Mysterium fidei (2)

24-09 at 7:04 (Apologétique, Lectures, Philosophie, Théologie)

Foi et crédulité – Le premier terme s’emploie pour désigner une qualité, une force ; le second pour dénoncer un défaut, une faiblesse. Crédule : “qui croit trop facilement” (Littré). Qu’est-ce à dire ? Est crédule celui qui croit où l’on doit vérifier. -Est croyant celui qui adhère intérieurement à des réalités mystérieuses qui, par nature, ne peuvent être saisies que par la foi. La crédulité se situe donc en deçà de la vérification, la foi au-delà. Ce qui signifie que la vraie foi présupose une large zone d’incrédulité exercée et dépassée. C’est le sens de la phrase de Chateaubriand : “Il n’y a pas chrétien plus croyant ni d’homme plus incrédule que moi.”

Ceci pour objet de la foi ou de la crédulité. -Du côté du sujet, la crédulité implique la passivité, la paresse de l’esprit tandis que la foi procède de la ferveur et de l’engagement de l’âme. La crédulité pourrait se définir comme une faiblesse de l’esprit, et la foi comme une force de l’âme. -Il faut noter aussi qu’une certaine de incrédulité procède de la même carence intellectuelle, mais alliée à l’orgueil de l’esprit et à l’atrophie de l’âme… “Il n’est pas de pire disgrâce pour un esprit faible que de devenir un esprit fort.” (Victor Hugo)”

De la plume de Gustave Thibon ; pensées inédites. (Désormais éditées aux éditions du rocher sous le titre “Aux ailes de la lettre”)

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