Un “penseur” moderne
On peut découvrir dans des interviews d’André Comte-Sponville, son humilité… :
“Je ne parlerais pas de vulgarisation, car je ne fais pas d’efforts de traduction pour rendre la philosophie accessible. Descartes ou Pascal n’ont pas vulgarisé la philosophie ; ils ont juste écrit clairement. J’appartiens à cette tradition de philosophes qui écrivent le plus simplement qu’ils peuvent. Ce n’est pas de la vulgarisation ; c’est de l’honnêteté intellectuelle.”
… et sa Tolérance (majuscule de rigueur) :
“Mon livre [”L’esprit de l’athéisme”], […] est un livre de combat, mais pas contre la religion : contre l’obscurantisme, le fanatisme et la superstition. Et un livre de paix, à l’égard de tous les esprits ouverts et tolérants”
Mais le plus beau reste ses “idées” exposées dans ses multiples torchons ouvrages, résumées dans les dites interviews :
”Pour l’athée, tout est immanence. La religion est elle-même une forme d’immanence, qui se prend illusoirement pour une révélation transcendante. Au fond, être “immanentiste”, c’est penser qu’il n’y a rien d’autre que Tout. Dieu, étant transcendant, c’est-à-dire “autre que Tout”, n’est rien. L’esprit n’existe qu’à l’intérieur de cette immanence au monde. L’esprit, pour le matérialiste que je suis, c’est un cerveau humain en état de marche, ou, dans un sens un peu hégélien, l’ensemble de ce que les cerveaux humains en état de marche ont produit à travers les siècles.”
Qu’est-ce que le Tout pour vous, cher monsieur ?
“Mon livre porte sur la spiritualité, guère sur la morale. J’ai montré, dans des livres précédents, qu’il n’y a pas de morale absolue sans libre arbitre, qu’il n’y a pas de libre arbitre, et que toute morale prétendument absolue est donc illusoire. Mais qu’il n’y ait pas de morale absolue, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de morale du tout !”
Mais à quoi est donc relative la morale? Sur quoi va t’il asseoir la morale relative? Puisqu’il n’y a pas de libre arbitre ?
“Etre relatif, ce n’est pas n’être rien ! Comme Spinoza, comme Marx et Freud, je pense que la morale est une illusion nécessaire, qu’il est vital de la transmettre à nos enfants.”
Il faudra un jour que l’on m’explique comment ces matérialistes pourtant acharnés en arrivent là : “une illusion nécessaire”! Ca me fait penser aussi à la phrase de Simone de Beauvoir : “qui suis-je : une absurdité responsable d’elle-même.” Ici ces deux penseurs modernes tentent de séparer l’inséparable : Sponville, la vérité du devoir, de Beauvoir, la raison, l’ordre de la responsabilité. Deux incohérences.
“En l’occurrence, la morale judéo-chrétienne me paraît l’une des plus belles. C’est l’erreur fondamentale de Nietzsche, comme d’Onfray aujourd’hui, que d’avoir voulu la renverser. Pas besoin de croire en Dieu pour être plus sensible au Christ des Evangiles qu’aux fadaises nietzschéennes sur le surhomme, l’éternel retour ou la “superbe brute blonde” !
”La “petite sensibilité” fait son apparition ! Je suis moi catholique, plus sensible à la philosophie Nietzschéenne que lui, visiblement
“On a aimé bien avant Moïse ou Jésus ! Quel rapport avec la religion ? On ne pas va attendre de savoir si Dieu existe pour se demander si on aime ses enfants.”
Que l’on ait aimé avant Moïse ne veut pas dire qu’aimer ses enfants et savoir si Dieu existe soient deux choses sans lien.
“L’amour que j’ai pour mes enfants est aussi réel que l’érection que j’ai lorsque je désire une femme.”
La comparaison est charmante. Je doute qu’il n’y ait pas de vulgarisation dans sa prose, quant à la vulgarité dans son langage, j’en suis bien certain.
“L’illusion consiste à croire que je désire une femme parce qu’elle est belle. Ce que m’apprend Spinoza, c’est que ce n’est pas parce qu’elle est belle que je la désire, mais parce que je la désire que je la trouve belle.”
Cela dépend des cas, tout simplement. Et que dirait il du cas d’un homme désirant une femme qu’il ne trouve pas belle?
“Je pense que Pascal, Kant et Kierkegaard ont raison de dire qu’un athée lucide et cohérent ne peut pas échapper au désespoir. Tout espoir, pour l’athée, vient buter sur ce qu’André Gide appelait “le fond très obscur de la mort”. Toutes nos espérances viennent buter contre un fond de désespoir, qui fait partie de la condition humaine. En revanche, je crois qu’ils se trompent lorsqu’ils considèrent que le désespoir est forcément le malheur. Car l’espérance n’est pas le bonheur, bien au contraire !”
Que l’espérance (veut il dire l’espoir?), ne soit pas le bonheur, ne prouve pas que le désespoir soit “heureux”.
“La fidélité c’est ce qui reste de la foi quand on l’a perdue.”
Décidément, Sponville n’aime pas les ensemble, il n’aime que séparer : comme si la Fidélité n’existait pas chez un homme de Foi !
“On peut faire un parallèle entre la spiritualité évoquée dans ce livre [L’Esprit de l’athéisme], et les trois vertus théologales de la tradition chrétienne : la foi, l’espérance et la charité. La spiritualité sans Dieu que je propose relève de la fidélité plus que de la foi, et de l’amour plus que de l’espérance.”
Pas d’équivalent pour la Charité…
“[La spiritualité sans Dieu] n’est pas une croyance en un Etre transcendant, mais un attachement à certaines valeurs que nous avons reçues et que nous avons à charge de transmettre.”
J’appelle cela du conservatisme mécanique : On ne croit pas, mais on transmet une fidélité absurde, une foi illusoire, une morale relative. Je me suis fait déjà cette réflexion qu’il n’y a rien de pire que cette morale sans fondement véritable, c’est à dire qui ne s’appuie pas sur la raison et le coeur unis : le merveilleux profanée de la façon la plus hypocrite. Ici, Sponville présente une fidélité basée sur la simple raison, qui lui a dit “la morale est nécessaire”, mais il a un peu de sentimentalisme aussi : voir son approche des évangiles, ou certaines phrases dans l’interview. Mais on est loin du système catholique, où la morale est un acte d’amour nécessaire. C’est par Amour de Dieu et du prochain que la catholique respecte la morale, pas seulement parce qu’elle est nécessaire pour la société et pour l’homme. Somme toute, la conception de la morale que répète Sponville est assez kantienne. Ce dernier forge une morale sans Dieu, et partant sans religion, quand notre « penseur » ne fait que la répéter.
“C’est une spiritualité de l’amour plutôt que de l’espérance, puisque, s’il n’y a rien après la mort, apparaît ce fond de désespoir, qui n’est pas une raison pour cesser d’aimer.”
A mon avis, il n’y a pas de raison de cesser d’aimer, mais pas non plus pour continuer. Le choix ici est fonction des sentiments. Il y a les esprits cohérents qui cherchant l’unité, ont tendance à vivre selon le principe “tout ou rien”, et ceux qui ont la mentalité plus pondérée, et qui enlevant un tube à l’échafaudage, tente de lui maintenir un aspect d’échafaudage
[C’est une] spiritualité de l’immanence ou “sentiment océanique”, comme le dit Freud, qui n’est pas la rencontre avec un “Tout autre” mais l’immersion dans le “Tout même”. Ce n’est pas un saut au-delà de l’Etre mais une manière d’être un avec tout. C’est une expérience de plénitude, de simplicité, d’unité, d’éternité…”
Mais quel verbiage ! Mon Dieu que c’est beau !
“L’énoncé le plus juste, en Occident, en reste le livre V de ‘L’Ethique’ de Spinoza : “Nous sentons et expérimentons que nous sommes éternels”… C’est à cette expérience que le troisième chapitre de mon livre est consacré. Nous sommes déjà dans le Royaume : l’éternité, c’est maintenant.”
Voilà du sentiment pur. Et que se passe-t’il si tout à coup, on ne ressent plus cette éternité ? Le désespoir reste, mais la gaîté sereine se retire. Peut être Sponville confond-il espoir et espérance. L’espoir est humain, l’espérance est en Dieu. Le proverbe “l’espoir fait vivre” n’est pas faux, en ce sens que l’espoir est une, énergie pour la plupart des hommes, mais la vérité est plus : “L’espérance fait vivre”. L’espoir passe, l’espérance demeure. C’est l’espérance qui permet d’agir, pas l’espoir, ni le “gai désespoir”.
Au moins, il y a un avantage attaché aux écrits d’André Comte Sponville, c’est qu’ils me confortent dans ma fidelité à la Foi.
Beethoven a dit,
8-09 à 12:06
De tout cet esposé je vois quelquechose qui me semble central :
- Peut on démontrer par la Raison pure que Dieu existe, soit en voulant aller plus loin , peut on par la Raison pure remplacer la Foi ?. ( ceci est une question rhétorique )
Si la réponse est oui , Monsieur Comte Sponville peut avoir raison dans le fond mais ne présente pas les bons arguments et bien sur , cela semble évident , si la réponse est négative alors tout ce raisonnement est tenu caduque et ne présente meme , aucun interet car il présenterait avec un exemplarité presque parfaite l’esprit en erreur.
Très Chere Voix dans le désert pourriez vous nous apporter une réponse .
Recevez ,les salutations sincères de Beethoven, le premier des romantiques.
lavoixdansledesert a dit,
8-09 à 4:15
Peut-on démontrer par la raison pure que Dieu existe ?
Avant toute chose, la raison pure n’existe pas. La raison peut réussir à arriver à la conclusion que Dieu existe. Dans ce cas, on ne peut pas dire que la raison remplace la Foi, mais qu’elle est un pillier sur lequel s’appuie la Foi. Mgr de Ségur use d’une comparaison facile à comprendre : “la Foi est à la Raison, ce que la longue vue est aux yeux”.
Dans “L’esprit de l’athéisme”, Sponville se déclare ignorant quant à l’existence de Dieu. Sa conclusion, est “je ne sais pas , mais je pense qu’il n’y a pas de Dieu, de toute façon peu importe, on a pas besoin de croire pour avoir une “spiritualité”, une morale”. On est loin des rationnalistes modèle Descartes, et plus proche de Kant. (on trouve d’ailleurs dans le livre un éloge des Lumières, un hymne à la Tolérance, etc… verbiage connu…)