Le pèlerin magazine, et les limbes…

1-09 at 4:27 (Apologétique, Crise de l'Eglise, France actuelle, Théologie)

Le très progressiste périodique “Le pèlerin”,que reçoivent chez elles les croyantes-tolérantes de plus de soixante ans, nous informait la semaine passée que les limbes étaient “une théorie dépassée”:

“Voici donc la fin des limbes. L’Eglise, par le biais d’un document de la commission théologique internationale, vient de remettre en cause leur existence. Ce lieu réservé aux enfants décédés sans baptême était tombé dans les oubliettes de la foi. Après des siècles d’angoisse en Occident, l’Eglise catholique fait place à plus d’espérance et de miséricorde.”

Décidément, on n’arrête pas le progrès ! Une fois de plus depuis 1962, l’Eglise déborde de miséricorde ! Les pages sombres de doctrine rigoureuse sont définitivement tournées, et gageons que le flot de solidarité qui se déverse des commissions pontificales, des documents pontificaux, des nouveaux cathéchisme, n’est pas près de se tarir !

L’auteur de l’article compense ses manques de connaissance en doctrine par des citations poétiques : Victor Hugo dans Dieu, tome II, le seuil du gouffre : “Masques crispés d’enfants sanglotant dans les limbes”. Je propose ici une refonte du journal. Au lieu de parler de religion, et de nous donner le programme télévision de la semaine, il nous proposerait des vers choisis pour égailler les soirées, quand les lecteurs du dit périodique n’ont plus la possibilité de regarder la Télévision.

Vous remarquerez que les adversaires de la doctrine, n’ont finalement pas d’autre issue, que de prendre les auditeurs/lecteurs par de la petite sentimentalité. L’article du pélerin donne le ton dès le début, et ne dément pas la règle au fil des lignes :

“Et aujourd’hui ? Y a t’il quelqu’un pour regretter les limbes à l’heure où la théologie semble, une bonne fois pour toutes, les mettre à l’écart. Certainement pas le père Alphonse Lesage, 78 ans, que la question renvoie a un douloureux souvenir. Lorsqu’il était séminariste, ce prêtre breton a assisté à l’enterrement d’un bébé décédé trois heures après sa naissance, sans avoir reçu le baptême : “il fut enterré comme un petit animal… Accablés de douleur, ses parents ont cessé toute pratique religieuse.”

Passons sur la référence au baptême de désir, qui suit. Le journaliste, s’appuyant sur des propos de Mgr Jean Claude Boulanger, évêque de Sées, dans l’Orme: “En se montrant à ce point strict dans l’application de la doctrine, ces prêtres ne tiennent pas compte de l’intention des parents qui, le plus souvent, envisageaient le baptême”, en arrive à cette conclusion : “cette porte de sortie, qui fait place à plus d’espérance, c’est ce que l’Eglise appelle le baptême de désir.”

A noter que le baptême de désir existe depuis longtemps dans la théologie catholique, et que sa définition n’a jamais contrarié en rien celle des limbes. Mais le Pèlerin, n’est pas à une confusion près…

Afin que chacun soit bien d’accord sur ce qu’il faut penser de cette nouveauté théologique, l’article s’appuie sur les commentaires de Marie-Thérèse de Rosalie et d’Ange, dames de plus de 70 ans, dont on ne sait rien de plus, d’ailleurs… Ange en arrive même à dire : “il est inconcevable que Dieu n’accorde pas sa grâce aux petits enfants non baptisés.” Ici pas de doute, l’ignorance religieuse est à son comble. Pour qu’une telle phrase puisse être proférée, il faut que la définition que se fait cette personne ne soit pas conforme à celle que fait l’Eglise. Qu’est-ce que la grâce? Qu’est-ce qu’un sacrement pour Ange ?

Ajoutons pour faire bon poids le rapprochement de la conception protestante du salut, l’oecuménisme latent derrière cette nouvelle décision anti-traditionnelle, et vous aurez une idée du ton de l’article qui ma foi est bien dans l’air du temps. Il y a cet orthodoxe aussi, qui intervient sans compétence, confondant limbes et damnation, et ce protestant qui oppose le salut par la grâce au salut par les oeuvres… On est très loin de Saint Thomas d’Aquin dans les colonnes des magazines catholiques, chrétiens, croyants.

La conclusion est imperturbable, du genre à faire dresser les cheveux sur la tête : “Le Vatican a ainsi décidé de reconnaître à la grâce la priorité sur le péché. Et c’est ainsi qu’ont disparu les limbes.”

Il n’est pas lieu ici de faire un cours de catéchisme à l’usage des catholiques délavés, mais il est bon de préciser que la Grâce n’agit qu’en respectant le libre arbitre, que seul le baptême seul efface le péché originel, et surtout que les limbes ne sont qu’un paradis terrestre, où les êtres humains ne sont pas malheureux, même s’ils ne jouissent pas de la contemplation directe de Dieu, essence du Paradis.

La Grâce n’agit pas en salut universel comme voudraient le croire ceux qui aujourd’hui s’attaquent aux limbes comme hier à l’enfer. N’en déplaise à Luther et à ses disciples de toutes confessions “chrétiennes”, la Grâce est condition des bonnes oeuvres qui nous méritent le ciel. Les enfants non baptisés ne se damnent pas, car ils n’ont pas péché, et ne se sauvent pas car ils n’ont pas mérité. C’est de Justice Divine qu’il s’agit, on retrouve ce syllogisme chez les pères de l’Eglise, chez St Thomas et chez Saint Augustin, et c’est une vérité de foi.

3 commentaires

  1. Beethoven a dit,

    3-09 à 7:19

    Nous assistons à une transformation de la liturgie :

    - Les sacrements ont changé

    - L’Inquisition est éteinte.

    - Le paradis est pour tous.

    - L’enfer n’existe pas.

    - Les limbes ne sont plus reconnues.

    La liste est bien sur plus longue . Chere Voix dans le dersert pourriez vous une fois de plus pousser votre onde jusqu’a nos oreilles .
    Salutations de Beethoven , le premier des romantiques.

  2. lavoixdansledesert a dit,

    4-09 à 1:37

    Si je complète votre liste, je risque de ne faire que répéter certaines autres voix dans le désert, qui d’ailleurs parlent mieux que moi.
    Toutefois, on peut mentionner la disparition du purgatoire, à rapprocher des limbes vaporisées et de l’enfer vide ou inexistant.
    Cela répond à une autre vision de l’homme que celle de l’Eglise de toujours. La théologie mderne est rousseauiste : pour elle l’homme est bon, il n’a pas le péché originel. Dans la bouche de nombreux prêtres modernes, le baptême nous fait enfant de Dieu, mais ils suppriment le fait que le baptême efface le péché originel. Jusqu’à l’idée même de péché est supprimée parfois.
    Tout le reste est cohérent. Pas de purgatoire car pas besoin de se purifier avant d’entrer au ciel, pas d’enfer, ou enfer vide, car personne ne le mérite, pas de limbe, car pas de différence entre un être purifié du péché originel par le baptême, et un être dans le cas contraire….

  3. Astor Piazzolla a dit,

    28-01 à 5:23

    CON UN RUEGO DE PUBLICACION

    Buenos Aires, 28 de enero de 2008 ES COPIA

    A Su Santidad el Papa Benedicto XVI
    Señor Secretario de Estado
    S.E.R.Cardenal Tarciso Bertone
    Palazzo Apostolico Vaticano
    00120 Ciudad del Vaticano

    Su Excelencia Reverendísima:

    En mi país –la Argentina- se ha instruído una acción judicial contra el sacerdote Von Wernich quien fue acusado de haber participado en siete homicidios y 41 casos de privaciones ilegales de la libertad y tortura física y psicológica. El Reverendo Padre von Wernich, fue capellán de la Policía Bonaerense y casi todos sabemos que quienes incriminaron al sacerdote, mienten descaradamente, tales son las condiciones morales y profesionales de estos sujetos que militaron en el terrorismo subversivo que asoló la República, en años desgraciados para los argentinos.
    Infinidad de despropósitos fueron y son cometidos hoy por la Policía y la Justicia de la Pcia. de Buenos Aires, rodeados de mentiras, engaños e impunidad total.
    Esto no es justicia, sino la mediocridad que avanza en el país a paso de invasión destruyéndolo todo ¿Con estos antecedentes de los juzgadores, que están a la vista de todos los que quieran ver ¿puede alguien creer “a pie juntillas”? las acusaciones a este servidor de la Iglesia, que es von Wernich?
    ¡Seguramente no!
    Por eso le escribo al Santo Padre, para que la Santa Sede se expida al respecto y trate de evitar esta ignominia.
    Dios guarde a usted,

    LUIS JOSÉ VINCENT de URQUIZA
    Miembro Titular Vitalicio de la
    Sociedad Argentina de Historiadores
    DOCUMENTO NACIONAL DE IDENTIDAD: 4.099.373
    Dirección:
    Castex 3472, piso 4º 1425 CDH Capital República Argentina
    Email :lurquiza@gmail.com

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