Louis Veuillot, poète catholique
Voici quatre quatrains issus de la “sublime épitaphe” de Louis Veuillot, ceci afin que le souvenir du brillant polémiste n’efface pas en nous celui de l’artiste, du poète.
” Placez à mes côtés ma plume
Sur mon front le Christ, mon orgueil ;
Sous mes pieds, mettez ce volume,
Et clouez en paix le cercueil.
Après la dernière prière,
Sur ma fosse plantez la croix ;
Et si l’on me donne une pierre
Gravez dessus : J’ai cru, je vois.
Ceux qui font de viles morsures
A mon nom sont ils attachés :
Laissez-les faire ; ces blessures
Peut-être couvrent mes péchés
J’espère en Jésus. Sur la Terre
Je n’ai pas rougi de sa loi ;
Au dernier jour, devant son père,
Il ne rougira pas de moi.”
Louis Veuillot, en grand chrétien, essayait de faire en sorte que ses amis meurent en état de grâce, dans de bons sentiments à l’égard de l’Eglise. On lui doit -j’en suis pour ma part persuadé- la bonne mort de Baudelaire (qui a reçu les derniers sacrements sur sa demande, avant de s’éteindre), poète qui a d’avantage survécu à l’épreuve du temps (et des idéologies, fruits de notre temps).