la tournure polémique à souhait que prennent les choses, j’ai fini par céder à la tentation et la regarder. J’endosse donc avec plaisir l’espace d’un post la pelisse de journaliste pour vous livrer ici mes réflexions autour de ces 15 minutes de film, mais ce n’est pas encore aujourd’hui que je ferai plaisir aux tolérants de tout poil, puisque je ne considère pas que Geert Wilders soit nazi, ni fâchiste, ni un salaud, ni un catholique. Je vous épargne la description du montage, inutile si vous avez déjà vu la vidéo ; venons-en aux faits.

***

Ars gratia artis : le cinéma et la politique ne font pas bon ménage. Il est inutile d’insister là-dessus. Avec tout le respect (ne lisez pas : “considération”) que j’ai pour des cinéastes comme Ken Loach, le plus souvent, leurs films sont tout bonnement insupportables. Le montage de Geert Wilders n’est pas du domaine de l’art, mais utilise la technique cinématographique : ce n’est pas du cinéma, mais c’est un film. Or la technique cinématographique dans ses oeuvres (montage, son, découpage, collage, ellipses en tout genre…) vise à transmettre un sentiment au spectateur de la part du metteur en scène. En cela on peut dire que la technique cinématographique est parfaitement adaptée à la fonction propre de l’art. La politique en revanche, se place sur le terrain intellectuel, qui ne peut se prêter aux jeux de cette technique sans en être gravement affecté dans le fond et dans la forme. Dès lors, on peut dire que le film politique n’existe pas, et que seuls existent les films idéologiques. Si l’on veut parler politique ou religion, rien ne remplace le livre.

Le résultat du film, c’est l’irréalisme au sens propre. Un exemple : l’islam apparaît une machine en marche, un front uni, ce qui est faux. La haine que se vouent chiites et sunnites, et les défiances tribales communes d’un bout à l’autre du monde musulman suffisent à nuancer ce que l’on peut ressentir après le visionnage. (Et l’histoire de la conquête de l’Espagne par les musulmans peut illustrer mon propos).

Une fois exprimées cette réserve sur la technique cinématographique, on ne peut toutefois pas affirmer que le montage soit malhonnête. Pourtant, j’ai immédiatement regretté que le réalisateur n’ait choisi que des images très (trop?) connues pour illustrer les versets du Coran. Il y a des images assez choquantes de massacres de chrétiens au Moyen Orient, pour qu’on n’ait pas besoin d’avoir recours aux éternelles images des avions s’enfonçant dans les tubes métalliques du Word Trade Center. J’en ai marre de pleurer sur le 11 septembre. J’en ai marre de cette solidarité qui voudrait nous faire nous sentir concernés par des événements n’ayant aucun rapport avec nous. Comme dit Gustave Thibon, “la foi se partage“, ce qui me donnait une raison de m’émouvoir de la situation des coptes en Egypte, ou des derniers moines de Turquie persécutés par les musulmans.

Le choix de telles images est une conséquence du grave défaut du film, ce libéralisme et ce laïcisme, c’est dire : ce modernisme constamment sous-tendu. Je note que Wilders ne s’intéresse qu’à l’idéologie islamique. Le côté religieux du mahométisme lui échappe en tant que tel : il n’est abordé que comme annexe de l’idéologie islamique (et mettre des images de coptes persécutés, ç’aurait été parler de l’islam en tant que religion, parler de combats religieux). Le côté belliqueux et expansionniste est développé : on a l’impression d’une invasion planifiée, comme Hitler annexant les territoires peuplés d’allemands avant la deuxième guerre mondiale. C’est à vouloir défendre les valeurs qui sont aujourd’hui celles des Pays-Bas, que Wilders s’est obligé à ne s’insurger contre l’islam qu’en tant qu’idéologie opposée à la sienne (et qu’il a pu reconnaître un moyen à la hauteur de sa cause, en la technique cinématographique). Très significative, cette demande qu’il formule vers la fin, à l’adresse des musulmans : “arrachez ces vilaines pages du Coran”. Autrement dit, dépouillez votre religion de tout ce qui va à l’encontre de nos “valeurs” : l’appel de la modernité à se couler dans le moule. (“Aimez la liberté sans limites morales, tolérez les homosexuels, soyez de bons citoyens de notre démocratie, ne croyez pas que votre religion est la seule véritable”)

Pour ma part, je considère l’islam comme une religion, qui développe une idéologie guerrière et anti-moderne : un mélange qui va pulvériser nos sociétés. Wilders, en idéologue laïciste, tente de défendre sa décadence chérie. Pour ma part, j’estime que seul le catholicisme, religion véritable, peut contrer cette gnose judéo-chrétienne. Les catholiques comme les musulmans placent Dieu comme point de départ de leur weltanschauung (et pour cela, la conjuration moderniste les appelle fanatiques ou extrémistes). Si un musulman déchire une page du Coran familial, c’est que le livre aura cessé d’être sacré à ses yeux. Dès lors, quelle raison aura-t’il de continuer à vivre selon les autres préceptes de Mahomet contenus dans ce livre ?

Il y avait dans Le choc du mois à l’époque de François Brigneau, un musulman interrogé à l’occasion de la guerre du Golfe, qui s’était dit admirateur de Mgr Lefebvre, parce que le prélat était un défenseur des traditions. De la même façon, je respecte le musulman qui refuse à l’appel de la modernité, de déchirer le Coran, j’admire celui qui las de craindre un Dieu lointain, se rend aux raisons (celles que le coeur n’ignore point) d’aimer le Dieu qui est mort pour nous, et je méprise celui qui abandonnera sa religion pour sacrifier à l’idole moderniste. Je laisse à Geert Wilders le soin de défendre ces valeurs abjectes que pour ma part je me réjouis de voir menacées pour de bon. Je compte sur l’idéologie islamique avec sa fougue guerrière pour détruire l’idéologie moderniste et sur la religion catholique pour en finir avec la religion musulmane.

(Ce n’est pas un hasard si les pays protestants réagissent plus que les pays latins et que la France à l’islamisation galopante. C’est qu’ils sont plus touchés par l’idéologie moderniste, mais précisément, leurs combats ne peuvent faire mieux que Geert Wilders avec cette vidéo. Ils se sont condamnés en tant qu’idéologues, à se battre contre une idéologie, et la religion musulmane les emportera.)

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Clair obscur

29-03 at 8:08 (Heurs et malheurs)

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Christianisme et civilisation moderne

29-03 at 6:51 (France actuelle, Heurs et malheurs, Lectures, Philosophie)

C’est un titre un peu vaste, celui d’un chapitre d’Essai sur la fin d’une civilisation, par Marcel De Corte. J’abandonne Thibon quelque temps, et je reviens au professeur, au style plus austère. Un professeur de philosophie me disait il y a quelque temps qu’il observait deux parentées distinctes dans la pensée catholique, et si je reprenais sa grille de parentés, Thibon aurait Platon pour père, et De Corte, Aristote. Je ne pense pas qu’aucun des deux philosophes auraient dit le contraire. Reste à interroger les vieux maîtres hellènes pour savoir ce qu’ils en pensent…

J’aimerais vous donner envie de lire le professeur belge, injustement oublié de nos jours. Malgré une tentative de Jean Madiran de le faire mieux connaître, il me semble que l’auteur est resté dans la pénombre. Une exception au tableau : L’homme contre lui-même, qui a pénétré les chaumières, ce dont je me réjouis vu la qualité de l’ouvrage. Admirateurs réservés, n’hésitez plus à vous jeter sans réserve sur Essai sur la fin d’une civilisation, ou à acheter dignement ses petits travaux sur les vertus cardinales !

Extraits choisis :

“La crise religieuse est de toute évidence contemporaine de la civilisation rationaliste ; elle en a l’extension territoriale, et il y a là beaucoup plus qu’une simple coïncidence.

Le propre du rationalisme moderne est, en effet, de désincarner l’homme, en séparant en lui l’esprit et la vie. Les miasmes qu’il diffuse grâce à une technique et une politique aussi collectives que possible pénètrent en lui par tous ses pores, et le rendent incapable de supporter la moindre dose de ferment chrétien. L’homme formé par la civilisation contemporaine repousse mécaniquement la greffe du christianisme. Il est devenu inapte à recevoir le message d’incarnation que lui propose la foi chrétienne, car les bases naturelles qui pourraient l’accueillir ont été sapées en lui de fond en comble. L’échec de l’évangélisation des masses est patent, en dépit du travail et de la sainteté déployés par ceux qui l’ont généreusement entreprise. Cette faillite a d’ailleurs son antécédent historique : le christianisme n’a pas mordu sur les masses romaines livrés aux gens du cirque et aux remous de l’empire en perdition, bien qu’il fût alors dans la plénitude de sa jeunesse et de son ardeur conquérantes.”

C’était une sorte d’entrée en matière d’un sous-chapitre intitulé Caractère anti religieux de la civilisation moderne. Voyez que je ne me moque pas de vous. Et il y a de quoi indigner les plus petits volontaristes.

On continue, avec le sous chapitre Influence du rationalisme sur les moeurs chrétiennes  (tout un programme) :

“Depuis plusieurs siècles, et de nos jours avec une vertigineuse rapidité, le virus rationaliste s’infiltre dans les moeurs des chrétiens et dans leur comportement vis à vis de Dieu et de la création. Il a renoncé à ébranler l’intermédiaire entre le chrétien et Dieu qu’est l’Eglise avec son inspiration, ses dogmes, ses sacrements, sa structure qui demeurent intacts. Le temps des grandes hérésies qui attaquaient de front le catholicisme semble révolu. La dernière d’entre-elles, si justement appelée modernisme, visait bien moins le dogme lui-même que l’attitude du chrétien en face de Dieu et du monde ; elle attaquait plus la façon de croire que la croyance ; elle faisait dériver l’orientation de la foi plus que la foi elle-même ; elle empoisonnait les sources du fleuve plutôt que son cours ou que son estuaire.

Le phénomène du modernisme est révélateur. Il signifie que l’ennemi a changé de tactique. Ce sont désormais les membres de l’Eglise, les chrétiens eux-mêmes qu’il menace. Il n’assiège plus comme jadis, l’habitation pour la transformer. Il s’en prend par d’insensibles chemins, aux habitants eux-mêmes qu’il enveloppe de sa présence invisible, et qui se chargeront de cette besogne.

La scission entre l’esprit et la vie, la dislocation des bases de la religion naturelle qui s’ensuit; l’affaiblissement du sens intuitif de la présence de Dieu dans l’univers, la rupture des liens organiques entre la créature et la création, tous ces facteurs associés tendent à corrompre l’homme dans le chrétien et à englober par là le christianisme dans la décadence de la civilisation.”

Et le philosophe de distinguer deux dégénérescences distinctes du christianisme sous cette influence moderne, le christianisme bourgeois “christianisme dévalué”, aussi dévalué que l’est l’être du bourgeois, et le christianisme historique et progressiste qui “se persuade que la transformation n’a rien de négatif et qu’elle constitue une étape nouvelle dans l’histoire de l’esprit humain et de l’emprise de Dieu sur la nature”.

La conclusion du livre est manifestement du même cru, un état d’esprit qui a dépeuplé nos églises même les plus “traditionalistes”:

“Le chrétien est dans ce monde qui se dissout. Il doit en tenir compte.”

Jusque là tout le monde est d’accord. C’est la suite du paragraphe qui fait s’étouffer nos chrétiens avec les petits fours maison, à l’occasion de je ne sais quelle rencontre-conférence catholique ou politique :

“Lier le sort et l’action du christianisme à l’avenir d’une civilisation qui est en train de mourir nous paraît être la plus grave erreur que puisse commettre le chrétien. Quand nous entendons dire que le christianisme est seul capable de sauver la civilisation, ne cédons pas aux voix des sirènes : cette civilisation est condamnée parce qu’elle a séparé l’esprit de la vie, parce qu’elle s’est détournée de Dieu en se détournant de la vie, parce qu’elle macère dans la certitude effroyable que “Dieu est mort”. L’appel du large que suscitent dans les âmes les idéologies n’est que la tentation intense et ruineuse du suicide. Le christianisme n’a pas empêché l’effondrement de la civilisation antique, même après l’édit de Constantin qui permit aux chrétiens d’occuper les postes les plus importants de l’empire.

Remarquons d’ailleurs que le christianisme se trouve dans une situation infiniment plus difficile qu’à l’époque de l’invasion horizontale des barbares aux premiers siècles de son expansion. Les barbares qui déferlèrent sur l’Occident possédaient une vitalité puissante dont les barbares verticaux actuels sont bien dépourvus. C’étaient des hommes terriblement incarnés dont la vie débordante emportait sur les vagues le frêle esquif de l’esprit. Si l’esprit chavirait chez les uns, il continuait de flotter chez les autres. Il n’échouait jamais à sec. Il suffisait au christianisme de calmer la vie, comme le Christ la mer déchaînée. Une continuité s’établissait entre les abîmes du réel, l’océan, le vaisseau, et le pavillon de la Grâce. Cette tâche était relativement facile. Il n’en est plus de même aujourd’hui. Mis en présence de barbares d’un nouveau genre en qui l’esprit séparé de la vie ne communique plus avec le réel ; le christianisme s’avère impuissant. Une solution de continuité est tracée entre la nature et la Grâce. la nature elle-même se disjoint. Le christianisme ne toucher plus l’homme moderne, parce qu’il ne peut atteindre qu’un être incarné. Il ne peut plus entreprendre la conquête d’hommes en qui la nature humaine est en train de disparaître sous la poussée d’une désincarnation qui s’accentue de jour en jour. L’échec de la rechristianisation de la bourgeoisie et des masses par l’action catholique s’explique par là : gratia naturam supponit.”

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En mémoire d’un homme d’honneur

28-03 at 5:32 (Beauté, Heurs et malheurs, Histoire, Lectures)

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François Athanase de Charette de La Contrie, mort pour le Roy le 29 mars 1796, des fusils républicains.

En toutes les provinces                                        
Vous entendrez parler
Qu’il y a un nouveau prince
Qu’on dit dans la Vendée
Qui s’appelle Charette.
Vive son cœur !
Chantons à pleine tête :
Gloire et honneur !

Cet ami du monarque
Il a bien du renom.
Il fait un grand obstacle
A tout’ la Nation :
Jusques en Angleterre
On l’applaudit ;
Aussi sur les frontières,
Même en Paris.

Admirons la vaillance
De Charette homm’ de coeur
Il est né pour la France
Il fait voir sa valeur
Regardez cette armée
Rien de plus beau ;
Il a palme et laurier
Dans les drapeaux.

Combien de catholiques
Qui n’existeroient plus
Si Charett’ Pacifique
Avait perdu la vie !
Dieu nous l’a conservé
Vive le Roi !
Que toute cette armée
Chante avec moi.

Quand va à l’attaque
Dit à ses Commandants:
” Mettez-vous en bataille
Et marchez sur huit rangs.
En avant ! grenadiers
Ne craignez rien
Courage, cavaliers,
Tout m’appartient.

Malgré la canonnade
Il fonce vaillamment
Quoique la fusillade
Il dit : « Mes chers enfants,
Crions à haute voie,
Soldats, vengeons
La mort de notre roi
Par la Nation. »

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دمشق الشام

28-03 at 4:44 (Arabisme, Heurs et malheurs)

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La maladie et le fléau

27-03 at 7:18 (Heurs et malheurs)

Dans ce post-là je reprenais des pensées de Gustave Thibon, extraites de l’échelle de Jacob, dont certaines qui trouvent une résonance toute particulière par rapport à la situation actuelle.

Il y a une grande confusion dans les esprits entre les notions d’espoir humain et d’espérance chrétienne. En aucun cas l’espérance chrétienne ne consiste à regarder l’avenir en le considérant comme nous étant matériellement favorable. Tout ce que nous permet l’espérance chrétienne, c’est la certitude du triomphe final du Christ, et de la concordance des événements pour notre bien personnel. Le chrétien laisse les lendemains qui chantent aux païens jouisseurs, aux communistes athées, et à nos contemporains dignes héritiers des deux tendances. L’optimisme chrétien n’a pas d’autre sens que le spirituel, et comme chacun sait, notre bien spirituel passe souvent par les épreuves matérielles, par la souffrance en ce bas monde. Les volontaristes chrétiens quant à eux, sont amenés à faire cette confusion, prostituant la volonté de Dieu pour la ramener à la sienne. Les volontaristes chrétiens ne désirent pas l’amélioration de leurs conditions matérielles, mais la réalisation de leurs bonnes intentions. Combien de chrétiens bien intentionnés ont remplacé le ”que votre volonté soit faite” du Notre Père par d’ardentes velléités volontaristes de retour à la société chrétienne (exemple actuel). Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien souhaiter, mais que nos souhaits ne doivent en aucun cas passer outre les vues de Dieu.

“Vertu d’espérance. Si paradoxal que cela paraisse, l’espérance surnaturelle consiste surtout à ne pas songer à l’avenir. Car l’avenir est la patrie de l’irréel, de l’imaginaire. Le bien que nous attendons de Dieu réside dans l’éternel, non dans l’avenir. Et le présent seul donne accès à l’éternel. Se réfugier dans l’avenir, c’est désespérer du présent, c’est préférer un mensonge à la réalité que Dieu nous envoie goutte à goutte chaque jour. Dieu tient ses promesses en même temps qu’il les fait. Hodie mecum eris in paraiso, telle est la devise de l’espérance surnaturelle. La fausse espérance, braquée uniquement sur l’avenir, se repaît de promesses : demain, on rasera gratis…”

On ne saurait mieux dire…

Triste époque que la nôtre (et par là destin triste et grandiose que le nôtre : réjouissons nous !) qui voit le triomphe du cancer idéologique. Nous avons peu à peu perdu l’habitude de concevoir les événements comme rattachés au plan divin, peut être par peur du qu’en dira t’on, des regards sarcastiques de notre entourage le plus proche. Qui vous parle encore du péché de la France, pour qualifier son état d’apostasie officielle depuis 1789 ? Quand on prononce ce mot, on le fait du bout des lèvres, et encore, le plus souvent, on ose à peine aller jusqu’au bout du raisonnement, et conclure que s’il y a bien péché, il y aura donc châtiment. Tant au niveau individuel qu’au niveau national, un péché appelle un châtiment, et on en pourra rien comprendre à rien de ce qui se passe actuellement sans rester dans cette optique théologique-là. (On a perdu la bonne habitude de lier la théologie et la philosophie politique, effet du rationalisme ambiant)

J’ai du mal à comprendre l’état d’esprit, ou plutôt le sentiment d’appréhension vis à vis de l’islamisation de la France, ce processus qui se déroule sous les yeux attérrés des chrétiens embourgeoisés et les yeux doux des gouvernants. Ce n’est pas tant que j’apprécie l’islam cette gnose judéo-chrétienne, ni même les musulmans qui sont le plus souvent sujets à la méchanceté, voire la mesquinerie. Mais au moins, ces derniers ont l’excuse de leur fausse doctrine et ne sont pas atteints des mêmes défauts que nous, de notre décadence irrémédiable. Notre société a assez durée, et je ne vois rien qui puisse la racheter. Alors, l’islam, nouveau fléau de Dieu, pourquoi pas ? De toute façon, que Sa volonté soit faite ! Il reconnaîtra les siens. Autant je peux imaginer l’Iran actuel devenir chrétien, autant la perte du sens du beau, du bien qui nous caractérise désormais est un obstacle fatal à notre redressement. Le christiannisme sauvera t’il notre société ? Bien sûr, mais pas de la façon que s’imaginent deux tiers des chrétiens aujourd’hui, à savoir par une conversion des français, qui serait due à l’intervention du Saint Esprit, un peu, et à nos gros efforts, surtout. Je vois plutôt un grand chaos, et un ordre nouveau en sortir, pour reprendre des terminologies thiboniennes. Comment parler de convertir les français actuels ? Vous pouvez convertir des hommes, avec des aspirations, des sentiments, une intelligence saine, mais ces fantômes qui déambulent dans nos rues laides au possible, sans goût, sans passion, si pâles que j’en viens même parfois à me demander s’il leur reste encore des instincts, comment pourraient-ils devenir ce qu’ils ne sont plus ? Un miracle, me direz vous. Je crois aux miracles. Le Christ a converti saint Paul, saint Ignace, saint Augustin, mais on ne peut pas comparer aucun de ces hommes avec nos contemporains. Marcel De Corte dit tout cela mieux que moi dans son Essai sur la fin d’une civilisation.

Rien ne sert de pleurnicher, nous avons deux raisons d’être stoïques. Nous ne sommes pas seulement coupables d’apostasie et de décadence et sommes  responsables des maux qui nous attendent conséquemment. La montée de l’islam dans ce qui nous sert de société, c’est une réponse à cette loi qui dit que la nature a horreur du vide.

“Le mal intérieur évolue d’une façon infiniment plus bénigne en apparence que les fléaux. Un cancer germe en nous plus lentement que la peste (il met peut-être toute notre vie à germer), et cet incurable ennui qui suinte des vies molles et gavées ne nous saisit pas à la gorge avec la brutalité d’une poigne de brigand. Mais la peste et le brigand sont des maux qui ne font pas partie de nous-mêmes, ils peuvent nous lâcher, et s’ils nous tuent, ils nous tuent franchement sans nous corrompre, tandis que le mal intérieur nous poursuit jusqu’à la tombe et nous dénature avant de nous tuer.

L’homme le cultive pourtant ce mal suprême, il en chérit les causes, et tremble devant les fléaux qui pourraient l’en délivrer. Ces gens qui tremblaient hier devant la guerre, et qui tremblent aujourd’hui devant la vie dure ont peur de voir le fléau balayer en eux la maladie : ils redoutent plus que la mort une guérisson blessante. L’instinct perverti qui habite en eux semble dire au fléau : nous sommes assez forts pour nous détruire nous-mêmes -et plus radicalement, plus sûrement que tu ne pourrais le faire- avec ce que nous croyons être le plaisir, la sécurité et le repos !” dit Thibon.

La vérité, c’est que nous sommes déjà dénaturés et c’est précisément pour cela que nous sommes incurables. Je repense à cette pensée de Dostoïevsky dans son Journal d’un écrivain lorsqu’il écrit que le peuple perverti jusqu’à la moëlle, c’est à dire jusqu’aux instincts, préfère mourir de sa maladie, que de guérir, qui rejoint bien notre dernier philosophe national.

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No country for old men, Sicko et Persépolis

26-03 at 5:34 (Cinéma, Futilités divertissantes, Heurs et malheurs)

Ce sont les trois derniers films que j’ai vus. En fait, j’ai presque abandonné le cinéma, depuis qu’il ne se produit que des cochonneries sans intérêt, une prise de conscience, comme dirait un journaliste politique, qui remonte à peu près à l’époque qui a vu la trahison de Scorsese -le Maître- a trahi ses admirateurs les plus fanatiques (j’en serais presque arrivé à défendre Le Temps de l’Innocence ou autres ratages épisodiques), et que dans la foulée, Bergman a rendu son âme suédoise à Celui qui lui avait offert.

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Les frères Cohen, je ne les connais que de nom, et de réputation. Mais pour No Country for Old Men j’ai suivi mon instinct (de toute façon, il y avait Bardem, alors…), et je n’ai pas été déçu. Rien à dire de plus que ce qui a déjà été dit par Le Grand Charles ici, et là aussi. Une esthétique maitrisée, et un fond solide, cqfv : ce qu’il fallait voir.

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Sicko, en revanche, est une montage menteur de la part d’un gauchiste. S’il y a une chose qui me paraît correct aux USA, c’est bien leur système de protection sociale. Ce qu’il ressort des différentes interviews d’américains pratiquées par Moore, c’est que les compagnies d’assurance tentent au maximum de ne pas avoir à payer leurs clients. Pas étonnant, ma foi. Je n’espérais pas trouver des chevaliers servants dans les bureaux plastique et néon des grandes sociétés américaines. Mais je ne trouve pas non plus de raison de changer de système de santé. Mieux vaudrait changer la nature humaine, chose impossible, ou modifier quelques détails afin de prévenir les excès, protéger le client des magouilles véreuses, réformer le système, en gros. Mais ces principes qui permettent à qui le souhaite de s’assurer ou non, de telle manière que la société n’a rien à payer pour lui, d’une part, et qu’il ne paye rien à la collectivité, d’autre part, je le juge bon, et le souhaite en France. Le système socialiste actuel, qui vous impose une solidarité imbécile, je m’en passe bien (d’abord, je ne suis jamais malade, alors je paie pour rien, et quand bien même je serais à l’agonie, je ne voudrais pas de leur argent, et solidaire, jamais de ma vie !). Mentalité anarchiste ? Oui, plutôt que la servilité.

Passons sur le matérialisme du réalisateur, qui croit pouvoir intéresser un être humain normalement constitué, deux heures durant sur les problèmes de santé de Jack, citoyen américain, ou de Ginette, citoyenne française. Passons encore sur les conneries débitées en une vitesse record, à savoir la vision idyllique du système de protection sociale français, par des immigrés américains, ou par des français (la mère de famille qui affirme avoir droit à une nounou payée par l’état ! -Si vous lisez ces lignes, chère madame, merci de m’informer plus en détail).

Penchons nous sur la France, ou bien, ces gens qui dialoguent devant la caméra mentent, et auquel cas, la sécurité sociale n’est pas le paradis sur Terre pour les cotisants, ou bien ils disent la vérité, et nous n’avons plus par conséquent à nous demander ou passe l’argent que nous donnons docilement ou malgré nous chaque mois, au nom de la solidarité (l’américain qui se tape trois mois de congés payés parce qu’il est trop fatigué). Dans les deux cas, c’est une bonne raison de bloguer contre Michael Moore. Qu’il n’aime pas Bush et les exactions de son pays en Irak, très bien. Mais ce film mensonger ne passe pas.

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Je préfère regarder Persépolis. Là au moins, le féminisme et la démmmmocratie savent se vendre. En fait, ce doit être un des films les plus tristes que j’aie vus depuis pas mal de temps. Ce n’est pas l’histoire qui m’attriste, c’est plutôt ce que je connais de l’Iran et ce que je découvre à travers les scènes du film. Penser à ce pays écartelé entre l’islam intransigeant et la liberté dégénérée me fend le coeur. Marjane Strapi est une féministe. Elevée dans une famille de communiste, elle souhaite la fin du régime du Chah, avant de voir, attérée la proclamation de la république islamique, toute jeune fille. Le film raconte sa vie, entre l’Autriche et l’Iran puis la France, entre l’Iran chiite et l’occident décadent. 

Mieux vaut dire tout de suite que la majorité des familles d’Iran n’ont pas une si bonne situation qui leur permette l’études des conneries politiques éditées en occident depuis les Lumières, et Dieu merci. La majorité sont musulmans et préfèrent voir leurs filles voilées et mariées, que tête aux vents nouveaux et dévergondées coume di ptites ouccidentales, et tant mieux. Ce film m’inquiète, en fait, et Satrapi ne le cache pas dans ses interviews, la contestation grandit en Iran, même si elle ne revêt pas les formes qu’on lui prête depuis un pays occidental. Pour l’instant les choses tiennent à peu près ( les homosexuels se cachent, on préfère la virginité que la prostitution), mais jusqu’à quand ? et à quel prix ? C’est l’impasse. Attristant. Reste à dire que le film ne manque pas d’humour, et vous avez là toutes les bonnes raisons de le louer ou de l’acheter au plus vite.

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Le glaive et le poison

26-03 at 4:14 (Heurs et malheurs, Lectures)

Sainteté et pharisaïsme - On échappe au pharisaïsme que par la sainteté. Mais l’horrible, c’est la solidarité sociale de la sainteté et du pharisaïsme : elle lui fournit, comme l’hôte au parasite, de quoi durer et s’épanouir. La sainteté condamne du dedans le pharisaïsme, mais en même temps, elle le nourrit, elle le justifie pour ainsi dire du dehors. Si les saints n’infusaient pas sans cesse un sang nouveau à l’organisme religieux ou politique auquel adhère le pharisien, celui-ci ne tarderait pas à perdre tout prestige et tout crédit et à mourir socialement d’inanition.

Il est amer pour le saint -et même pour le simple penseur honnête- de songer aux parasites qui assiéront sur lui leur influence et se serviront de sa pensée et de son exemple, pour mutiler ou empoisonner les âmes. Aura-t’il été tourné vers les choses du ciel ? On l’utilisera comme éteignoir de la vie. Aura t’il béni la terre et la vie ? On tirera de lui des arguments en faveur d’une vie terrestre coupée de ses sources divines, d’une volupté anarchique et stérile, etc. Nos ennemis, nos détracteurs, tous ceux qui par la force ou par la ruse essaient de ruiner notre influence prennent des allures de bienfaiteurs si on les compare à ces disciples dégénérés qui, pour faire accepter leur poison aux hommes, le mêlent à notre breuvage. Car les premiers ne peuvent que neutraliser notre influence, tandis que les seconds, sous prétexte de la dilater, la pourrissent. Ceux-là nous resserent dans notre lit (est-ce un si grand mal pour un fleuve ?), mais ceux-ci transforment nos sources en marécages. Pour prévenir une fois pour toutes notre vraie pensée contre les entreprises des pharisiens qui se réclameront de nous, on voudrait pouvoir crier aux âmes de bonne volonté : chaque fois qu’on essaiera de vous imposer en mon nom quelque chose qui vous blesse ou vous étiole dans une pure, une sainte partie de vous-mêmes, sachez bien que je n’ai pas voulu dire cela.”

Gustave Thibon, L’échelle de Jacob (Le glaive et le poison)

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Maurras à propos du romantisme d’Hugo

24-03 at 8:03 (Lectures)

“L’office littéraire de Victor Hugo peut se résumer en fort peu de lignes. Héritier de Chateaubriand, il a procédé à l’affranchissement de la phrase et surtout du mot. En demandant qu’on abolisse toute tradition ; en écrivant que le caprice du moindre poète (vates) doit l’emporter toujours sur le génie des langues et sur l’ordre des styles ; en substituant à l’idée de la beauté l’idée de caractère, à la notion de perfection, celle d’originalité, Victor Hugo n’est pas seulement arrivé à se priver de certains concours magnifiques que le passé d’une nation, et l’histoire de la civilisation elle-même apportent à leurs derniers-nés ; il ne s’est pas seulement contraint à beaucoup renier de ses prédecesseurs et à mimer l’oeuvre brutale des ignorants et des primitifs : son malheur est plus grand. Il dresse contre lui et contre tout poètre égaré par sa théorie et par son exemple une armée d’ennemis profonds et redoutables. Victor Hugo, par son esthétique, suscite contre l’écrivain français, la coalition de tous les élements du langage : ce qui n’était qu’une manière obéissante ou tout au moins domptée, ou qu’on était convaincu d’avoir à dompter, les mots déliés de leurs attaches traditionnelles, de leurs chaînes logiques, et ainsi les rapports qu’ils soutiennent avec leur sens, les mots se soulèvent pour s’imposer à l’imagination de l’écrivain, ce n’est plus lui qui écrit sous la dictée de sa conception ou de son amour : c’est la tourbe confuse des outils révoltés qui se combinent en lui par le jeu machinal de leur rencontre physique et de leur agglutination spontanée. Sa volonté de fer, au lieu de les réduire, appuiera ces insurreections.”

Bons et mauvais maîtres, Oeuvres capitales.

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Semaine sainte

22-03 at 3:08 (Année liturgique, Beauté)

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Descubierta y conquista

20-03 at 4:03 (Hispanophilie, Histoire)

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Architecture orientale

15-03 at 5:20 (Arabisme, Beauté, Histoire)

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Supplication

14-03 at 3:39 (Heurs et malheurs)

“Ayez pitié, Seigneur, d’une âme sans royaume”

Pierre Pascal

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سوريا

11-03 at 5:05 (Arabisme, Heurs et malheurs)

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Vocabulaire contemporain (3) -La Charité et la solidarité

11-03 at 4:11 (Crise de l'Eglise, Encyclopédie, France actuelle, Heurs et malheurs, Philosophie) (, , , )

Solidarité – La solidarité est le substitut idéologique de la charité catholique, sa dégénérescence, de sorte que ces deux termes présentent en fait des différences flagrantes.

“Charité ordonnée commence par soi-même”. La charité s’ordonne. Soi, sa famille, sa nation, et son prochain comme dans la parabole du bon samaritain se servent de façon réglée. En d’autres termes, la charité est dépendante du réel, c’est à dire des circonstances, et des données qui façonnent notre vie.

L’ouvrier qui s’engageait dans une grève était assuré de la solidarité des ouvriers des usines voisines, françaises et mondiales (“prolétaires de tous les pays unissez-vous”), c’est à dire que l’on passait par dessus les données authentiquement communautaires (la proximité, la région, la nation) pour inventer de nouvelles communautés définies par un cas particulier -l’appartenance à la classe des prolétaires, dans ce cas précis. Les choses -ô étonnement !- ont tendance à empirer, dans la mesure où l’on trouve de la solidarité aujourd’hui jusqu’envers des groupes de gens avec lesquels non seulement on ne se touve pas de rapport organique, mais même, avec lesquels on serait en peine de se trouver quelque rapport que ce soit. Les français qui se déclarent solidaires des palestiniens me font rire (au moins). Ils rentrent dans cette catégorie pour qui la solidarité ne trouve de raison d’être que dans un petit épanchement sentimental. La conscience de classe dont parle Marx, cette fumisterie idéologique, est un vestige de l’ancien ordre de la solidarité, qui désormais a rompu tout cadre, et prétend exister sans aucune ligne directrice un tant soit peu réflexionnée. Réjouissons-nous, car si la solidarité se préfère un simple sentiment sans encadrement, sorte de romantisme somme toute, j’y vois là un signe de sa fin prochaine.

La charité se pratique, mais la solidarité, elle, n’engage jamais véritablement l’individu solidaire. L’homme charitable donne de lui-même, alors que le sentiment abscons qu’on appelle solidarité de par sa nature creuse, permet à l’individu solidaire de ne jamais oeuvrer, de ne jamais donner de lui même. Des figures comme celle de Kouchner, photographié en Somalie avec un sac de riz plus gros que lui, et pour autant vivant en nabab (sans un dixième du goût et de la prestance d’un nabab, je tiens à le préciser), sont assez parlantes à cet égard, pour que je n’aie pas à m’attarder là-dessus. Disons rapidement que la solidarité a un caractère servile fortement marqué : elle permet d’éviter le service du prochain qui est la norme de la charité (tout en gardant bonne conscience, miracle des temps modernes) : qu’on ne s’étonne donc pas qu’elle soit exaltée dans notre société d’esclaves. L’être cynique, est en quelque sorte un vestige de l’ancien temps, de par son caractère monolythique. Il est incapable de solidarité, car il n’éprouve en aucun cas le besoin de se donner bonne conscience. Les gamines du Bostwana ont faim ? Il s’en fout (et moi aussi). Son voisin a besoin d’un peu d’argent ? Il s’en fout tout pareil, alors que dans ce cas précis en revanche, l’être charitable donne.

La charité est une vertu, et comme telle, grandit celui qui la pratique, tandis que la solidarité ne possède pas ce caractère transcendental, sacré. Elle n’est que la sentimentalité du bienpensant, et rien de plus. Nos idéaux étaient des vertus (foi et fidelité, et leurs corrollaires) aujourd’hui, ce qui nous tient lieu d’idéal est foncièrement désacralisé. La charité nous relie à notre prochain, et répond à un commandement divin, elle est donc une relation horizontale et verticale. La solidarité est une relation exclusivement horizontale, et ceux de ses chantres qui prétendent le contraire ne font que vernir une coquille vide.

Sous le règne de la solidarité, la société se coupe en deux (le manichéisme, c’est tellement plus pratique), ce qui lui découvre une filiation démocratique. Chaque évenement coupe de facto la société en deux, les solidaires des uns et le solidaires des autres, comme pour le conflit Israëlo-palestinien, et de plus en plus, les solidaires tout court, des non solidaires, les gentils et les salauds : “-Comment ? Vous ne vous sentez pas concerné ? -Non mademoiselle, je vous avoue franchement que le sort des arborigènes d’Australie m’est complètement égal. – Et la solidarité ? Nous n’avons pas les mêmes valeurs !”

Tiens, parlons-en des valeurs. La solidarité, est une valeur. La valeur est le substitut moderne, dûment désacralisé, de la vertu ou du principe (les esprits modernes ont du mal à faire la différence). La charité, elle, s’accomode très mal de ce cadre étroit, et c’est pourquoi elle a presque entièrement disparu de nos jours, même de nos paroisses emplies de bons catholiques. Les exemples foisonnent d’individus des plus atteints par le syndrôme, qui préfèrent acheter des cartes postales à l’unicef, plutôt que de nourrir le clochard du quartier.

Au delà d’une simple divergence de termes, c’est une différence d’état d’esprit qui est mise à jour dans cette simple comparaison. “La charité, pour un égalitariste, est un vice féodal”, dit Gomez Davila, avec raison. Nous pourrions rajouter que la solidarité est l’activisme des bienpensants, l’apanage des mentalités modernes.

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السّوريّة

6-03 at 4:20 (Arabisme, Futilités divertissantes, Heurs et malheurs)

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Colombia querida

5-03 at 3:48 (Crise de l'Eglise, Heurs et malheurs, Hispanophilie)

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Les relations se précisent entre les gouvernants du Vénézuela et d’Equateur d’une part, et les Forces armées révolutionnaires de Colombie. On apprend que Chavez a reçu de l’argent des FARC pendant sa captivité après son coup d’état manqué (c’était avant qu’il comprenne que la démocratie est une façon bien plus subtile de faire la révolution). Dans un pays miné par les cartels de traficants de drogue, par les 3 groupes armés de guérilla, et des difficultés économiques relativement fortes, Alvaro uribe s’en tire comme un chef, recueillant peu de suffrages ( la majorité se fout de la Démmmmocratie, et préfère la pêche dans les Caraïbes ou le travail de la terre dans les Andes), mais assuré du soutien du peuple, las des massacres nocturnes, ou de l’endoctrinement.

Là est le drame, dans la durée du conflit, le substrat idéologique a imprégné quelques mentaltés. Aujourd’hui, un bon nombre de colombiens, regardant le passé se rendent compte de la trahison des élites. Les témoignages dans les journaux abondent, allant dans ce sens : quand j’étais petite, le maître d’école faisait venir un guérillero le mercredi, qui après nous avoir demandé si nous étions catholiques, et au vu de notre réponse positive, nous expliquait que Jésus était révolutionnaire, et que pour servir son prochain, il fallait rentrer ou du moins soutenir la guérilla. Complicité des enseignants, mais aussi des prêtres. L’ELN (Ejercito de Liberacion National) a été dirigée par des prêtres Camillo Torres déjà, et Manuel Pérez plus connu sous le nom d”el cura Pérez”.

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Il y a du bon dans cette guerre intestine. L’armée donne un idéal aux jeunes gens et le conflit donne un rôle à l’armée, deux choses qui se font rares de nos jours. Ajoutons que le tourisme de masse ne défigure pas le pays on va pas aller là-bas c’est la guerre, faudrait être fou ! et vous verez deux bonnes raisons d’être fou, d’aller en Colombie, d’assister au redressement du pays le plus hispanique et le plus arabe d’Amérique Latine. Profiter du parfum du danger dans quelques bons petits coins d’Antioquia, (entre Panama et Medellin sur la carte ci-dessus) quand le soir tombe, que vous vous retrouvez Dieu sait comment attardé sur une petite route bordée d’automitrailleuses. Ou même de s’engager dans une des dernières armées du monde à mener un combat qui vaille la peine de risquer sa vie.

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Sagesse populaire
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Quand à elle, ne vous y trompez pas, son bérêt est celui des FARC.

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Vocabulaire contemporain

3-03 at 4:04 (Arabisme, Encyclopédie, Heurs et malheurs, Hispanophilie, Histoire, Lectures)

Arabe – Dans le langage courant, le mot arabe, désigne les peuples de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient (croissant fertile et péninsule arabique). Dans la réalité historique une seule chose fédère tous ces peuples, c’est l’expansion du mahométisme, puisque même la langue arabe n’est pas la même partout, précisément parce qu’elle traduit des origines ethniques différentes.

Les arabes descendent de Sem, puis d’Abraham par Ismaël puis Adnan. Sans entrer dans les querelles entre peuples, qui ne sont pas le vif du sujet de ce post, il faut reconnaître que les sangs sont de toute façon mélangés, et qu’une seule chose demeure certaine, c’est l’origine sémite, via le sang d’Abraham.

L’imposture actuelle qui tend à regrouper les peuples en fonction de leur langue et non de leur sang, et qui partant voudrait nous faire passer tous les maghrébins pour des arabes, n’est qu’une création récente. En 1920, un syrien est appelé syrien, un jordanien arabe, un marocain, marocain. Les peuples maghrébins présentent bien quelques mélanges avec des sémites de péninsule arabique, mais pas au point de se voir appelés arabes. La majorité du sang demeure berbère, c’est à dire de source chamitique, avec sa culture propre. Grand drame maghrébin que l’arabisation forcénée, de la langue aux usages coraniques action conjointe des musulmans et des européens ou méprisant ou ignorants, qui se contentèrent d’un simple mot pour des réalités bien distinctes.

A l’exception de la Tunisie, où les invasions arabes furent plus nombreuses (sans se leurer non plus sur la force de la racine berbère), les maghrébins sont de sang berbère, et c’est bien d’africanisation de la France qu’il s’agit, lorsque ces individus passent la Méditerrannée.

Dites à un syrien que les marocains ou les algériens sont arabes, il vous rira au nez. Les saoudiens non plus ne les considèrent pas comme de leur sang. La seule différence d’arabisme qui retienne leur attention, est celle qui distingue les peuples du croissant fertile (sémites arabisés mais pas forcément arabes de souche), et ceux de la péninsule arabique, et entre ces derniers, les différences entre “arabes du nord” et “arabes du sud”. Querelle d’orientaux férus d’histoire, somme toute.

Parmi les pays présentant une immigration arabe, la Colombie, le Brésil et le Vénézuela, l’Argentine et le Mexique dans une moindre mesure, ayant accueillit les chrétiens syro-libanais (et quelques jordaniens). L’Amérique latine accueille les chrétiens arbes, et la France quant à elle préfère les berbères musulmans. Qu’y pouvons nous ? Je ne sais pas. Mais déjà appeler un chat, un chat.

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