Encore un petit tour en Colombie…

10-12 at 7:10 (France actuelle, Hispanophilie)

Vous êtes bien sûr un peu au courant de ce qui se passe en Colombie en ce moment. Du moins par ce que vous écoutez ou lisez des médias français.

C’est déjà dire que votre connaissance est succinte et subjective.

Comme il l’avait annoncé au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy a l’intention de faire libérer Ingrid Bétancourt des mains des FARC. La façon dont les médias relayent l’affaire ne me plaît pas. Voir les choses du point de vue français est inévitable, mais je vois derrière la répétition de son nom dans chaque article ou chaque flash radiophonique l’occultation des autres victimes de la guérilla marxiste. D’une certaine façon, en nous parlant sans cesse de Bétancourt, on évite de porter un jugement sur l’organisation criminelle qui la détient prisonnière : à la trape les millions de réfugiés, les torturés, les disparus et les simples tués colombiens depuis 40 ans !

Que le président Sarkozy se consacre à la politique étrangère ne me déplaît pas outre mesure, mais alors qu’il le fasse bien. Avant toute chose, donc qu’il se mette dans la tête que les FARC sont des communistes sans foi ni loi (faut il rapeller que les FARC sont producteurs d’une bonne part de la cocaïne mondiale, ou les assassinats multiples qui jalonnent leur 40 ans d’existence ?).  Ensuite, qu’il respecte la volonté du président colombien, toujours réticent à la négociation avec les assassins de son père (et avec lui une bonne part du peuple colombien, je pense).

Une fois ces deux choses intégrées, il est bien évident que l’on ne peut pas vouloir libérer Ingrid Bétancourt à tout prix. Aussi dur qu’une telle sentence puisse paraître à des oreilles démocrates, sa libération ne vaut pas que l’on échange des quantités de tueurs en puissance.

Autant le dire tout de suite, ce n’est pas la façon de penser de notre président, qui s’évertue à forcer la libération de notre compatriote, à n’importe quel prix. Il est vrai que ce n’est pas lui qui en paiera les frais. De fait il ne fait que s’aligner sur les intentions d’Hugo Chavez, de traiter avec les FARC. Cela ne déplait à la famille Bétancourt, qui outre la volonté de libérer Ingrid, ne sont pas hostiles à l’idée de piquer un peu le président actuel Uribe. Une fois de plus, ce serait un gouvernement de droite qui en paierait les conséquences, devant s’aligner et faire des concessions sur son programme.

Je vous laisse méditer la réaction du “Commandant Camilo” aux propos de Sarkozy :

“C’est un message respectueux entre un président et un leader historique du peuple colombien, qui mérite autant de respect qu’un président. Le gouvernement d’Alvaro Uribe n’a pas cessé de nous insulter. Quand il y a une voix plus sereine qui nous parle comme à des êtres humains, des personnes dignes de respect, c’est très important pour nous.”

“Les concessions sont les marches de l’échafaud” disait Nicolas Gomez Davila, un penseur colombien. 

2 commentaires

  1. rastanarko a dit,

    28-03 à 2:10

    un autre commentaire, autre critique.
    Attention : bloque toi bien l’esprit : je suis un jeune gauchiste.
    prêt ? bon
    sur la Colombie plusieurs choses.
    Un : sais tu quel part de la population est admise au suffrage dit universel ? 30%. C’est un suffrage censitaire;
    Deux : connais tu les paramilitaires ? Groupuscules d’extrême droite, qui entretiennent de très très bonne relation avec le gouvernement. ces même paramilitaires exproprient les pays de leurs terres pour cultiver de la drogue eux aussi. DAns ce jeu, les FARC ne sont pas seul.
    Trois : en nombre d’enlèvement, les FARC sont “vainqueurs”, en nombre de mort ce sont les paramilitaires qui tuent le plus.
    Quatre : je ne me revendique pas du marxisme mais pour étudier assez la question sache que ce que font les FARC n’est qu’un courant ultra radical parmi les communistes. Et que les FARC, eux même ont différentes tendances.
    ET Raul Reyes appartenait à la tendance modérée. EN le tuant, tu comprendra bien que ça va être difficile de faire libéré tous les otages.
    enfin Cinq : n’oublie pas aussi que dans les années 8à, une aprtie des FARCa déposée les armes et est rentré dans le gouvernement. Et tous les élus se sont faits assassiner ou emprisonner ou autre et n’ont pu assurer leur mandat.
    Suite à cela, ils sont retournés dans la jugnle et ont commencé à rentrer dans le marché de la drogue.
    Enfin enfin SIx : la drogue, ce ne sont pas les FARC ni les colombiens qui la consomment : ce sont les américains, les européens les plus riches, le gottha, la jet set.

    voila, fais en ce que tu veux. Peut être que tout n’est pas parfaitement exact. Mais prend en compte aussi les autres point de vue, y compris celui des FArc, y compris celui de Chavez. :)

    je pourrais contineur longtemps

  2. La voix dans le desert a dit,

    28-03 à 4:32

    Je ne sais pas si tu es jamais allé en Colombie, mais quoiqu’il en soit, je réponds.
    Malheuresement une certaine fange de la population colombienne se drogue allègrement de la Marijuana a la cocaïna, il n’y a pas que les américains qui se détruisent, mais oui, c’est le plus gros marché.
    Les Farc, c’est le terrorisme, et ca vous pourrit le quotidien quand ca n’ emporte pas votre famille. Là je voudrais bien que tu sois une vieille paysanne d’Antioquia…tu me dirais si tu préfère l’armée gouvernementale ou la loi du plus fort.
    Les paramilitaires, je les connais, assez bien pour savoir qu’ils ne sont pas mieux vu du gouvernement et du peuple que les Farc. La différence, c’est qu’ils ne sont qu’une conséquence des Farc, différence que note à juste titre Uribe. On a accusé ce dernier de tout, dont être lié aux paramilitaires, mais on a jamais prouvé ces accusations, quoiqu’on en dise en France.
    Libérer les otages, c’est moins important que libérer une population. La répression ? Rien ne me choque là dedans. Aucune pitié pour les Farc et leur suppôt vénézuelien. Si encore on me demandait de pleurer sur les indiens pris entre les tirs croisés de l’armée et des terroristes…
    Quand tu vis en Antioquia, avec la présence de l’ELN des FARC, des paramiliataires et de l’armée gouvernementale qui garde le terrain de jour au moins, tu te fiche de savoir qui tue ou enlève le plus. En revanche tu prends confiance en l’armée, qui te permet de prendre ton bus. Uribe, c’est 80% de l’opinion publique favorable, comme quoi le décalage observé par Maurras entre pays réel et pays légal, c’est valable même sous les tropiques.

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